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Qui se cache derrière le compte Facebook : l’âme de l’Indonésie ?

Par Valérie Pivon | Publié le 30/01/2022 à 21:30 | Mis à jour le 31/01/2022 à 02:42
Michel Gede ame de lindonesie

Pour qui s’intéresse à l’Indonésie et aux réseaux sociaux, il y a un compte riche en informations sur la culture de l’archipel connu des amoureux du pays : L’âme de l’Indonésie. Nous avons voulu savoir qui se cache derrière ce compte Facebook qui partage ses découvertes sur la culture, l’art, les ethnies, l’artisanat mais aussi ses coups de gueule avec plus de trois mille abonnés.

 

Le compte « l’âme de l’Indonésie » est signé Made Arsani, mais qui est donc ce Made ?

Michel est arrivé il y a 33 ans en Indonésie. Graphiste et illustrateur de formation, il rencontre un exportateur qui lui propose de commercialiser des objets d’artisanat indonésiens dans son atelier, ce qui l’amènera à devenir grossiste. Il expose au salon Maison & Objets. Il va ainsi découvrir l’Indonésie et sa culture. C’est en 1989 que Michel arrive dans l’archipel à Yogyakarta, et là, c’est le coup de foudre pour le pays. Il continue les allers-retours vers la France quelque temps et s’installe définitivement en Indonésie, plus précisément à Lombok en 1993.

 

Michel fera plusieurs métiers ; création d’une entreprise (PMA) pour la production et l'exportation de meubles, puis avec son épouse javanaise du pays de Sunda, ils gèrent un warung et un kos (auberge), et puis en 2012 ils ouvrent un petit hôtel « la casa » à Lombok pour faire découvrir l’île aux voyageurs. « 33 ans en Indonésie, c’est une grande partie de ma vie, alors que de rencontres, de découvertes et d’aventures gaies, et moins gaies » nous confie-t-il.

 

Michel, ou plutôt Gede Roma Arsana, habite à Lombok-Ouest et depuis 2007 n’est pas retourné en France. L’Indonésie, c’est sa maison, il s’est converti à l’hindouisme et vit dans un petit village de 600 habitants. Il fait partie de la communauté, participe à tous les événements et est membre du banjar, ce que l’on peut traduire en français par conseil du village. « Je vis comme les villageois de mon village en sarong et tongs. J’ai changé de nom. Gede Roma Arsana m’a été donné par le grand prêtre. Mon épouse également s’est convertie ». Il nous explique d’ailleurs que les prénoms balinais qui se terminent par un i sont attribués aux femmes et en a aux hommes.

 

Un compte pour partager ses connaissances, mais surtout ses recherches

C’est en 2014 qu’il crée ce compte Facebook pour partager ses connaissances et ses recherches sur l’Indonésie : « il y avait des sites qui parlaient de l’Indonésie, mais tout tournait beaucoup trop autour de Bali, je trouvais certains commentaires irrespectueux envers la population, et pour des occidentaux, comprendre un pays de 270 millions d’habitants avec des coutumes et des rythmes de vie très éloignés des leurs, il y avait de l’incompréhension. Alors j’ai décidé de créer ce compte et de partager avec les amoureux de l’Indonésie mes connaissances et mes recherches ».

 

« Made Arsani, c’est le nom de mon épouse, le réseau social ne permettait pas de prendre de pseudo, alors j’ai choisi le joli prénom de mon épouse ».

 

Depuis, Made avoue avoir un peu plus de temps et partage ses recherches et sa curiosité avec ses abonnés. « Cela me stimule, je découvre sans arrêt de nouvelles ethnies, îles, de nouveaux peintres indonésiens, mais aussi européens, qui sont venus explorer l’archipel… ».

danseuse balinaise lombok
les danseuses du village de Gede

Gede est passionné par l’organisation sociale des villages, « le gotong royong, système d’entraide, le système de délibération musyawarah pour aboutir au consensus mufakat, le pancasila, philosophie sur laquelle repose la constitution indonésienne, mais aussi le système de surveillance des quartiers appelés la ronde, ou à tour de rôle, les villageois surveillent les villages la nuit. Les familles déposent un peu de riz sur le pas de la porte comme contribution et une femme est chargée de le cuisiner pour les bénévoles de garde. Il existe un système d’entraide extraordinaire ».

 

« Les Indonésiens ont également par exemple une appréciation du temps, du sacré et du profane très différente de l’occident. A nous d’essayer de comprendre ».

 

On l’aura compris, Gede Made Arsana est un passionné ; comme tout passionné, il lui arrive de s’emporter, il sait que ces positions parfois tranchées ne lui attirent pas toujours que des amis. Mais l’essentiel pour lui est de continuer à faire découvrir et convaincre les visiteurs de ne pas s’arrêter aux stéréotypes et de pousser plus loin les découvertes et les rencontres. « Ce compte a pour ambition de voir au-delà d’une description d’un site, d'une culture, de souligner les liens entre ces différentes formes sociales et peut-être par comparaison d’en souligner nos propres conceptions et attitudes dans le monde occidental ».

 

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Valerie Pivon

Valérie Pivon

Responsable éditorale, expatriée depuis 16 ans en Indonésie, guide au musée national de Jakarta. C'est avec plaisir que je partage avec les lecteurs du Petitjournal.com ma passion pour l'archipel indonésien.
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