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En quête d’autonomie alimentaire : un potager chez soi

Par Aude Ferreira | Publié le 01/05/2020 à 03:30 | Mis à jour le 01/05/2020 à 11:39
potager maison Turquie Istanbul

Par ces temps de confinement, nous aspirons certainement à plus d’espace. Une connexion avec l’extérieur et la nature nous apparaît désormais comme essentielle. Une grande majorité d’entre nous rêve ouvertement de posséder un jardin et ceux qui en bénéficient reconnaissent et apprécient cette chance de posséder « ce bout de dehors, ce bout de nature»

Au delà de notre envie de reconnexion avec la nature, il est aussi devenu pressant de se réalimenter par nous-mêmes, de reconquérir une autonomie, une autosuffisance alimentaire perdue au fil du temps. Notre vie devenue si pressée et corrélée à l’abondance de nourriture à disposition a certainement éloigné notre besoin de nous autosuffire, à la manière des Anciens. La situation de crise actuelle a réveillé un certain désir d’indépendance à plusieurs niveaux. 

La flambée des prix et les limitations de sorties ont poussé nombre d’entre nous à investir dans la construction d’un potager maison. Et ce, quel que soit l’espace dont nous disposons. Balcon, terrasse ou jardin, le potager peut avoir sa place.

Bien entendu, selon ses possibilités et préférences, il existe plusieurs façons d’installer son potager. Les jardineries et internet regorgent de matériaux et ustensiles destinés à la création de son potager chez soi. 

Pour les petits espaces, il est possible de faire pousser ses fruits et légumes directement en pots. Avec l’avantage d’être décoratifs, les pots peuvent être facilement déplacés et interchangeables selon l’exposition et les saisons (le chou rouge pour sa couleur, la ciboulette en fleurs, la rhubarbe et même la salade par exemple). De même, le potager en escalier est une bonne idée pour les petites surfaces car il permet de maximiser l’espace et l’exposition au soleil. Toujours dans un esprit minimaliste, planter ses légumes en cagettes cumule plusieurs avantages. Peu coûteux et champêtre, les cagettes prennent peu de place. Il suffit par exemple d’une cagette de marché, un feutre de jardin et du terreau ! Ce système marche aussi bien par exemple avec des caisses à vins en bois (à condition de prévoir l’évacuation du trop plein d’eau).

Vous pouvez aussi utiliser un mur pour y installer une clôture grillagée et y faire grimper des plants de tomates, ou des espèces comme les potimarrons, les pommes d’or, les concombres, les haricots à rames et les petits fruits comme les fraisiers, cassissiers, framboisiers ou groseilliers.

Plus extensible, le potager en carrés existe en plusieurs tailles et est devenu un grand classique des potagers contemporains. Pour tous les débutants, il permet de cultiver efficacement une petite surface. On ne cultive pas ses légumes en rang à la manière des professionnels avec la contrainte de débroussailler et entretenir les allées mais dans des petits espaces délimités facilement accessibles. A chacun de les organiser selon ses envies, en plantant un seul légume par carré et en y inscrivant le nom de chaque espèce sur des étiquettes en ardoise.  Le modèle surélevé (ou suspendu) est également une bonne option, notamment pour tous ceux souffrant de mal de dos. Bien que disponible en plessis, aluminium, résine et acier, le potager carré dans sa version originale en bois est facilement constructible. Avis à tous les bricoleurs confinés en quête d’occupation !

potager maison Istanbul

 

Malheureusement, le potager en carré a ce désavantage qu’il est très consommateur en sacs de terreau.. Sur ce point, n’hésitez pas à consulter les nombreux conseils disponibles en ligne sur la culture dite  « en lasagnes ». Par une succession de couches cumulées de bois, compost, feuillages etc., seule une dernière couche de terreau se révèle alors utile. 

potager maison Turquie

 

