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EXPAT – Vivre en France ? Plus jamais !

Par Lepetitjournal.com International | Publié le 11/01/2011 à 00:00 | Mis à jour le 29/04/2019 à 16:44
tchao la france

Pour quelle raison quitte-t-on son pays ? Chaque personne a son histoire. Une opportunité professionnelle, une envie d'ailleurs, une histoire d'amour? Sont-ils nostalgiques du "cher pays de leur enfance", ces Français de l'étranger ? Pas tous. Certains n'envisagent même plus de rentrer. Ils témoignent.

Lire aussi : Tchao la France, de Corinne Maier, ou 40 raisons de quitter votre pays

Les Français sont de plus en plus nombreux à partir. Plus de 2,5 millions ont fait leurs valises, un phénomène migratoire en constante progression depuis le début du 3e millénaire. Si, pour beaucoup d'expatriés français, la vie à l'étranger n'est que temporaire, pour d'autres, un retour dans l'Hexagone est inenvisageable. Bien loin des clichés, ces expatriés ne partent pas pour raisons fiscales, mais bien parce qu'ils ont trouvé dans leur pays d'accueil une meilleure qualité de vie. D'autres encore ne se reconnaissent plus dans la société française actuelle. 

No future
Diplômés ou non, les jeunes partent en nombre travailler à l'étranger, loin d'un pays qu'ils jugent vieillissant et sclérosé. D'après Olivier Rimmel, contributeur dans Agoravox, "ceux qui partent sont généralement des forces vives, des individus potentiellement proactifs, des investisseurs, des entrepreneurs, des ingénieurs, (?). La nouveauté, c'est que des gens dynamiques et actifs, qui n'ont pas forcément fait de longues études, trouvent des opportunités ailleurs. Tous ces gens sont simplement déçus par la ?décroissance? de la France, et décident de partir chercher ailleurs ce qu'ils ne trouvent pas dans leur pays".
Les jeunes ne sont pas les seuls à tenter leur chance à l'étranger. Raymond voulait s'expatrier : "J'ai répondu à des annonces et passé des entretiens. On m'a dit que j'étais trop vieux. C'est quoi ce pays de fous ?! TROP VIEUX A 40 ANS ! Je suis parti quand même, bien m'en a pris. Je suis tombé amoureux de l'Asie où les gens me considèrent comme un être humain à potentiel normal en dépit de mes cheveux blancs (ce n'est pas le cas en France). J'ai maintenant 57 ans. J'ai trouvé ma place: on m'a offert un poste correspondant à mes compétences, malgré mon statut franchouillard de sénior-dinosaure. Depuis 13 ans, je vis dans un pays merveilleux où les autochtones sont adorables et j'ai une bonne situation". Même son de cloche pour JiPé, à Shanghai depuis 10 ans : "En France, vers les 50 ans on ne trouve plus de travail".
Jean-Pierre, à 52 ans, a été frappé par le redressement judiciaire de la PME française dans laquelle il  travaillait depuis plus de 13 années : "J'ai réellement galéré pendant 3 années de chômage et 6 mois de RMI en étant constamment confronté à la même réflexion : trop vieux, trop cher. J'assiste à présent mon épouse locale dans son activité hôtelière et de tour-operator en Thaïlande. Aucun retour en arrière possible en France car je m'éclate littéralement à présent sur le plan professionnel dans le pays où je suis à présent établi à vie, mais également par le simple fait que nous contribuons, avec mon épouse, à donner du travail aux gens locaux autour de nous, moi l'ex chômeur, demandeur d'emploi au pays des Gaulois où les portes sont fermées aux "has been" de ma génération !"

