L’Indonésie se prépare à déployer des milliers de soldats dans la bande de Gaza dans le cadre d’une mission internationale de maintien de la paix établie après la signature d’un cessez-le-feu fin septembre 2025 censé mettre fin au conflit entre Israël et le Hamas. L’envoi de ce contingent indonésien se ferait sous la houlette du controversé Board of Peace, créé et dirigé par Donald Trump, dont les objectifs dépassent la simple paix à Gaza. Cette décision si elle se confirmait serait historique mais suscite beaucoup de commentaires dans l’archipel.


Un engagement sans précédent
Les autorités indonésiennes ont annoncé qu’elles finalisaient actuellement les préparatifs pour déployer environ 8 000 militaires dans la bande de Gaza. L’Indonésie est le premier pays à faire l’annonce de l’envoi d’un contingent faisant partie de la Force Internationale de Stabilisation (ISF), proposée par l’ancien président américain Donald Trump, dans le cadre de son initiative de paix au Moyen-Orient signée en septembre dernier. Cette initiative est chapeautée par le Board of Peace, créé et dirigé par le président américain, dont l’Indonésie fait partie aux côtés de 25 pays tels que l’Arabie saoudite, le Qatar, la Turquie, le Pakistan… qui ont tous versé un milliard de dollars pour en être membres.
Si ce déploiement se concrétise, une fois le feu vert du président Prabowo donné, ce serait la première fois que des troupes indonésiennes opèrent en dehors d’un cadre de mission onusienne classique dans ce territoire depuis plus de cinquante ans. Les autorités expliquent que cette démarche s’inscrit dans la volonté de soutenir les populations civiles, faciliter l’accès de l’aide humanitaire, et contribuer à la reconstruction après des années de conflit.
Objectifs et positionnement sur le terrain
Le gouvernement indonésien a précisé que la contribution militaire ne se limiterait pas à des soldats combattants, mais inclurait des unités d’ingénierie, des équipes médicales et d’autres personnels spécialisés. L’objectif affiché est humanitaire et sécuritaire : stabiliser les zones affectées, protéger les civils, et renforcer les services essentiels.
La Force Internationale de Stabilisation (ISF) a été prévue pour contribuer au maintien de la stabilité durant la deuxième phase du plan de paix pour Gaza, qui vise la démilitarisation et la mise en œuvre de mesures de sécurité, ainsi que l’établissement d’une gouvernance à long terme dans le territoire.
La radio publique israélienne a rapporté mardi matin qu’un site dans le sud de Gaza, entre Rafah et Khan Younis, avait été désigné pour accueillir une caserne destinée à une force indonésienne.
Un contexte international sensible
Le projet s’inscrit dans une dynamique plus large : la force internationale de stabilisation pourrait compter jusqu’à 20 000 soldats provenant de différents pays, selon les déclarations des dirigeants indonésiens.
Cette décision survient alors que des résolutions internationales et forums diplomatiques cherchent à définir un cadre légal et opérationnel pour Gaza, après des années de guerre intense entre Israël et le Hamas, puis un cessez-le-feu fragile.
Réactions contrastées en Indonésie
La perspective d’un engagement militaire indonésien à Gaza suscite déjà d’intenses débats politiques et sociaux au sein du pays. Certains parlementaires ont appelé le gouvernement à la prudence et à bien peser les risques sécuritaires possibles pour les soldats indonésiens, pointant la situation encore volatile dans le territoire palestinien.
Le Conseil des oulémas d'Indonésie (MUI) a adressé un message d'avertissement au gouvernement, par la voix de son responsable pour les relations extérieures, Sudarnoto Abdul Hakim, contre le risque de se laisser entraîner dans l'agenda géopolitique des États-Unis et d'Israël.
Dans l’opinion publique, la décision divise aussi : si une large part de la population soutient traditionnellement la cause palestinienne et voit dans ce déploiement une manifestation concrète de solidarité, d’autres critiquent le gouvernement pour un possible alignement sur des intérêts occidentaux ou israéliens plutôt qu’une protection effective des aspirations palestiniennes.
Le président Prabowo Subianto, principal artisan de cette initiative, a défendu le projet devant des leaders religieux et politiques, tout en déclarant que Jakarta pourrait se retirer si la mission ne respecte pas les intérêts et les aspirations des Palestiniens à l’indépendance.
Enjeux géopolitiques et diplomatiques
Cette décision stratégique place l’Indonésie au cœur d’un débat mondial sur l’avenir de Gaza et la manière dont la communauté internationale doit intervenir dans la région. Pour Jakarta, il s’agit d’affirmer un rôle plus influent sur la scène internationale, tout en restant fidèle à son soutien traditionnel à la cause palestinienne.
Les discussions autour de ce déploiement se poursuivent alors que le président Subianto doit participer à la réunion inaugurale du Board of Peace à Washington, prévue le 19 février 2026, où les modalités et la date de début de la mission seront discutées avec les partenaires internationaux.
Sur le même sujet







