M. Antraigue : L’importance des entrepreneurs français en Indonésie

Par Valérie Pivon | Publié le 14/06/2020 à 22:30 | Mis à jour le 17/06/2020 à 15:42
Photo : M.Antraigue ici avec Ibu Tri Rismaharini Maire de Surabaya
Michel Entrepreneur Medef Indonesie

Michel Antraigue est un entrepreneur français installé depuis 28 ans en Indonésie. Il est aujourd’hui le président d’Alma Business Development, société de conseils en entreprise. Il est également le correspondant de Medef international dans l’archipel et membre du Club Initiative France. L’intérêt des entrepreneurs français installés en Indonésie est au centre de ses préoccupations. 

 

Vous êtes représentant de Medef International en Indonésie et membre du Club France Initiative. Pouvez-vous nous expliquer le rôle de ces deux institutions ?

De façon plus précise, je suis Correspondant de Medef International pour l’Indonésie, et ceci depuis mon arrivée en Indonésie, il y a 28 ans, même si cela n’a été officialisé que depuis une dizaine d'années. La relation de Medef International avec l'Indonésie remonte à une trentaine d’années, c’est dire l'intérêt porté par Medef International à ce vaste pays. Le rôle du Medef International est de faire connaitre auprès des entreprises adhérentes et associations professionnelles les d'opportunités d'affaires en permettant des contacts avec les décideurs publics et privés. Ceci se fait principalement sous forme de délégations de chefs d'entreprises français en Indonésie ou à travers l'accueil de délégations indonésiennes publiques et privées en France. Medef International s’est attaché des l'origine au développement de l'investissement français en Indonésie 

Concernant le Club France Initiative, il s'agit d'une création plus récente puisqu'elle date de septembre 2019 à l'initiative d'Anne Genetet, Députée des Français de l'Étranger. Son rôle principal est de mettre en valeur les très nombreux atouts que la présence importante des Français installés à l'étranger apportent à l'influence de la France dans le monde, et particulièrement ici en Indonésie. Cette influence se traduit par  « une envie de France », que ce soit sur le plan culturel, éducatif, touristique, sur le choix de ses produits d’excellence, sur le partenariat avec ses entreprises, et bien d'autres domaines encore.

Que représentent les entrepreneurs français installés à l'étranger, en Indonésie ? Activité, emploi, visibilité...

D'une manière générale, les conditions d'implantation d'investisseurs étrangers en Indonésie ne sont pas aussi favorables que dans d'autres pays de la région, notamment pour les petits entrepreneurs. Si l'on compare avec la situation de pays comme Singapour ou Hong-Kong, en dépit de leur taille réduite, ou d'autres pays comme la Chine ou le Japon notamment, leur nombre n'est donc pas aussi important qu'il devrait l'être.

Aujourd’hui, nous avons une connaissance imparfaite du nombre de ces entrepreneurs, de leurs activités et des emplois créés. Afin de mieux les connaître, les Conseillers du Commerce Extérieur de la France viennent de lancer une enquête à grande échelle. En Indonésie en particulier, cela nous permettra de mieux les identifier.

En plus de ce que les entrepreneurs français représentent en terme d’activités, c'est tout ce qu'ils apportent en terme d'image pour notre pays, comme je l'ai indiqué précédemment, qui nous importe .

Au-delà de la situation pandémique actuelle, leur visibilité devrait nous concerner plus que jamais, que ce soit par la Chambre de Commerce Franco Indonésienne, les Conseillers du Commerce Extérieur, ou par le Petit Journal qui fait déjà un travail remarquable de découverte et qui pourrait peut-être aller plus loin en les fédérant.

Votre tribune, dans nos colonnes « il faut sauver nos entrepreneurs de l'étranger » interpelle le gouvernement, quelles sont les principales inquiétudes de nos compatriotes entrepreneurs en Indonésie ?

Comme tout entrepreneur, l'inquiétude principale est d'assurer la pérennité de leurs affaires, de sauver leur outil de travail et bien sûr l'emploi qui est souvent une composante essentielle de leur activité. Souvent aussi, la survie de leur entreprise conditionne leur présence en Indonésie, pays où ils ont fait le choix de s'installer et auquel ils sont attachés. Un échec de leur part entrainerait presque irrémédiablement un retour en France dans des conditions souvent très difficiles.

Le gouvernement a mis déjà mis en place un volet sanitaire et social pour faire face à l'urgence de la crise pour les ressortissants français de l'étranger. Concernant le volet économique, des aides sont-elles prévues ?

L'objet de cette tribune est précisément de réfléchir à cette situation et de trouver des dispositifs qui accompagnent ces entrepreneurs dans ce cap difficile pour leur permettre de trouver des solutions alternatives pérennes.

Ces entreprises françaises installées en Indonésie ne paient pas d'impôt en France. Pourquoi selon vous l'État français plus que l'état indonésien devrait leur venir en aide ? 

La relation des Français entrepreneurs à la France ne se traduit pas uniquement au paiement d'impôts. Bien d'autres contributions sont à mettre à leur actifs : achats de produits et d'équipements français, embauche de personnel français spécialisé ou non, ainsi que de VIE et autres stagiaires ou étudiants. Ils représentent aussi l’image et l'influence de la France à l'étranger. Il ne faut pas non plus oublier que la plupart d'entre eux ont souvent une résidence secondaire en France qui leur donne l'occasion de payer également des impôts sur le territoire français.

Pensez-vous que face à cette crise sanitaire mondiale, de nombreux français installés en Indonésie n'auront pas d'autre choix que de rentrer en France ?

Oui, bien sûr et pour la simple raison que les conditions de résidence en Indonésie (comme c'est le cas dans de nombreux autres pays) est de rentrer en France s'ils n'y ont plus d’activités. Ils risquent dans des conditions souvent désastreuses de gonfler le nombre des demandeurs d'emploi en France.

 

 

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Valerie Pivon

Valérie Pivon

Responsable éditoriale, expatriée depuis 16 ans en Indonésie, guide au musée national de Jakarta. C'est avec plaisir que je partage avec les lecteurs du Petitjournal.com ma passion pour l'archipel indonésien.
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