Grosse déprime !
La France est le pays le plus pessimiste du monde. Une ambiance parfois un peu lourde que les expatriés fuient, pour une meilleure qualité de vie. "La France, c'est fini pour moi, explique Raymond. J'ai pris le métro pendant 10 ans à Paris: soupe à la grimace tous les matins. Ici, que du bonheur: les gens sourient, gratuitement, spontanément, c'est dans leurs gênes. Maintenant, mon pays, c'est la langue française, et j'y suis très bien. Je veux mourir en Asie. Rien qu'à cette idée, je me sens déjà mieux... Ouf!".
Pour JM, "la France d'aujourd'hui se sent malade, déprimée et a peur de l'avenir. Et c'est encore ses vieux démons qui resurgissent (intolérance et radicalisation, politique sécuritaire et conservatismes). En ce qui me concerne, je ne dis pas "la France plus jamais" comme un amoureux éconduit et aigri qui ne trouve que des défauts à celle qu'il adorait hier. Mais j'avoue que c'est un peu son ambiance déprimante que j'ai voulu quitter en m'installant à l'étranger".

Pour Moi, installé au Brésil, "malgré les gros inconvénients, dont l'absence de protection de santé et le fait que tout devient très cher, que le racisme en campagne est courant, je reste au Brésil car il n'y a rien de pire que l'inertie terne et triste dans les yeux de mes compatriotes, l'absence d'étincelle d'espérance".  Pour Taranos, "c'est vrai qu'il y a un malaise profond en France, les gens sont amers et déboussolés. Après plus de 30 ans à l'étranger, pourquoi retournerais-je  vivre dans un pays, où je n'ai plus de famille et presque plus d'amis ? "Là où on a son nid, on a son c?ur": ici j'ai ma belle famille, mes enfants, mes amis et ma maison et je suis bien".
Julie, de Rio, aime la vie à l'étranger "parce que j'ai le sentiment d'y vivre plus à fond qu'en France. Je suis attentive à chaque détail, je m'émerveille de tout ! Un trajet en bus, un jus de fruit en terrasse, un échange avec le concierge, une balade... Chaque instant de vie à l'étranger paraît normal aux locaux, mais est une découverte en soi pour qui est originaire d'ailleurs. La vie serait très confortable en France. Mais je crois que je serai plus heureuse en sortant de ce confort et en cherchant les défis ! Au moins pendant les années à venir !"

Quel pays !
Sous d'autres cieux, on a tendance à juger sévèrement les travers de nos compatriotes.  Nrudd, habitant la Grande-Bretagne, a quitté la France il y a 12 ans : "J'ai fait ma vie ici, ce n'est pas rose tous les jours, et tout doucement, sans que la coupure soit marquée, je me suis aperçue que je ne voudrais plus vivre en France. Autant j'adore les vacances en France, la géographie de la France, son héritage historique, culturel et gastronomique pour ne citer qu'eux, autant j'ai maintenant honte de l'attitude des Français. (?) J'ai honte du mauvais service client que je reçois quand je vais en France faire les courses, en comparaison par exemple avec le service américain impeccable. J'ai honte des histoires d'arnaques faciles aux touristes anglais, que mes amis anglais me content? Les Français semblent ne plus respecter beaucoup de choses? quel dommage ! (?)Mais vivre dans le chaos constant des grèves qui paralysent et des plaintes des Français faignants et assistés qui feraient mieux d'ouvrir les yeux et de voir qu'il n'y a que par le travail qu'on peut voir le bout du tunnel sans attendre que tout tombe miraculeusement, vivre au milieu de ça, NON !"

"Marre de vivre dans un pays d'assistanat à outrance, renchérit Didier. Dès qu'il fait chaud, ils se plaignent du gouvernement, pour la pluie, la neige, le vent c'est pareil, ils ne sont même plus capables de s'en rendre compte ou de marcher seul la tête haute. Des moutons. Bref, ras le bol. Ça fait 10 ans que je suis parti avec mon quitus fiscal, loin, sans sécu ni chômage, rien, heureux et je ne demande que de changer de nationalité, car OUI je suis même candidat au changement de nationalité".
Olivier Rimmel estime lui que "les nouvelles générations de Français sont des individus formatés pour être systématiquement et lourdement assistés, qui n'ont aucun goût pour le travail ou l'action proactive. Des idées simples, telles que ?l'effort amène la récompense?, ?le travail est un mal nécessaire? ou ?la réjouissance passe par le travail? ont disparu de leur système de pensée".

