Matthieu Lavoine, nouveau président des Conseillers du Commerce Extérieur Indonésie

Par Valérie Pivon | Publié le 17/04/2022 à 17:30 | Mis à jour le 09/05/2022 à 09:27
Matthieu Lavoine président des Conseillers du Commerce Extérieur Indonésie

Matthieu Lavoine est le tout nouveau président des Conseillers du Commerce Extérieur de la France à Jakarta. Il nous parle du rôle des conseillers, leur fonctionnement, des projets et des perspectives économiques pour l’Indonésie en 2022.

 

Matthieu, quel est votre parcours ?

Après mon diplôme d’HEC, je crée une entreprise de négoce dans l’énergie puis travaille comme consultant. Besoin de sortir de l’Hexagone, je pars un an faire le tour du monde en mode sac à dos. En 2012, j’intègre le groupe Louis Dreyfus Armateur (LDA), groupe français spécialiste du transport maritime et de la logistique. En 2014 je deviens le CEO de Sinarmas LDA Maritime (SLM), notre joint-venture indonésienne avec le groupe Sinarmas.

 

Les conseillers du commerce extérieur de la France -CCE- sont des bénévoles

 

Quels est le rôle des conseillers du commerce extérieur, comment sont-ils choisis, qui sont-ils ?

Les conseillers du commerce extérieur de la France -CCE- sont des bénévoles. Ils sont chefs d’entreprises ou experts de l’international. Ils sont choisis pour leurs compétences et leur expérience au service du développement de la présence économique française dans le monde. Ils sont nommés par décret du Premier Ministre.

Le comité national des conseillers du commerce extérieur de la France est une association reconnue d’utilité publique qui regroupe les CCE, coordonne leurs actions bénévoles et leur fournit un cadre de travail dont ils ont besoin pour exercer leurs missions. Ces missions sont au nombre quatre :

  • Le conseil aux pouvoirs publics français
  • La promotion de l’attractivité de la France
  • L’appui et l’accompagnement des entreprises françaises à l’international
  • La formation des jeunes Français à l’international

 

Le candidat CCE doit faire preuve d’une expérience qualifiée pour remplir les missions des CCE

 

Comment et qui peut faire acte de candidature pour être CCE ?

Le candidat CCE doit faire preuve d’une expérience qualifiée pour remplir les missions des CCE, comme prévu par le décret qui réserve ce mandat aux « dirigeants, cadres d’entreprises et professions indépendantes exerçant des responsabilités et dirigeants et cadres des organisations professionnelles et d’associations ainsi que les universitaires dont la compétence est reconnue et avec cinq ans d’expérience à l’international à la date de la nomination ».

Concrètement, le candidat doit fournir un CV, remplir un dossier, avoir des entretiens avec le président des CCE et le conseiller économique de l’Ambassade. Après différents contrôles, son dossier peut être validé et la personne est acceptée pour 3 ans.

 

Qui sont ces conseillers ?

Ils viennent de secteurs d’activités différents et d’entreprises du CAC 40, PME, EFE, entrepreneurs, start-up… Nous sommes aujourd’hui 23, 22 hommes et une seule femme.

 

Une seule femme CCE ?

Oui effectivement, c’est peu. Des dossiers de candidates sont en cours d’étude. Notre objectif est la parité tant en genre qu’en terme d’âge. A notre décharge, il y a peu de femmes en Indonésie à des postes de responsabilités dans les sociétés françaises, mais nous travaillons à trouver un équilibre.

 

La France a pris conscience du rôle de l’Indonésie en Asie Pacifique

 

Comment fonctionnent les CCE ?

Nous organisons des réunions mensuelles en présence de l’ambassadeur et du chef du service économique. C’est un partage d’informations sur l’actualité économique et politique. Nous parlons des différents projets indonésiens sur lesquels les entreprises françaises pourraient se positionner.

Nous organisons des réunions autour de thèmes, tel : le pouvoir économique et politique du charbon en Indonésie, l’évolution de la classe moyenne et sa consommation, l’économie digitale… Plusieurs CCE sont en charge de faire une présentation. Ces dernières seront mises en ligne prochainement sur le site de l’ambassade de France, rubrique économique.

La France a pris conscience du rôle de l’Indonésie en Asie Pacifique, de nombreuses visites de ministres depuis 2020 en témoignent et ce en dépit du Covid. Les CCE sont là pour épauler les actions du gouvernement français pour faire en sorte que les liens entre nos deux pays se renforcent et que nous continuions à multiplier les succès commerciaux et partenariats stratégiques.

Nous souhaitons maximiser la participation du comité Indonésie aux évènements du réseau CCE, en particulier pour le mondial des CEE qui se tiendra à Monaco et Nice en octobre.

 

Quels sont, selon les CCE, les perspectives économiques pour 2022 pour l’Indonésie ?

Plutôt bonnes dans la mesure où la hausse des prix des matières premières bénéficie directement aux finances du pays. Les prévisions de croissance ont été revues légèrement à la baisse pour 2022, on est sur 5,2 %. Cela reste très honorable. Le problème réside plutôt sur une inflation des produits alimentaires et du coût des énergies. Le gouvernement indonésien a déjà mis en place certaines mesures pour venir en aide aux plus démunis. Il est trop tôt pour savoir si elles seront suffisantes.

 

Avec le retour à la vie normale, nous commençons à organiser des évènements afin que les CCE et nos partenaires locaux se rencontrent

 

La crise du Covid a modifié les méthodes de travail pour beaucoup, quelles ont été les adaptations que vous avez dû adopter au sein des CCE ?

Nous avons continué nos réunions mensuelles en ligne. L’avantage de cette formule est que nous avons, du fait de la situation, davantage de CCE présents à nos réunions. Cependant plusieurs CCE ont quitté le pays du fait de la crise sanitaire, et nous sommes passés de 30 à 23 au sein du comité. Nous travaillons donc à intégrer de nouvelles personnes.

Avec le retour à la vie normale, nous commençons à organiser des évènements afin que les CCE et nos partenaires locaux se rencontrent. Ces évènements nous permettent d’étendre et de partager nos réseaux entre membres.

 

Quels sont les trois conseils que vous donneriez à un entrepreneur qui souhaite s’installer en Indonésie ?

Patience, humilité et optimisme !

Valerie Pivon

Valérie Pivon

Responsable éditoriale, expatriée depuis 16 ans en Indonésie, guide au musée national de Jakarta. C'est avec plaisir que je partage avec les lecteurs du Petitjournal.com ma passion pour l'archipel indonésien.
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