«Si les F-35 ne sont pas livrés, on se tournera vers d’autres sources»

Par Marianne Kerdat | Publié le 23/07/2019 à 01:37 | Mis à jour le 11/01/2021 à 14:58
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Suite à la menace des Etats-Unis d’annuler l’accord de livraison des avions F-35 à la Turquie, le ministre turc des Affaires étrangères a déclaré que la Turquie se fournirait auprès d’autres pays.

Le ministre des affaires étrangères turc, Mevlüt Çavuşoğlu, a accordé, lundi, une interview à la chaîne privée d’information turque TGRT Haber. Le chef de la diplomatie turque est revenu sur l’achat par la Turquie de missiles S-400 à la Russie dont la livraison a commencé il y a une dizaine de jours. Il a ensuite dénoncé la réponse des Etats-Unis à cette acquisition en décidant d’exclure la Turquie du programme des chasseurs F-35. Ankara ne pourra ni acheter ni participer à la fabrication de l'avion de combat américain, dont ils étaient le deuxième plus gros client, juste derrière le Royaume-Uni. Décision injuste selon Çavuşoğlu : « Nous avons déjà dépensé 1,4 milliard de dollars pour ce programme. Il est donc logique que notre objectif soit d’acquérir un produit dont nous sommes un des partenaires de production. »

L’avion F-35 est, à ce jour, le plus cher jamais fabriqué. Le ministre a ajouté que la Turquie, en attendant de pouvoir les fabriquer elle-même, trouverait d’autres sources pour se fournir en avions de combat, comme la Chine ou la Russie. Çavuşoğlu a en outre rappelé que la Turquie avait mis en place depuis plusieurs années un programme de développement de l’industrie de défense, qui répond aujourd’hui à 70% des besoins militaires du pays.

Des questions en suspens

Les Etats-Unis mettent en avant que la décision de la Turquie d'acheter le système de défense antiaérien S-400 rend son implication dans le programme F-35 impossible. Washington craint que la présence des missiles russes, au sein de l'armée turque, permettent à Moscou d'apprendre à détecter et abattre les chasseurs furtifs américains.

De plus, ce rapprochement de la Turquie causerait d’importants conflits d’intérêts au sein de l’OTAN, dont la Turquie est membre depuis 65 ans. Pour l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord, beaucoup de questions restent en suspens : que vont devenir les deux F-35 déjà livrés à l'armée turque ? Qui prendra la place des huit industriels turcs qui produisent environ 900 pièces pour le F-35 ? Quel pays récupérera sur son territoire le centre de maintenance pour l'Europe des moteurs, initialement prévu en Turquie ?

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Albane Akyuz

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