

Santos Mirasierra lors de son procès à Madrid (photo AFP)
?Je suis Ultra, pas criminel. Trois ans et demi d'injustice.? Les banderoles déployées tout le long du match OM-Nice samedi soir au Vélodrome témoignent du sentiment d'incompréhension qui règne actuellement chez les supporters marseillais. La veille, Santos Mirasierra, membre actif du groupe de fans olympiens Commando Ultras 84 (CU 84), avait été condamné à une peine de 3 ans et demi de prison pour des violences sur les forces de l'ordre espagnoles.
Affrontements lors d'Atlético-OM
Le 1er octobre, lors du match de Ligue des Champions Atlético Madrid-OM, la Guardia Civil espagnole avait tenté de retirer de la tribune la bâche du CU 84 qui affiche une tête de mort comme symbole. Une bataille rangée avait alors éclaté entre la police espagnole et les supporters marseillais. A la fin de la rencontre, Santos Mirasierra avait été arrêté, un policier identifiant formellement le fan comme celui qui l'avait agressé à l'aide d'un siège. Lors du procès à Madrid, des représentants de supporters marseillais ont apporté une vidéo des incidents tournés par Canal + Espagne innocentant Santos, mais le tribunal ibérique ne l'a pas retenue, prétextant que les images étaient sans doute ?truquées?. La défense devrait faire appel aujourd'hui malgré le risque d'entendre prononcer une peine plus lourde. Huit ans d'emprisonnement avaient été requis au préalable par le ministère public espagnol. Un processus d'extradition pourrait également être enclenché mais pas forcément accepté par la justice madrilène, Santos ayant la double nationalité franco-espagnole.
Médiatisation inefficace
Pour créer l'émoi en France, Santos Mirasierra a choisi d'être défendu par l'avocat très médiatique Gilbert Collard qui s'était déjà occupé de Richard Virenque dans le procès Festina, et de Jean-Pierre Bernès dans l'affaire OM-VA. Si les médias ont bien couvert l'évènement, Santos n'a pas reçu le soutien de la classe politique française. Les appels au soutien de l'Elysée de la part du maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, et du président de région, Michel Vauzelle, sont restés pour l'instant lettre morte. Seul Bernard Laporte, secrétaire d'Etat aux Sports, a rencontré son homologue espagnol souhaitant une ?issue proportionnée? à l'affaire Santos. Ce soir, l'Olympique de Marseille reçoit l'Atlético Madrid pour un match retour déclaré à haut risque par la préfecture. Le Commando Ultras Marseille a appelé tous les Marseillais à bloquer l'accès au stade pour que la rencontre ne se dispute pas.
Yann Fernandez (www.lepetitjournal.com) mardi 9 décembre 2008
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_ l'article de Libération - Laporte : "Une affaire sensible"
_ l'article du Monde - Marseille affiche son soutien à Santos Mirasierra avant le match contre Madrid




































