

Daphna Poznanski-Benhamou est une ex-élue socialiste. Déçue par le quinquennat de François Hollande : elle se présente aujourd'hui sans étiquette. Très active dans les milieux sociaux et associatifs, elle fait partie des dix-sept candidats. Qui se soumettront au vote des Français de la 8ème circonscription, dont le premier tour aura lieu le 4 juin prochain.
Pouvez-vous nous résumer votre parcours, et nous préciser quelles ont été vos motivations pour entrer en politique ?
Je suis née à Oran, que j'ai quitté enfant en 1962 pour Marseille. Dès 12 ans, je me suis portée volontaire pour m'occuper de soutien scolaire auprès d'enfants en bas âge, dans un quartier en difficulté. C'était ma première découverte de la responsabilité dans un cadre collectif. J'ai obtenu une maîtrise en droit administratif et un diplôme de relations internationales à Nice, puis une maîtrise en littérature en Israël où je me suis installée en 1979. Consultante juridique, je suis mariée, j'ai trois enfants. En 1993, pour défendre les droits des Français d'Israël, j'ai créé une association, l'ADFI. Depuis 2000, j'ai été élue Conseillère au Conseil Supérieur des Français de l'étranger, puis à l'Assemblée des Français de l'étranger pour y défendre les droits de tous les Français résidant hors de France. De sensibilité sociale, j'ai été investie par le PS en 2012 dans notre circonscription. Élue, j'ai vu mon élection annulée en février 2013 sur des détails techniques à propos de règlements publiés en mars 2012 alors que la campagne électorale avait débuté en juin 2011. J'ai démissionné du Parti socialiste, déçue par l'action du gouvernement, et notamment, par la mauvaise prise en compte de la situation des retraités. En 2014, j'ai été réélue à l'Assemblée des Français de l'étranger comme candidate indépendante. Je me présente aux législatives sans étiquette, comme candidate du rassemblement pour mobiliser toutes les forces positives, quelle que soit leur sensibilité politique.
Etre députée de la 8ème circonscription, qu'est-ce que cela représente pour vous? Quels sont vos liens avec cette circonscription ?
Un député fait la loi, contrôle l'action du gouvernement et porte et défend les revendications de ses électeurs au sein de l'Assemblée nationale. Mes principales motivations pour me présenter à cette élection, c'est agir de manière créative pour étendre les droits des Français de la circonscription et améliorer leur vie quotidienne. C'est aussi vouloir travailler avec les autres députés des Français de l'étranger dans un esprit de rassemblement pour faire aboutir nos initiatives.
Fille de la Méditerranée, ayant baigné dans les études de grec jusqu'au bac, je suis très attachée à la Grèce et en particulier, aux Français de Grèce. Députée, j'ai aidé sur ma réserve parlementaire l'association "L'Entraide", qui a ainsi pu créer une épicerie sociale. De même, j'avais attribué des fonds à l'un des fleurons de l'enseignement français à l'étranger, le lycée franco-hellénique Eugène Delacroix. Le 31 janvier 2013, j'ai inauguré avec la ministre déléguée aux Français de l'étranger, Hélène Conway-Mouret, les nouveaux locaux du Consulat de France à Athènes. J'ai également assuré des permanences à Athènes et à Thessalonique, où j'ai créé le laboratoire de sciences à l'Ecole Française. J'ai transmis cet amour de la Grèce à mon fils aîné qui, passionné de sport extrême, intervient régulièrement en Grèce dans le cadre de sa société. Je reviens d'ailleurs d'Athènes et de Thessalonique où j'ai rencontré nos compatriotes, les autorités françaises et salué les équipes en charge de la communauté française, enseignants, parents d'élèves, culturels, entrepreneurs et associatifs. Des personnalités importantes m'ont apportée leur précieux soutien, telles Françoise Avgeri, Jean-Jacques Lasvaladas, Hervé Le Boucher, Michèle Léonidopoulos et Chantal Picharles.
« La principale critique que l'on pourrait adresser au député sortant, c'est l'approche strictement communautariste »
Quelles sont vos 3 priorités, parmi les problématiques concernant les Français vivant à l'étranger ? Rétablir l'aide à l'emploi des Français résidant hors de France supprimée, par le gouvernement sortant. Veiller à l'enseignement français à l'étranger en augmentant le budget des bourses scolaires et en revisitant les critères du barème, afin d'éviter toute déscolarisation des élèves français, en réaffirmant le principe du renouvellement des détachements d'enseignants, en obtenant les primo-détachements pour les ex-recrutés locaux après leur stage en France, en refusant la mobilité forcée des enseignants résidents, en faisant appliquer une meilleure prise en charge des enfants handicapés dans les établissements français à l'étranger. Enfin, une autre de mes priorités sera de faire revoir les conventions bilatérales de non double imposition sur la circonscription, et notamment, en Grèce.
Quel bilan portez-vous sur l'action du député sortant Meyer Habib ? Sur quels plans auriez-vous agi différemment ?
La principale critique que l'on pourrait adresser au député sortant, c'est l'approche strictement communautariste de son rôle de député, ce qui l'a amené à négliger totalement de traiter les dossiers essentiels concernant les droits des Français de notre circonscription.
Quelle est votre réaction à l'élection d'Emmanuel Macron ? Si vous êtes élue, allez-vous soutenir son travail ou vous placer dans l'opposition ?
Une réaction positive dans la mesure où son élection a fait barrage à l'extrême-droite. J'ai choisi d'être une candidate indépendante, de rassemblement, pour défendre au mieux nos droits. Je soutiendrai tous les projets susceptibles de redresser la France. En cohérence avec mes convictions, je resterai vigilante et je défendrai une Europe plus juste, plus sociale, plus solidaire et plus proche des besoins réels de ses citoyens.
C.B.
(www.lepetitjournal.com/Athenes) jeudi 25 mai 2017




































