LEGISLATIVES 2022–Maria Isabel de Sousa Teixeira : "Je défends des valeurs de gauche"

Par Lepetitjournal Lisbonne | Publié le 24/05/2022 à 23:17 | Mis à jour le 24/05/2022 à 23:46
Photo : ©Maria Isabel de Sousa Teixeira
Candidate au législatives 2022 Maria Isabel de Sousa Teixeira

Les élections législatives se tiendront pour le premier tour les 5 et 19 juin 2022 aux urnes et du 27 mai au 1er juin pour ce qui concerne  le vote internet. C´est dans ce contexte que Lepetitjournal présente les différents candidats à ces élections. Par soucis d´équité, les questions posées lors des différentes interviews sont les mêmes pour chacun des candidats. En ce qui concerne la 5ème circonscription qui regroupe l´Andorre, l´Espagne, Monaco et le Portugal, cette série d´interviews se poursuit avec Maria Isabel de Sousa Teixeira, candidate de la Fédération de la Gauche Républicaine.


Maria Isabel de Sousa Teixeira, mère de 4 enfants et ancienne professeure d´anglais est née à São João do Estoril dans la région de Lisbonne où elle a vécu pendant sa jeunesse. Actuellement, elle partage sa vie entre la France et le Portugal.
 
Lepetitjournal.com : Pourquoi avez-vous souhaité vous présenter aux prochaines élections législatives ?

Maria Isabel de Sousa Teixeira : J'ai choisi d'être candidate aux élections législatives pour défendre des thèmes qui sont aujourd'hui insuffisamment défendus dans le débat public : la priorité absolue au maintien du réseau de l'enseignement français à l'étranger, la défense des services publics et l'accès aux services consulaires, la lutte contre le réchauffement climatique, la défense de la laïcité.
Même si avec Les Radicaux de Gauche je salue la volonté de rassemblement de la gauche française, la gauche unie ne peut pas être l'unique gauche.

La diversité de la gauche est d'autant plus nécessaire pour nos concitoyens à l'étranger qui en raison de leur éloignement géographique de la Métropole ne doivent pas se sentir délaissés ou relégués.

Avec mon suppléant Philippe Blet, mon ambition est de proposer aux électeurs de renforcer le camp républicain, laïque, attaché aux services publics et à l'État, au réformisme de transformation sociale.


Quel est votre rapport avec cette circonscription ?

Je suis née dans cette circonscription et plus précisément à Estoril au Portugal et j'y entretiens des liens fraternels avec beaucoup d'amis installés dans tous les autres pays qui la composent.

J'ai un attachement très fort avec ces pays que je connais, leurs langues, leurs cultures et la relation qu'ils entretiennent avec la France.
Outre le français et le portugais, je sais m'exprimer en espagnol et j'ai des notions de catalan.


En quoi votre parcours est-il marqué par les préoccupations des Français de l'étranger ?

Mon parcours professionnel en tant que professeure d'anglais et mon engagement associatif et politique au sein de ma commune, m'ont permis de me renseigner et de me m'investir sur les besoins et attentes des Français en particulier et de ceux qui sont à l'étranger tout particulièrement.

Je suis moi-même concernée pour avoir été alternativement Portugaise en France et Française à l'étranger ; je sais donc quelles peuvent être les attentes des ressortissants à l'étranger vis-à-vis de leur pays.


Comment voyez-vous le mandat de député ?

Pour moi être députée des Français de la 5e circonscription, c'est avant tout être à leur écoute et en capacité de relayer leurs besoins et leurs attentes.

Je ne suis pas une candidate isolée, je défends des valeurs de gauche et avec les autres candidats de la Fédération de la Gauche Républicaine nous serons en mesure de constituer un groupe parlementaire qui permettra de donner de la force et du soutien aux Français établis à l'étranger.

Être à l'écoute, c'est être à leur côté sur le terrain et le rester.

Ma candidature est réfléchie. Je pense qu'elle apporte du sang neuf au débat politique, je suis candidate parce que je n'aspire à aucune autre fonction et que j'envisage d'assumer pleinement ma fonction de députée.