Pour le choix des légumes et fruits à planter, vous restez décisionnaires, même si certains se prêtent mieux à la culture en petites surfaces. Les radis, les tomates, la salade, le chou, la courgette, l’aubergine et le poivron notamment seront à planter dès le printemps et surtout faciles à faire pousser. Les plantes aromatiques (persil, romarin, thym, estragon, basilic, menthe, ciboulette) s’adaptent également très bien aux petits potagers et elles seront à planter d'avril à mai. Selon votre patience et votre budget, vous pourrez privilégier les graines à planter ou les plants prêts à mûrir. L’exposition au soleil reste l’élément déterminant à la pousse de vos végétaux et c’est pourquoi avant toute entreprise d’installation de votre potager, vous devez réfléchir à son emplacement. Enfin pour la culture de ces petites à moyennes surfaces, de petits outils s’avèrent amplement suffisants comme un transplantoire (petite truelle), un mini-râteau et une mini-serfouette (rayonnoire). 

Pour tous les chanceux qui bénéficient de plus grands espaces de culture, la tâche s’avère cependant plus épuisante et chronophage, nécessitant davantage de réflexion quant à la disposition des fruits et légumes désirés. Pour démarrer motivé(e) ce chantier, de nombreux ateliers et workshops (parfois gratuits) sont proposés par certaines jardineries et organisations. N’hésitez pas à vous renseigner. 

potager maison Istanbul

 

Pour répondre au désir d’indépendance et de plus grande connexion avec la nature, il est possible de cultiver son potager sans utiliser de répulsifs destinés à repousser certains nuisibles. Les fleurs sont de parfaits alliés pour faire face aux attaques extérieures. Par exemple, planter le souci évite les invasions de mouches blanches. Contre le mildiou (ennemi n°1 des tomates), les capucines sont une excellente solution. Ou encore, les œillets d’Inde évitent l’amoncellement  de pucerons sur nos poivrons, par exemple.  

Enfin, n’oublions pas les plus confinés d’entre nous, notamment à Istanbul, séquestrés sans terrasse ni balcon. Il est toujours possible de détenir son potager miniature dans sa cuisine grâce à la multiplication végétative (régénérescence des légumes à partir de leurs épluchures et fanes). On vous livre quelques secrets pour faire repousser facilement vos légumes sans terre. 

- salade verte : coupez un cœur de salade sur 5cm et placez-le dans un récipient avec un peu d’eau. Au bout de 15 jours, des nouvelles feuilles toutes vertes apparaîtront. Solution magique et identique pour le fenouil et le céleri. 

- poireau et oignon frais : plongez les radicelles (petits poils blancs à l’extrémité de la partie blanche) dans un grand bol rempli d’eau afin que la partie verte reprenne vie. 

- les plantes aromatiques : basilic, menthe et coriandre repoussent aisèment. Pratiquez des boutures d’environ 10 cm que vous placerez dans un verre d’eau. Faites attention à ce que le « noeud » (là où se reproduise les feuilles) soit toujours imbibé dans l’eau. Au bout de 20 jours environ, vous obtiendrez de nouveaux plants tout feuillus. 

- ail : épluchez un ail germé et mettez le dans un fond d’eau. Il retrouvera une seconde vie !  

Pour bénéficier au maxima de cet éternel recommencement, il est bien entendu conseillé de planter les racines de ces végétaux en terre. Et la liste des légumes et fruits à régénérer est encore longue, carottes, patates douces, pommes de terres, poivrons, fraises, gingembre... YouTube fourmille de vidéos démontrant l’efficacité de ces plantations. 

A vous de jouer ! 

potager autonomie alimentaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aude Ferreira

Aude Ferreira

Diplômée de la faculté de Droit Jean Monnet Paris XI, Aude est Avocate, et vit à Istanbul depuis 2017, où elle continue ses activités de consultante juridique. Par sa collaboration à Lpj Turquie, Aude concilie son intérêt pour l’écriture et pour Istanbul.
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