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David Soukhasing un business angel engagé en Indonésie

Par Valérie Pivon | Publié le 09/12/2018 à 23:30 | Mis à jour le 10/12/2018 à 10:31
David Soukhasing investissement économie indonesie angelbusiness entrepreneur ANGIN

Lorsque l’on se trouve dans le quartier de Kuningan à Jakarta et que l’on lève la tête au ciel pour admirer les nouveaux buildings, on pourrait se croire dans le quartier des affaires de Singapour. C’est là que nous avons rencontré David Soukhasing, français installé à Jakarta depuis 6 ans, responsable de ANGIN -Angel Investment Network Indonesia- le plus grand réseau d’investissements providentiels que l’on appelle aussi Angel Investor en Indonésie.

David, quel est votre parcours et qu’est ce qui vous a amené à Jakarta ?

J’ai fait mes études en France et suis titulaire d’un Master en finance d’entreprise de Sciences Po, je poursuis actuellement un Master à HEC Paris. J’ai toujours travaillé dans la finance, tout d’abord pour une société de capital-investissement dans les technologies propres au Luxembourg puis pour une banque européenne qui m’a proposé un poste en Indonésie pour créer un accélérateur dédié aux start-ups et entrepreneurs sociaux qui cherchaient à lever des fonds ainsi qu’un support intellectuel pour développer leurs affaires. Après plusieurs années, j’ai eu l’opportunité de reprendre l’entreprise ANGIN pour m’établir davantage en Indonésie et avoir un impact supplémentaire sur le pays.

Pouvez-vous expliquer ce qu’est le rôle d’un Angel Investor ?

Un Angel Investor est un investisseur individuel qui utilise son propre capital pour soutenir financièrement des jeunes pousses ou start-ups. En plus de ses fonds, cette personne mobilise ses compétences, son expérience et ses réseaux pour aider l’entrepreneur dans son développement. 

Quel est plus précisément votre rôle ?

ANGIN est établi depuis 2014 et nous sommes le plus vaste réseau d’investisseurs dans le pays représentant plus de 90 clients. Notre rôle est d’être le lien entre investisseurs et entrepreneurs, de faciliter les rencontres, de les aider dans leur programme d’investissement. Je dirige une équipe de huit permanents qui travaille à la recherche de projets à financer, étudie les dossiers des candidats, et suit ces projets. En parallèle nous avons développé nos services en proposant une activité de conseils et recherches, formations et développement de réseaux que nous apportons à des clients institutionnels.

Qui sont vos partenaires ?

Nous travaillons principalement avec les familles influentes Indonésiennes et des grands dirigeants de sociétés.  Nous avons aussi la chance de travailler avec une multitude de partenaires comme les Nations Unies (PNUD), OXFAM, les gouvernements Indonésien, Canadien et Australien, des géants du web comme Amazon, ou de gros fonds d’investissements comme 500 start-ups. Tous ces partenaires partagent notre désir de soutenir l’entreprenariat en Indonésie et nous coopérons pour atteindre cet objectif.

Une des particularités de ANGIN  est le Women Fund, pouvez-vous nous en dire plus ?

Nous avons le désir d’aller beaucoup plus loin que le simple financement et pour cela nous créons un impact positif dans toutes nos activités. Pour exemple, nous avons lancé le premier fonds dans la région dédié aux femmes entrepreneuses : le ANGIN Women Fund. Ce fonds est investi par 15 des femmes les plus puissantes en Indonésie et nous cherchons à financer des entrepreneuses Indonésiennes. Depuis la création de ce fonds, nous avons financé 6 entreprises en utilisant ce fonds dédié. En parallèle nous avons financé 33 sociétés avec nos activités classiques.

Contrairement à d’autres réseaux d'Angel Investors en Asie du Sud Est, nous sommes une entreprise privée et indépendante. Nous ne recevons pas de subvention du gouvernement ou d’entreprises privées. Nous avons dû travailler dur pour trouver un model économique viable et convaincre des investisseurs de nous suivre dans notre croissance. Je dis souvent que nous sommes une start-up finançant des start-ups.

Pouvez-vous nous parler de ces entrepreneuses, leur domaine d’activité, les succès mais aussi les échecs ?

Il y a deux ans, nous avons apporté des fonds à Burgreens, fondé par Helga et Max, deux entrepreneurs Indonésiens. Burgreens opère un concept de restaurants végétariens à Jakarta, model unique travaillant directement avec les fermiers et promouvant une nutrition saine et responsable. Lorsque nous avons investi, l’entreprise n’avait que deux petits restaurants dans la banlieue de Jakarta. Depuis, Burgreens opère 6 concepts dans le cœur économique de Jakarta et a développé rapidement son chiffre d’affaire. L’entreprise a aujourd’hui clairement une position de leader dans ce secteur.

Les échecs, nous en avons et nous en aurons. C’est la nature de notre activité. Dans ce cadre, nous avons lancé un vaste projet de recherche pour étudier plus de 200 cas de start-ups qui ont échoué en Indonésie. Nous espérons pouvoir tirer des enseignements précieux pour pouvoir aider la nouvelle génération d’entrepreneurs , les accélérateurs d’entreprises tout comme les investisseurs.

Comment voyez-vous l’avenir de ANGIN?

ANGIN existe depuis 4 ans et je gère cette entreprise comme une start-up. Nous innovons nos services tous les jours, cherchons à trouver des nouveaux secteurs de croissance.  J’adore ce que je fais et la satisfaction de contribuer au développement d’un pays n’a pas de prix. Je suis français, gérant le plus gros réseau d’investisseurs Indonésiens… J’aimerais logiquement pouvoir transférer mon expérience à un Indonésien ou bien sûr une Indonésienne pour m’épauler dans notre croissance et prendre le relais sur le long terme. Cela serait une belle histoire pour moi.

 Plus d'infos : https://angin.id

 

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Valérie Pivon

Expatriée depuis plus de 20 ans en Asie dont 12 ans en Indonésie, guide au musée national de Jakarta. C'est avec plaisir que je partage avec les lecteurs du Petitjournal.com ma passion pour l'Indonésie.
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