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2018 - 30ème journée mondiale du SIDA

Par Dr.Elisabeth Blanchi | Publié le 12/12/2018 à 23:30 | Mis à jour le 12/12/2018 à 23:30
Photo : @LindaRehlin
Sida prevention VIH HIV Aids information 1er decembre

Pourquoi une journée mondiale chaque 1erdécembre ? Pour commémorer le décès de millions de personnes à cause des maladies liées au SIDA. D’énormes progrès dans les techniques de dépistage et dans l’allègement des traitements ont été réalisés, mais le nombre de nouveaux cas reste encore beaucoup trop élevé !

 

Pourquoi ? Parce que les malades ne peuvent pas accéder aux centres de soins dans les pays en développement, ou parce que les malades ne veulent pas y accéder par peur d’être vus lors de l’utilisation des centres de dépistage et surtout, s’ils sont porteurs de la maladie, par peur que la famille, les amis, le/ la partenaire, le lieu de travail ne l’apprennent.

Les efforts actuels portent donc sur la multiplication des laboratoires et des centres de soins dans les pays en développement et sur la lutte contre la discrimination en pays industrialisés. Le but fixé par Michel Sidibé, directeur de l’ONUSIDA (UNAIDS) est d’obtenir la fin de l’épidemie en 2030, soit 0 nouvelle infection, 0 discrimination, 0 décès lié au SIDA.

Pour mémoire, les statistiques de 2017 :

- 36,9 millions qui vivent avec le VIH dont seulement 21,7 millions ont accès au traitement.

- 1,8 millions de personnes qui ont contracté le VIH, soit 5000 nouveaux cas par jour.

- 940.000 personnes sont mortes de maladies liées au VIH, en majorité des enfants.

 

Qui est l’agent causal du SIDA ?

 

C’est un rétrovirus nommé VIH parce qu’il est responsable de l’immunodéficience humaine. Sa première apparition chez l’homme se situe en 1920 en Afrique, par mutation du virus SIV qui, auparavant, ne sévissait que chez les singes. Dans les zones forestières où la consommation de gibier est courante, le virus est très probablement passé à l’homme par des blessures lors de la préparation de la viande. Des petits villages, l’épidémie s’est ensuite propagée aux grandes villes africaines. Au moment de la décolonisation, dans les années 1960, la République du Congo a fait appel à de nombreux travailleurs haïtiens qui ont été contaminés par le VIH et l’ont ensuite propagé en Amérique du Nord. En 1968, période de grande liberté sexuelle : le virus passe en Europe. 1980 deuxième vague de propagation en Asie à cause du tourisme sexuel et de la toxicomanie. Enfin, dans les années 1990, la dernière vague touche la Russie et la Chine.

En pénétrant dans l’organisme, le VIH détruit progressivement certains globules blancs, les lymphocytes T4, responsables de l’immunité. En l’absence de traitement, cette destruction aboutit en quelques années à un nombre très réduit de T4 qui ne permet plus au corps de se défendre contre les infections en cas de contagion, ni de bloquer le développement de tumeurs. C’est le SIDA, syndrome d’immunodéficience acquise, qui est l’étape la plus avancée de l’infection par le VIH. 

Il faut donc distinguer les « séropositifs », personnes porteuses du VIH potentiellement contagieuses, et les malades du SIDA.

 

Quel est le mode de transmission ? 

 

Le VIH est présent dans tous les liquides biologiques de l’organisme des personnes séropositives. Mais tous les liquides du corps humain n’ont pas le même pouvoir de transmission. Le virus est en quantité trop faible dans la salive, la sueur, les larmes, les vomissures ou l’urine pour être transmis. On ne risque absolument rien en partageant un repas, en buvant dans le verre d’une personne contaminée, en l’embrassant ou en la touchant, ni face à une personne qui tousse ou éternue. Le VIH ne se transmet pas non plus par les moustiques. Il n’y a pas de risque par contact avec la lunette des toilettes.

Les soins dentaires, le piercing et le tatouage sont également sans risques si les règles d’hygiène sont respectées et que le matériel est à usage unique.

Par contre, le sang, le sperme, le liquide séminal, les sécrétions vaginales, le liquide rectal et le lait maternel peuvent transmettre le VIH.

