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Bali : le confinement à Ubud vu par Chris Salans du restaurant Mozaïc

Par Valérie Pivon | Publié le 06/05/2020 à 22:30 | Mis à jour le 10/05/2020 à 11:15
Photo : Chris Salans et son équipe
Mosaic Bali

En ces temps de confinement, lepetitjournal.com de Jakarta sort de la capitale et va à la rencontre de nos compatriotes qui travaillent sur d’autres îles de l'archipel afin de connaître la situation économique et sociale de leur ville, ainsi que leur ressenti par rapport à leur activité. 

Chris Salans, propriétaire et chef renommé des célèbres restaurants Mozaïc et Spice à Ubud sur l’île de Bali, répond à nos questions.

 

Comment avez-vous géré la situation de votre activité depuis le début de la pandémie ?

Nous avons du fermer tous nos restaurants et malheureusement nous avons été forcés de renvoyer nos employés à la maison. Nous leur maintenons 33% de leur salaire et continuons de payer 100% de leur BPJS (sécurité sociale indonésienne).

Quelles mesures avez-vous prises pour votre personnel ? Et pour vous et votre famille ?

Avant de fermer nos restaurants, nous avons aussi donné à tous nos employés une formation à propos du Covid-19 et enseigné les gestes barrières pour qu’ils connaissent ce que sont les risques de contamination et la maladie. Ils ont fait suivre ces informations dans leur village.

Nous avons donc mis tout le monde en confinement afin d'éviter d’être contaminés. Pour ceux qui viennent encore dans nos restaurants pour laver ou faire de la maintenance, nous leurs donnons masque et gel hydroalcoolique et faisons respecter les gestes barrières.

Comment envisagez-vous la reprise ? Si tant est que l'on peut l'envisager

Difficile à envisager actuellement, car nous n'avons pas tous les détails ; les informations que nous avons sont plutôt de l’ordre de rumeurs que de réelles informations. Certains disent que l’immigration va ouvrir aux touristes chinois au mois de juin. Même si cela est vrai, je ne pense pas que ce soit la clientèle de nos restaurants. Donc il faudra peut-être attendre que le monde re-voyage avant que les affaires reprennent. Si la situation continue, nous pensons nous orienter vers des plats cuisinés à emporter pour les résidents.

Quelle est la situation sur votre île ? Comment se passe vos relations avec la population locale ?

La plupart des restaurants sont fermés. Quelques-uns sont restés ouverts et il parait que ça marche. Il semble y avoir un pourcentage de la population qui se fiche un peu du confinement. Ont-ils raison ?

Mais nous avons peu de relations avec la population locale à cause du confinement que nous respectons.

Y a-t-il des initiatives locales qui se mettent en place pour aider la population ?

Oui, il y en a, et beaucoup. Par exemple : Bali Chef Professional, Scholars of Sustenance et d'autres font des collectes de nourriture pour les distribuer aux hôpitaux et aux orphelinats de Bali.

Ce temps de confinement vous laisse-t-il du temps pour faire autre chose, et si oui quoi ?

Je passe beaucoup de temps en famille, ce qui est nouveau pour moi et plutôt agréable malgré les challenges qui nous attendent. Mes filles font l'école "online", donc il y a pas mal de travail pour les aider. Je passe aussi beaucoup de temps à cuisiner, ce qui est aussi pour moi la première fois de ma vie que je cuisine en-dehors de mes restaurants. Et croyez-moi, ce n’est pas aussi facile de cuisiner des plats simples tels que couscous, hachis parmentier, etc...

Un premier bilan depuis 4 semaines de confinement ?

Pour être honnête, je suis bien dans mon confinement. Cela fait 30 ans que je travaille 70 heures par semaine, ces 4 semaines de confinement me font le plus grand bien, je me repose et profite de ma vie de famille.

Mais je m’inquiète également quant à la ré-ouverture de nos restaurants. Il nous faut reprendre une activité pour permettre à notre personnel de travailler et de gagner leurs salaires pleins. Nous avons 140 employés, il faut qu'ils se nourrissent eux et leur famille.

Je me demande et réfléchis aux changements que nous allons devoir apporter dans nos restaurants lorsque nous pourrons ré-ouvrir. Je me demande si le gouvernement Indonésien a pensé à cela, car si tout le monde ré-ouvre sans aucun standard d'hygiène et sanitaire élevé … ça pourrait être la catastrophe...

 

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Valerie Pivon

Valérie Pivon

Expatriée depuis plus de 20 ans en Asie dont 14 ans en Indonésie, guide au musée national de Jakarta. C'est avec plaisir que je partage avec les lecteurs du Petitjournal.com ma passion pour l'archipel indonésien.
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