Le MAAT (Musée d'Art, d'Architecture et de Technologie) de Lisbonne fête en février 2026 ses dix ans d'existence. Pour marquer cet anniversaire symbolique, l'institution propose une programmation spéciale qui se déploiera tout au long de l'année 2026. Les célébrations ont débuté le 11 février avec l´inauguration de l'exposition Turn Around, première étape d'un cycle mettant notamment à l'honneur la collection de la Fondation EDP, pilier historique du projet artistique du musée.


Fondée en 2000, la collection de la Fondation EDP figure aujourd'hui parmi les ensembles institutionnels d'art contemporain les plus importants du Portugal. Riche d'environ 2 500 œuvres signées par plus de 340 artistes, la collection réunit aussi bien des figures majeures des années 1970 et 1980 que des créateurs issus des générations plus récentes, notamment ceux nés après la révolution de 1974. Présentée au MAAT Central, l'exposition se déploie en deux temps : une première phase inaugurée le 11 février, suivie d'une seconde ouverture le 29 avril qui sera visible jusqu'au début de l'année 2027. À l'occasion de cette décennie, l'un des commissaires du MAAT, João Pinharanda a accepté d'accorder une interview à Lepetitjournal.com/Lisbonne. Il revient sur le choix de présenter la collection pour célébrer les dix ans du musée, sur le format de l'exposition et sur les perspectives de l'institution.

Lepetitjournal : Pourquoi avoir choisi de présenter la collection de la Fondation EDP pour commémorer les 10 ans du MAAT ?
João Pinharanda : Cela me semblait une évidence. Nous avons une collection, nous avons un projet artistique, et la collection en fait pleinement partie, elle en est même l'un des axes centraux. Notre travail repose notamment sur les prix que nous attribuons : le Prémio Novos Artistas, destiné à de nouveaux artistes. Ensuite, il y a le Grande Prémio EDP, qui distingue des artistes plus établis ainsi que sur la constitution progressive de la collection. Les expositions temporaires sont essentielles, bien sûr, mais elles sont par nature passagères. Ce qui reste, c'est la collection. Et celle-ci n'avait pas été présentée depuis 2020. Il était donc important, à l'occasion des dix ans du MAAT, de souligner le rôle de la Fondation dans le cadre artistique et culturel et de rappeler que cette collection est au cœur de notre identité.
Pourquoi avoir choisi ce format d'exposition en deux temps ?
Ce n'était pas un choix initial, mais plutôt une adaptation aux circonstances. L'espace disponible est relativement restreint. Or, dès le départ, nous avons souhaité y présenter la collection, mais il a fallu penser le projet en fonction de ses dimensions. Diviser l'exposition en deux parties permettait à la fois une meilleure lisibilité et, du point de vue de la communication, de créer deux moments forts, invitant ainsi le public à revenir sur les lieux. Ce format permet également de montrer des œuvres acquises au début de la collection, dès 2000, et d'autres beaucoup plus récentes. Il met ainsi en évidence la continuité du projet, dans le temps comme dans l'espace.

Que représentent pour vous les dix ans du MAAT ?
Pour moi, ces dix ans ont une résonance particulière. D'une certaine manière, le MAAT n'a pas dix ans, mais 26 ans : je travaille à la Fondation EDP depuis 2000. À l'époque, le MAAT n'existait pas encore en tant que marque. On parlait du musée de l'Électricité ou simplement de la Fondation. Le bâtiment actuel a été inauguré en 2016, ce sont ces dix années que nous célébrons aujourd'hui mais le projet artistique, lui, remonte plus loin. Je suis parti en 2015 et revenu en 2021, lorsque l'on m'a proposé de devenir directeur. J'ai accueilli cette proposition comme une forme de reconnaissance et une responsabilité importante dans la continuité de ce travail.
Quel regard portez-vous sur l'avenir du MAAT ?
L'avenir du MAAT repose sur plusieurs axes : la poursuite et l'enrichissement de la collection, la continuité des prix artistiques et la présentation d'expositions ambitieuses, qu'elles soient historiques ou contemporaines. L'internationalisation constitue également un enjeu majeur. Nous souhaitons continuer à faire circuler nos projets à l'étranger et à accueillir des artistes et des collections de niveau international. Le dialogue entre la scène portugaise et la scène internationale restera essentiel dans les années à venir.































