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Le V.I.E en Indonésie, un tremplin vers une carrière internationale

Par Athénaïs Pinard Legry | Publié le 27/04/2022 à 21:30 | Mis à jour le 24/05/2022 à 07:04
Photo : Marie Defretin et Tancrède Lot
VIE Jakarta Marie Defretin Tancrede Lot

Connaissez-vous le Volontariat International en Entreprise ? Cette particularité française est une modalité de travail à l'international réservée aux jeunes talents de moins de 29 ans. Il s'agit d'un dispositif spécifique, destiné à appuyer les entreprises dans leurs démarches à l'international. L' embauche d'un V.I.E permet aux employeurs de bénéficier d'aides financières, administratives et fiscales, tout en misant sur une ressource humaine d'avenir. Ni contrat local, ni contrat d'expatriation, cette troisième voie est un tremplin dont ont déjà bénéficié près de 100.000 jeunes depuis sa création en 2000.

 

Deux volontaires internationaux en entreprise nous parlent de leur mission en Indonésie : Tancrède Lot, ingénieur pour la PME familiale Matière SA et Marie Defretin pour le groupe pharmaceutique Servier.

 

À respectivement 25 et 27 ans, Tancrède et Marie ont d’importantes responsabilités professionnelles. Entre autres, le premier suit la qualité de la production du partenaire indonésien de son entreprise cantalienne ; la seconde gère une équipe projets de deux personnes. « Il faut s’adapter, bien sûr » nous confie Tancrède, « à l’usine tout le monde ne parle pas anglais. J’ai dû rapidement étendre mes bases de bahasa indonesia ». Cela fait maintenant deux ans, et il estime se « débrouiller beaucoup mieux sur les conversations techniques. Au début je cherchais toujours le vocabulaire sur mon téléphone ».

 

Marie, quant à elle, est arrivée en début d’année 2022. Depuis la réouverture des frontières aux travailleurs étrangers, Marie est la première de sept V.I.E  attendus en Indonésie. Elle sort tout juste de la période de transition avec sa collègue précédente.

 

Ça y est je suis lancée ! Je voulais avoir un poste opérationnel en partant à l’étranger. Mes missions sont très variées, ça me plaît : je suis venue pour ça. Nous travaillons par cycles de 6 mois. Un nouveau cycle commence en ce moment, c’est une page blanche, je dois élaborer des projets et les mener à bien dans les mois à venir

Pour elle qui travaille aussi dans « un environnement à 99,9 % indonésien », le conseil est d’ « énormément se renseigner en amont sur le pays pour ne pas vivre un choc culturel trop intense et appréhender la façon dont ça va se passer sur place ».

 

La préparation au départ : un suivi par l’entreprise et par Business France

En France comme en Indonésie, c’est Business France qui gère les V.I.E. Cette agence est en charge du développement international des entreprises françaises, des investissements internationaux en France, et du V.I.E.

 

En France, Business France s’occupe du recrutement des volontaires, que l’entreprise finalise. Cela se passe sur une plateforme unique, le site mon-vie-via.businessfrance.fr. Pour nos deux interviewés, les recherches ont été similaires : « j’ai regardé sur le site quotidiennement avec les filtres Asie et ingénieur construction », nous détaille Tancrède. « Un jour je suis tombé sur l’offre parfaite. Mon dossier de candidature était prêt, mais il y avait une énorme concurrence car peu d’offres de ce type. J’avais déjà passé six mois en Indonésie dans le cadre de mes études, cela a joué en ma faveur. Après 2 mois d’attente et d’entretiens, enfin l’accord est donné. Trois mois plus tard, le temps des procédures de visa etc... j’ai commencé une période d’observation de 2 mois en France, et ensuite je suis parti ».

 

Marie, de son côté, a « postulé à toutes les annonces Santé / Asie. Début 2021, il y avait très peu de postes car l’Asie était fermée. Lorsque j’ai vu l’annonce de Servier, je me suis tout de suite positionnée. Le recrutement a été méticuleux, Servier est connu pour ça ! En août 2021, j’ai été choisie, mais ça a été le début d’une période d’incertitude car l’Indonésie n’accordait pas encore de visa et je ne pouvais même pas signer de contrat de travail. Septembre, octobre, novembre... Finalement mon visa est arrivé le 17 décembre. J’ai pris l’avion aussitôt car j’avais peur que le pays referme, ce qu’il s’est passé en janvier... Bien m’en a pris ! ».

 

Malgré les perturbations du Covid, une communauté accueillante

Une fois le recrutement effectué, Business France aide les entreprises à organiser le départ, les appuie sur les aspects logistiques et administratifs, et fait de même pour les V.I.E. Avant toute prise de poste à l’étranger, ceux-ci participent à une réunion d’information obligatoire : « c’est très complet », nous explique Marie. « Savoir-être, objectifs de nos missions sur place, aspects administratifs, sanitaires etc. Celle où je suis allée rassemblait les futurs V.I de toute l’Asie Pacifique. Cela a permis d’échanger les contacts. J’étais aussi accompagnée par Business France en Indonésie avec un contact téléphonique direct ».

 

Les volontaires reçoivent un accueil physique à l’Ambassade, et les réseaux sociaux complètent les informations. WhatsApp et Facebook sont les lieux de rencontre privilégiés des V.I.E avant et après départ. Tancrède a pu ainsi trouver son premier appartement en colocation. Marie a créé avec une amie le groupe Facebook des V.I. spécialement pour l’Indonésie, en complément du groupe mondial : « le groupe V.I.E Business France sur Facebook est vraiment très bien. Je le recommande, ça aide beaucoup ».

 

Le bilan, et la suite ?

Un V.I.E peut durer de 6 à 24 mois, mais la plupart dure 2 ans et débouche sur une offre d’embauche de long-terme. Pour Marie, qui n’en est qu’au début : « il y aura probablement une opportunité de rester en contrat local ensuite : cela m’a été présenté dès mon recrutement. C’est du "talent management", une stratégie qu’adoptent de nombreuses entreprises qui proposent un V.I.E pour former des espoirs et leur offrir ensuite un poste local dans une zone. ».

Pour Tancrède,

 

Que du positif ! J’ai signé dans la foulée un CDI dans mon entreprise. Le travail est intéressant, avec des collègues que j’apprécie beaucoup, des projets qui se développent aux Philippines, aux Fidji, en Inde, des voyages... Et peut-être à terme une installation dans une autre ville asiatique pour y développer la structure ? Cela fait pas mal de responsabilités et peut-être qu’un jour un V.I sera utile pour m’assister ! 

Nota : Comme pour quelques pays, les V.I.E sont missionnés en Indonésie en qualité de "travailleurs étrangers qualifiés," avec mise en œuvre d’un contrat de travail local en complément du cadre V.I.E.

Athens PinardLegry Petitjournal Jakarta

Athénaïs Pinard Legry

Amoureuse des voyages et après plusieurs années passées à réaliser des études de marché à l'international, j'ai posé mes valises à Jakarta début 2019 et espère explorer au maximum ce nouveau pays.
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