

Le président kosovar Ibrahim Rugova est mort samedi d'un cancer du poumon. La disparition de cette icône de l'indépendance laisse un grand vide qu'il faudra combler pour mener àbien les négociations avec la Serbie, prévues cette année
Rugova, fin décembre 2005, pour ce qui aura étésa dernière apparition publique. (Photo : AFP)
Les drapeaux sont en berne, les bougies s'allument, la population entre aujourd'hui dans deux semaines de deuil officiel. Les Kosovars disent adieu àleur président, Ibrahim Rugova. Cet homme chéri par sa nation meurtrie, est décédéd'un cancer du poumon, samedi àPristina, la capitale. Ibrahim Rugova avait 61 ans. Il sera enterréjeudi.
Le président du Parlement provincial, oùune minute de silence a étéobservée hier, a déclaré: "Le Kosovo est fier d'avoir eu Ibrahim Rugosa". Il y a une quinzaine d'années, Ibrahim Rugova avait initiéle mouvement d'autonomie de cette province de la Serbie, oùla majoritéde la population est albanophone et musulmane. Mais en plus d'avoir mis le Kosovo sur les rails de l'indépendance, Rugova s'était aussi fait le chantre de la non-violence dans cette zone, autrefois véritable poudrière, oùle potentiel d'instabilitéest toujours important aujourd'hui.
Le Gandhi des Balkans
Sa disparition intervient àun moment crucial du chemin vers l'indépendance du Kosovo. Alors que la province est aujourd'hui, de facto, sous tutelle onusienne depuis 1999, les discussions avec la Serbie sur son futur statut devaient être entamée cette semaine, àVienne. Elles seront reportées au mois prochain. A la cléde ces négociations, le Kosovo obtiendra son indépendance ou restera dans le giron serbe.
A l'exception de la minoritéserbe, concentrée dans le nord de la région, les Kosovars souhaitent tous l'indépendance. Mais dans la dernière ligne droite, celui qu'on surnommait "le Gandhi des Balkans"fera assurément défaut. En effet, sur la succession de Rugova, c'est le doute qui plane. Alors que le gouvernement en place se prévaut de son héritage, les indépendantistes plus radicaux seraient bien partis pour enlever la présidence lors de prochaines élections. Les anciens leaders de l'armée de libération du Kosovo, qui avaient conduit la rébellion contre la Serbie, se retrouveraient alors au premier plan pour mener les négociations avec Belgrade.
Camille VAYSSETTES. (LPJ) 23 janvier 2006
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Libération, Mort du président kosovar Ibrahim Rugova, homme d'Etat sans Etat
Le Nouvel Observateur, Les dirigeants serbes du Kosovo sont partagés
Le Monde, La longue marche de Rugova


































