Mercredi 1 décembre 2021
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Webinaire - Fernando Pessoa et les mondes ésotériques (2)

Par André Laurins | Publié le 26/01/2021 à 23:21 | Mis à jour le 26/01/2021 à 23:30
Photo : ©Tableau, Casa Fernando Pessoa
Fernando Pessoa, Esotérisme


Fernando Pessoa (1888-1935) est un des plus grand écrivain portugais et même international, il fut au début du 20ème siècle un des trois grands poètes à l'origine du modernisme en poésie. Comme tous les grands artistes du post symbolisme, Fernando Pessoa eut de profondes relations et convictions ésotériques, Lepetitjournal propose à ses lecteurs de découvrir ou approfondir cette facette du poète lors d´un vidéo-conférence le samedi 30 janvier à 16h30.    

 

Approche de l´occultisme et du spiritisme

Pour ses études d’occultisme et de spiritisme, il est possible qu’elles aient commencé en 1920, à l’âge de 32 ans, quand Pessoa tombe amoureux d’Ofelia Queiros, se voyant incompris par elle, malgré les quelques 200 lettres échangées entre eux et, malheureusement, le seul grand amour de sa vie. C’est aussi le début de ses activités de médium. Peu confiant au départ des diverses théories hermétiques, il se lance par étapes vers les sciences dites «occultes», surtout l’alchimie, l’astrologie, la magie, la prophétie, la cabale, le mysticisme, la mythologie, la gnose et, de manière privilégiée, vers les rose-croix, «dans l’espoir de la Croix du destin et de la Rose parfumée du Christ». Antonio Quadros, un spécialiste de l’œuvre de Pessoa dira à ce propos: «Pour Pessoa la pensée Rose Croix surgit dans son itinéraire comme un port d’accueil, bien que l’on puisse admettre que, sans la mort prématurée du poète, il aurait été plus loin dans ce sens.» Dans son livre «Messagem», la spiritualité rose croix s’exprime clairement:

«Que símbolo fecundo / vem na aurora ansiosa / Na Cruz morta do Mundo / A Vida, que é a Rosa // Que símbolo divino / Traz o dia já visto? / Na Cruz, que é o Destino / A Rosa que é o Cristo // Que símbolo final / Mostra o sol já desperto? / Na Cruz morta e fatal / A Rosa do Encoberto”; le néophite Pessoa se révèle comme adepte de franche empathie avec la religiosité Rose Croix.

Ainsi, par une «initiation divine», l’Esprit le dominant, lui soufflera le «génie» et le conduira vers une vie de purification. Le novice qu’il deviendra le sera à travers un ordre déjà dissout et inexistant, qu’il identifiera comme celui de l’ordre du Temple, ordre de moines guerriers liés profondément à la fondation du Portugal. Néophyte d’un temple d’un «ordre intérieur», obsédé par une Vérité que Pessoa ne pourra atteindre que par le recours d’un «nationalisme mystique», à mi-chemin avec un christianisme intellectuel.

 

20 années de prose et de vers : une ambition nationaliste

Traducteur d’anglais, ayant vécu une bonne partie de sa jeunesse à Durban, en Afrique du Sud, Pessoa peut se permettre d’avoir un travail sans horaires fixes et qui le rend relativement indépendant économiquement et au niveau littéraire. Son ambition, devenir un «super-Camões» et un fervent défenseur de la «Renaissance portugaise». Il fréquente les cafés de la Baixa pombaline et en 1912, adhère à la revue «Águia» (l’Aigle), d’une grande nostalgie panthéiste et d’un créationnisme spirituel, qui le conduira vers sa créativité nationaliste et historique pendant vingt années de labeur intensif en prose et en vers; «l’âme de la Race portugaise est la «saudade», 1912».

En 1913, il connait Almada Negreiros et Mario de Sá-Carneiro qui le stimulent à écrire plus. Ils sont déjà deux modernistes notoires, dont le second se suicidera peu après, à l’âge de 26 ans, à Paris. Pessoa devient membre directeur de la revue «Orpheu», réunissant un groupe de poètes pionniers d’un modernisme esthétique-littéraire unique au Portugal, mais qui ne sortira que deux numéros, avec la mort de son éditorialiste José Pacheco. Le groupe continuera de se réunir, mais plutôt dans les cafés de la capitale, tels l’»Unidos de Lisboa» ou le «Martinho da Arcada», «s’affirmant comme la somme et la synthèse de tous les mouvements littéraires modernes» selon les dires de Fernando Pessoa, le poète-prêcheur, qui entre 1912 et 1935 publia 132 textes en prose et 299 en vers pour différentes revues et publications, souvent à travers la signature de ses hétéronymes.

 

En savoir plus : Samedi 30 janvier à 16h30 lors d´un vidéo-conférence proposé par André Laurins
Inscription : laurins.andre@gmail.com

 

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