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JUSTICE - Le grand déballage sordide sur la vie privée d’Emile Louis

Le procès en appel d'Emile Louis s'est ouvert hier àla cour d'assises d'Aix-en-Provence. Le meurtrier des "disparues de l'Yonne"se retrouve encore une fois face-à-face avec sa seconde épouse et sa belle-fille

Au premier jour de ce procès en appel, Emile Louis a essayéde passer pour un vieil homme débonnaire (Photo : AFP)

Le procès en appel d'Emile Louis, 71 ans, s'est ouvert hier matin devant la cour d'assises d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône). En première instance, en mars 2004, Emile Louis avait étécondamnéà20 ans de réclusion (assortis d'une période de sûretédes deux tiers) par la cour d'assises du Var, pour les viols de sa seconde épouse Chantal Paradis, avec tortures et actes de barbarie, et pour les viols et agressions sexuelles de sa belle-fille. La jeune fille, prénommée Karine, était alors âgée de 14 ans. Les sévices auraient étécommis àDraguignan (Var) entre 1992 et 1995.
Ancien chauffeur de car, Emile Louis a déjàétécondamnéàla réclusion àperpétuitéen novembre 2004 dans l'affaire des "disparues de l'Yonne"(assassinat de jeunes handicapées). Pour l'affaire en cours, il nie tout en bloc. Emile Louis est apparu débonnaire lors du premier jour de procès et réfute l'ensemble des accusations. Il a déclaréàpropos de Mme Paradis : "J'aime cette femme"et "On m'a cassémon ménage", avant de poursuivre "en ce qui concerne mon épouse, je lui ai sauvéla vie une quinzaine de fois. Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'elle faisait des tentatives de suicide". Il refuse ainsi l'idée de lui avoir jamais voulu du mal.
Concernant Karine, la fille de Chantal, même topo : "Elle sortait nue de la douche. Elle me disait : 'Mon petit papa que j'adore !' J'y fichais une petite tape sur les fesses, mais ça n'allait pas plus loin". Attachée, bâillonnée ou droguée sur la table en formica
Autre élément contextuel de la vie conjugale d'Emile Louis : son penchant particulier pour les relations sexuelles sur la table en formica rouge de la cuisine, qu'il évoque d'un ton badin. Il a indiquéque pendant ces ébats, Chantal le "suppliait de la tuer, je faisais semblant". "Il n'y a jamais eu de sévices", assure-t-il. Pendant qu'Emile Louis cherche àconvaincre de la normalitéde leur relation, sa seconde épouse, de 17 ans sa cadette, attaque ses pratiques sexuelles oùelle affirme s'être souvent retrouvée attachée, bâillonnée ou droguée.
Une constante oppression
Mme Paradis accuse également son ex-mari du viol de sa fille. Le cocktail de médicaments au sirop était, selon elle, devenu la spécialitéd'Emile Louis;une véritable arme contre la jeune fille, pour la soumettre àdes viols et pratiques sadiques.
Chantal Paradis décrit enfin le foyer conjugal comme soumis àune constante oppression de la part d'Emile Louis. Ce dernier n'aurait eu de cesse de surveiller ses coups de téléphone et ne la laissait jamais sortir seule. Cynique, celui-ci répond qu'elle n'a pas le sens de l'orientation.
Les débats doivent se poursuivre aujourd'hui avec les auditions des parties civiles, àhuis clos, ainsi que de Maryline, la fille d'Emile Louis, qui se présentera comme témoin àcharge. Le procès devrait durer jusqu'àla fin de la semaine.
Nebojsa KOVACEVIC. (LPJ) 11 octobre 2005

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