Il existe donc 3 modes de transmission :

  • Transmission sexuelle, mode de contamination très largement prédominant dans le monde : 98% des contaminations. La coexistence avec une autre IST, infection sexuellement transmissible, comme la syphilis, l’herpès, la chlamydiae, le papillomavirus…, accroît le risque de transmission du VIH à cause des micro-ulcérations qui favorisent le passage du virus.
  • Transmission par contact direct du sang, lors du partage de seringues entre usagers de drogues par voie intraveineuse, lors d’une plaie accidentelle provoquée par du matériel infecté, lors d’une transfusion de sang d’une personne infectée. Ce dernier risque a disparu en France depuis Août 1985.
  • Transmission mère-enfant. La mère séropositive peut contaminer son enfant, surtout au troisième trimestre de la grossesse, pendant l’accouchement particulièrement s’il est traumatique, et au moment de l’allaitement par passage du virus dans le lait.

 

PREVENTION. Je ne veux pas l’attraper : Comment se protéger ? 

 

Les préservatifs masculins ou féminins sont les seuls moyens de se protéger et de protéger son/sa partenaire du VIH. Utiliser un préservatif est une preuve de respect réciproque. Il sera aussi une protection contre les autres IST et les hépatites B et C.

C’est en même temps un moyen de contraception efficace. 

On ne peut abandonner l’utilisation du préservatif dans un couple stable que si les deux partenaires sont séro-négatifs.

 

DEPISTAGE.  J’ai pris un risque : Comment le dépister ? 

 

Prendre un risque d’être contaminé par le VIH, c’est avoir un rapport sexuel sans préservatif avec une personne séropositive ou un partenaire de passage dont on ne connait pas le statut sérologique. Un préservatif qui glisse ou se rompt lors du rapport sexuel, le partage de matériel d’injection entre drogués, se blesser avec du matériel infecté, avoir perdu le contrôle par consommation excessive d’alcool ou de drogues lors de fêtes sont autant de situations à risques qui doivent inciter à faire un test de dépistage.

Celui-ci se fait à partir d’une simple prise de sang au bout du doigt ou au pli du coude. Les tests récents permettent de réduire à une quinzaine de jours la « fenêtre sérologique » pendant laquelle le test est négatif en début d’infection. Le test se positive au plus tard 6 semaines après l’entrée du virus.

Il existe maintenant en France un autotest du dépistage VIH, en vente en pharmacie sans ordonnance. En cas de positivité, il faudra toujours le confirmer par un examen de laboratoire. En Indonésie, le dépistage coûte entre 200.000Rp et 400.000Rp.

 

TRAITEMENT. Je suis séropositif : Comment le traiter ?

 

Le traitement doit être débuté le plus tôt possible, d’où l’importance du dépistage en cas de prise de risques. On a énormément diminué le nombre de comprimés par jour pour arriver actuellement à une « trithérapie ». Mais ce traitement devra être pris très régulièrement et toute la vie. Il nécessite des contrôles sanguins tous les 6 mois pour mesurer la charge virale plasmatique. Plus la charge virale est élevée, plus la diminution des lymphocytes T4 est rapide. Chez un patient traité, l’objectif est d’obtenir une charge virale inférieure au seuil de détection. Ces traitements permettent de mener une vie pratiquement normale.

En cas d’accident d’exposition au sang ou à un autre liquide biologique contaminé, il faut se rendre en urgence dans une consultation de dépistage ou dans un hôpital, si possible dans les 4 heures suivant la prise de risque, au plus tard dans les 48h. Un traitement antirétroviral préventif post-exposition (TPE) doit être administré pour une durée d’un mois ; il peut empêcher d’être infecté par le VIH. 

Grâce au traitement maternel, commencé dès le début de la grossesse, le taux de transmission mère-enfant est passé de 25% à 0,3%  dans les pays industrialisés. Le nouveau-né de mère séropositive recevra systématiquement un traitement antirétroviral pendant 2 à 4 semaines. L’allaitement est proscrit.

 

Depuis 2003 l’infection par le VIH et le diagnostic de SIDA sont à déclaration obligatoire en France. Elle est d’abord faite par le laboratoire, puis compléter par le médecin traitant. Cette déclaration est ensuite adressée au médecin inspecteur puis au ministère de la santé. Elle suit le code de l’anonymat.

 

La solidarité avec les personnes atteintes par le VIH est fondamentale. Lutter contre l’indifférence, le rejet, l’exclusion, la discrimination doit faire partie de l’engagement individuel et collectif.

 

 

 

 

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