La grande peur de l'islamisation
D'après un récent sondage, l'islam constitue "plutôt une menace" pour au moins 40% des Français et des Allemands. Une inquiétude qui, pour certains, justifie le fait de ne pas rentrer en France.
Ainsi, la France n'attire plus Pierre-Loup, "et la grande raison est l'islamisation rampante et galopante de ce pays". Pour Eglantine, la France est un pays qui est en train de perdre sa laïcité : "C'est un pays où l'on donne plus de droits et d'avantages aux immigrés qu'aux Français de souche. C'est un pays ou l'on m'impose de manger hallal quand je ne le désire pas. C'est un pays qui veut m'imposer un multiculturalisme sans être certain d'imposer en priorité ma culture. C'est un pays qui n'arrive pas à assurer la sécurité des Français partout sur son territoire. C'est un pays ou l'on donne plus de droits et d'avantages aux immigrés qu'aux Français de souche. C'est un pays qui ne contrôle pas son immigration. C'est un pays où l'on ne peut plus s'exprimer librement sans être traité de "raciste" ou sans que l'on vous menace "d'incitation a la haine raciale". Donc on ne peut plus rien dire. On vous bâillonne. (?) C'est un pays irresponsable dont la tolérance excessive et la faiblesse inouïe ont été si grandes qu'elles ont fait de moi une nationaliste alors que je ne l'étais pas".

Pour Cecilia, "il y a actuellement un seul pays au monde où l'on refuse a ses habitants de définir leur identité nationale, c'est la France. Il y a quelque chose de bancal. Comment puis-je vivre dans mon pays en m'y sentant à l'aise s'il refuse que je définisse mes racines ? Est-ce encore mon pays ? Pourquoi devrais-je m'y sentir bien ? La classe politique ment et occulte ce que signifie l'identité française. (?)Celui qui veut devenir français doit adopter l'héritage français, les valeurs, les principes et la mentalité française. Il faut le vouloir d'abord. Une nationalité, ca se mérite".
Betty Anne également ne veut plus vivre en France "parce la communauté musulmane que nous avons accueillie ne respecte pas les règles du respect des autres. Elle ne montre pas beaucoup de zèle à s'intégrer et veut pratiquer sa propre loi, sous la menace de la violence dans certains territoires (banlieues, quartiers, ville). Elle veut imposer sa culture, ses traditions, pratique le prosélytisme religieux (?)."

La France de l'extérieur est aussi variée que celle de l'intérieur. Si certains font une croix sur un éventuel retour au bercail, d'autres en gardent la nostalgie. "Ça fait du bien de voir la France de loin, explique Claire. Vus de Nouvelle-Zélande, les paramètres changent. En France, il y a des choses fabuleuses, comme la Sécu. Et la culture européenne est extraordinaire. A 19.000 kilomètres de distance, c'est beaucoup plus frappant."
MPP (www.lepetitjournal.com) mardi 11 janvier 2011



LIVRE - Tchao la France, de Corine Maier, ou 40 raisons de quitter votre pays.
Corinne Maier, l'auteur de Bonjour Paresse, s'est exilée? à Bruxelles. A la lire, ce pas de géant était nécessaire, voire vital. "Vivre en France est une épreuve quotidienne". "La France est le pays de la peur", "c'est un pays répressif", "un pays de cumulards ", "aux mains des vieux". Y "bosser tue", "l'ambiance est moisie". Car en France, "cette République bananière", rien ne trouve grâce à son regard aiguisé. La bonne bouffe ? "une tyrannie". Les intellos ?"mous du bulbe". Les bons chiffres de la natalité ? Il y a trop d'enfants, et les élever coûte cher. L'école ? On y apprend "à se taire, à arriver à l'heure, à débiter le catéchisme collectif, et à passer beaucoup de temps assis". Sarkozy ? "un président tout petit" qui justifie à lui seul un exil. 
La critique systématique, et sans nuance, rend ce pamphlet indigeste. En alignant tous les clichés qu'elle dénonce pourtant, Corinne Maier ressemble fort à ces Français qu'elle exècre : arrogante et ronchon.

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