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LA PRINCESSE ET LA GRENOUILLE - Disney renoue avec la 2D

Les fans des Disney de la première heure attendaient ça depuis longtemps... Les studios de la célèbre souris tentent enfin un retour aux sources, sous la houlette de John Musker, Ron Clements et John Lasseter

Cela faisait environ cinq ans que l'on attendait ça, le retour de Disney à la 2D et la voilà dans le dernier dessin animé des studios de Mickey : La princesse et la grenouille. Ce dernier né de la famille Disney semble bien vouloir renouer avec la splendeur d'antan, telle qu'on pouvait l'apprécier dans Les Aristochats ou le Livre de la jungle pour ne citer qu'eux.

L'histoire
On embarque donc pour la Nouvelle-Orléans à la rencontre de Tiana, une petite fille noire des quartiers pauvres, qui rêve, comme son père d'ouvrir son restaurant. Elle est amie avec Charlotte, une jeune fille blanche pourrie-gâtée vivant dans les beaux-quartiers, et ne rêvant que de trouver son prince charmant façon conte de fée. Quelques années plus tard, les filles ont grandi, mais leurs rêves et leurs situations n'ont pas changé. Jusqu'au jour où le prince Narveen, débarque en ville. Ce prince fou de jazz et de fêtes, fait des émules auprès des femmes, mais attire la jalousie, notamment du sorcier vaudou, le Dr Facilier, qui va lui jeter un sort et le transformer en grenouille. Comme dans les contes de fée, le prince demande à une belle jeune fille de lui donner un baiser pour qu'il retrouve sa forme humaine. Mais, lorsque Tiana l'embrasse, rien ne se passe... enfin presque. Puisque elle aussi se retrouve transformée en grenouille. Tous deux partent dans le bayou, sur le Mississipi, à la recherche de Mama Odie, seule sorcière à pouvoir inverser le sort. Une aventure qui va vite se transformer en un parcours épique accompagné de personnages aussi drôles que farfelus, tels que Ray, la luciole, ou Louis le crocodile trompettiste, le tout au son du jazz façon Nouvelle-Orléans, et relevé par la cuisine épicée et haute en couleur de Tiana. 

Une parodie selon Disney
Les studios Disney semblent vouloir jouer sur plusieurs tableaux avec la Princesse et la Grenouille. L'humour tout d'abord, en parodiant le conte des frères Grimm Le roi Grenouille, et avec l'intervention remarquée, comme souvent, de personnages secondaires, à la drôlerie piquante. La musique ensuite, en amorçant un léger virage par rapport aux balades sirupeuses, voire dégoulinantes auxquelles nous avait habitués la Souris, grâce à d'entrainantes touches jazzy. Côté technique, les palettes graphiques ont été remisées et les crayons et flip books ressortis pour notre plus grand plaisir, donnant un parfum plus traditionnel et chaleureux. Enfin, le scénario de cette parodie du conte des frères Grimm saupoudrée de clins d'?il et autres allusions aux Disneys les plus célèbres, tels que Bernard et Bianca, ou les Aristochats, fait preuve d'originalité en s'éloignant quelque peu des sempiternelles histoires de princesses froufrouteuses à l'eau de rose. En présentant pour la première fois une "princesse"noire, Disney surfe sur l'actualité et fait couler de l'encre.

Pour autant, on garde une impression en demie-teinte. L'animation laisse souvent à désirer et on a parfois une impression de déjà-vu dans les traits de certains personnages. De plus, malgré les efforts pour allier tradition et modernité, on ne retrouve pas l'âme et la chaleur des bons vieux Disney d'antan.

Mais, l'humour, le jazz, le dynamisme, la loufoquerie, la 2D, le vaudou, et... la cuisine du bayou font un cocktail détonnant à ne pas rater, et à siroter en famille.
Perrine ROUX (www.lepetitjournal.com) lundi 1er février 2010

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