Quels sont selon vous les défis qui attendent les Français de votre circonscription ?

Exactement les mêmes qu'en France, car nous sommes des Européennes et des Européens très attachés à la construction européenne. Et même si le fonctionnement des institutions européennes peut être amélioré, l'Europe nous protège et garantit la paix.
Chaque pays de résidence a cependant ses spécificités et le premier défi est de rétablir les services que la dernière mandature a détruit. Je pense notamment aux centres culturels ou à la privatisation en marche des établissements scolaires Français.


Comment est organisée votre campagne et qui sont vos soutiens ?

Dans ma campagne, je m'efforce à faire la différence, à exposer mon programme.

Il est à noter que parmi les 12 candidats, seulement 3 sont des femmes et il n'y a au total que 2 candidats de gauche. Je suis la seule à incarner la gauche républicaine, laïque et sociale.

Avec La Fédération de la Gauche Républicaine, nous avons œuvré pour le rassemblement le plus large possible. Un rassemblement qui n'est pas un reniement et qui est cohérent. Nous ne défendons pas par exemple des positions diamétralement opposées sur le nucléaire ou d'autres sujets.

Sept partis de gauche ont fait le choix de présenter des candidats uniques dans nombre de circonscriptions. Je suis donc soutenue par la Gauche Républicaine et Socialiste, Les Radicaux de Gauche, le Mouvement Républicain et Citoyen, l'Engagement, la Nouvelle Gauche Socialiste, l'Écologie Populaire et le mouvement Les Socialistes et tous les citoyens qui se reconnaissent dans les valeurs de la gauche républicaine.


Quels sont les axes de travail qui vous semblent prioritaires de mener à bien sur les 4 pays de la circonscription, si vous êtes élue ?

La priorité absolue sera donnée à la culture et à l'Éducation : je m'opposerai à la fermeture des centres culturels qui contribuent au rayonnement de la France à l'étranger et à la privatisation du réseau des Lycées Français.

Je défendrai les Services publics et notamment la possibilité pour chaque citoyen qui en éprouve le besoin d'être reçu en présentiel.

L'écologie et la lutte contre le réchauffement climatique constituent un défi majeur pour tous les Français où qu'ils se trouvent. Il n'y a qu'une planète et l'impérieuse nécessité de la préserver et ne pas sur-exploiter ses ressources.

Ancrée dans le réel, je suis contre la professionnalisation de la fonction de député ; je serai à l'écoute des attentes et des besoins de chacune et chacun des Français des quatre États de la circonscription où je me porte candidate avec Philippe Blet.

Je parle de ce que je connais et je serai très attentive à ce que chaque problème puisse trouver une juste solution.

Je veux être une députée pour toutes les Françaises et tous les Français à l'étranger et m'engage à ne  soutenir aucun projet qui nuirait à leurs droits et leur accès aux services publics.


Comment jugez-vous le mandat du député sortant ?

M. Vojetta a cautionné tous les choix néfastes. Il n'a pas empêché la casse des services publics, la destruction des services consulaires, des centres culturels et des lycées français. Il a donné son plein appui à une politique qui a relégué les Français à l'étranger dans une seconde zone. Et il veut continuer !

Son action n'a jamais été guidée par l'intérêt des Français vivant à l'étranger.
Il n'est désormais même plus investi par le Président Macron qui lui a choisi un autre candidat.
Pour autant il continue de se réclamer du camp présidentiel et en porte donc le bilan. Il est désormais uni avec M. Valls dans l'entreprise de destruction des services aux Français à l'étranger.

Ce même M. Valls qui jugeait inutiles les députés des Français établis hors de France il y a quelques années.
Force est de constater qu'aucun ministre pour les Français à l'étranger n'existe dans le nouveau gouvernement ; cette politique ne peut pas continuer !

Je ne me reconnais pas dans cette façon de faire ou de voir ; si je suis candidate c'est pour représenter et servir.
Je saurai être digne du mandat que me confieront les Français en Espagne, en Andorre au Portugal et à Monaco, pour redonner de la force au pacte républicain

 

Propos recueillis par Maria Sobral.

 

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Maria Sobral

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