Cinéma : Gagarine sort en salle au Portugal ce 27 janvier

Par Jonas Weil | Publié le 26/01/2022 à 22:37 | Mis à jour le 27/01/2022 à 14:42
Affiche du film Gagarine

 

Gagarine, le premier long-métrage de Fanny Liatard et Jérémy Trouilh, sort en salle au Portugal ce 27 janvier. Il a été présenté au Portugal lors de la Festa du cinéma français en octobre 2021. Inspiré de faits réels, la destruction de la cité Gagarine à Ivry-sur-Seine, le film nous plonge dans la vie de Youri, jeune de 16 ans, dont le but est de sauver cette barre géante d’immeuble, son vaisseau spatial à lui.


La cité Gagarine à Ivry

Au début des années 1960, la municipalité d’Ivry est communiste. La ville se donne pour ambition de loger de manière plus décente les ouvriers de la zone, dans des logements sociaux neufs. De nombreuses barres d’immeubles sont construites dans la zone (appelée banlieue rouge), dont la fameuse cité Gagarine. Cette cité devient connue notamment car en 1963, le premier homme à avoir volé dans l’espace, Youri Gagarine, est venu rendre visite aux habitants de la cité et celle-ci porte ainsi son nom.

Le film démarre avec ces images d’archives, scènes de liesse et de fierté dans la cité. Symbole de modernité et même d’espoir à l’époque, Gagarine et les cités du même genre sont aujourd’hui visées par les critiques des pouvoirs publics. C’est ainsi qu’en 2019, la cité commence à être détruite. Les réalisateurs nous plongent dans la vie des habitants de la cité, notamment dans celle du jeune Youri, incarné par Alseni Bathily, pour son premier rôle au cinéma. Orphelin de ses parents, débrouillard et surtout rêveur, Youri va se battre avec ses amis pour sauver la cité. Celle-ci devient son terrain de jeu et même d’expérimentation. Le film prend alors une dimension fictive forte, parfois magique, guidée par le rêve de Youri de devenir cosmonaute. Les images sont magnifiques, tout comme le jeu d’acteur du jeune Alseni Bathily.

 

Un message politique fort

Derrière la fiction, les réalisateurs dressent une image de la cité Gagarine, et par extension des autres cités, rarement véhiculée au cinéma ou dans les médias. En donnant des rôles de figurants aux (anciens) habitants de la cité et à des membres d’associations, le film permet de déconstruire certains clichés. On y voit des initiatives intéressantes, une solidarité importante, des jeunes mobilisés. Les réalisateurs dénoncent également, à travers leur histoire, l’abandon de ces endroits par les pouvoirs publics. Youri est résigné à entretenir le bâtiment pour éviter sa démolition, quitte à y vivre toute sa vie.

Un film à voir à la fois comme documentaire puisque les faits sont réels et les acteurs sont bien les habitants de la cité,  mais sans laisser de côté une certaine poésie et idéal qui rend ce film attachant.


 Bande annonce


 

 

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