Tamer Kurter, né à Istanbul, a un parcours très hétéroclite. Directeur d'une agence de mannequins et chorégraphe - notamment pour le concours Best Model of the World - il est désormais le producteur d'un spectacle de magie Magic Dreams, qui aura lieu les 20 et 27 décembre à Mecidiyeköy. Il accepté de partager avec lepetitjournal.com d'Istanbul ses expériences personnelles et professionnelles ainsi que sa passion pour la ville qui l'a vu grandir.
Lepetitjournal.com d'Istanbul : Décrivez-nous votre parcours? Comment se fait-il que vous parliez aussi bien le français?
Tamer Kurter (photo IM) : Je ne sais pas si je parle bien français (rires) mais en tout cas j'ai étudié au lycée Saint-Michel, ici à Istanbul. J'ai travaillé et fait du théâtre avec des Français pendant quelque temps. Depuis quinze ans maintenant, je pratique plus l'anglais que le français car je collabore avec des Américains et des Britanniques? Je continue de voyager en France mais aussi en Belgique, dans des villes comme Paris ou Bruxelles.
Vous produisez un spectacle de magie Magic Dreams qui aura lieu les 20 et 27 décembre en Turquie. Pourquoi avoir choisi la ville d'Istanbul pour l'inaugurer?
Ah ! Je vis la moitié de l'année à Istanbul. Le mois dernier, nous avons donné une représentation en Chine. Tout s'est très bien passé mais j'avais envie de revenir dans la ville dans laquelle je suis né. J'avais contribué, il y a six ans, à l'organisation de plusieurs spectacles de magie à Istanbul. J'en suis désormais le producteur. Je souhaitais présenter un projet que j'ai élaboré du début jusqu'à la fin et je me suis dit: pourquoi ne pas choisir la ville où j'ai grandi pour le faire?
La représentation qui aura lieu au Trump Tower Theatre, à Mecidiyeköy, aura quelque chose de neuf. Nous adaptons les illusions et chorégraphies au public! Lee Alex [le magicien, ndlr] parle plusieurs langues. Le spectacle sera en anglais, en turc?
Et en français?
En français aussi, oui (sourire) ! Nous avons pensé à réunir un public exclusivement francophone et lui proposer un spectacle culturellement adapté.
Vous semblez être attaché à votre ville natale. Décrivez-nous votre soirée idéale à Istanbul?
Cela dépend de la saison de l'année. Là nous sommes en hiver, il fait nuit? J'aime bien prendre un café avec des amis, comme nous sommes en train de le faire ensemble en ce moment! Cela dépend aussi de la charge de travail que j'ai. Ces derniers temps, je suis très occupé, je travaille jusqu'à minuit pour préparer le spectacle!
Sinon? J'aime beaucoup dîner à Ni?anta??, où je vis. C'est plus simple pour moi de prendre ma veste et de sortir rejoindre des ami(e)s. Il y a de bonnes adresses ici pour dîner ou faire du shopping. J'ai vécu dans le quartier de Cihangir mais je m'en suis lassé alors je suis revenu ici [à Ni?anta??, ndlr]. J'ai retrouvé ces rues où j'ai passé mon enfance ; et puis c'est au c?ur d'Istanbul.
Qu'est-ce qui vous plaît ou vous déplaît dans cette ville?
Ça, c'est une autre question (rires) ! C'est une ville très vivante, parfois c'est trop? Mais c'est comme une addiction. J'ai quitté plusieurs fois Istanbul pour m'installer à l'étranger, six, sept, huit mois et parfois plus. J'ai vécu en Europe (Grèce, Portugal, Allemagne, Belgique, Hollande, Angleterre) et même au Japon.
Il vous arrive d'envisager de quitter définitivement Istanbul?
Des fois oui, ça m'arrive! Mais je ne parviens pas à expliquer ce qui m'y retient. Comme je vous l'ai expliqué, c'est une maladie! Je l'ai dans la peau. Quand je m'éloigne et que je reviens, j'ai le sentiment de l'avoir quittée la veille! Rien ne change. Pourtant j'aime partir, même s'il y a une partie de moi ici. Je sais que je peux m'en aller et revenir, ce n'est pas une rupture définitive.
En tant que directeur d'une agence de mannequins, trouvez-vous les femmes et les hommes turcs ?à la mode??
Si vous regardez les rues de Ni?anta??, la réponse est oui. Mais les gens ici en font parfois trop ! Dans les grandes villes comme Izmir, Antalya et une partie d'Istanbul, les personnes suivent la mode et sont même en avance. Par contre, si vous regardez toute la Turquie, c'est plutôt non.
Je trouve qu'Istanbul, à elle seule, est plus diverse que toute la Turquie. Les autres villes sont plus faciles à analyser alors qu'ici [à Istanbul, ndlr], il suffit de changer de quartier pour avoir l'impression d'être dans une ville nouvelle.
Quelles sont les bonnes adresses pour faire du shopping à Istanbul?
En réalité, je n'aime pas le shopping. Parfois j'y suis contraint alors je vais à Ni?anta?? ou à ?i?li, dans les centres commerciaux comme City's ou Cevahir qui ne me plaisent pas tellement d'ailleurs. Mais c'est très répandu alors j'y vais aussi. Le shopping, j'y consacre deux ou trois jours dans l'année! Je sors un matin en sachant exactement ce que je recherche et j'achète tout ce dont j'ai besoin.
Ce que je préfère, c'est aller dans les librairies. Trois, quatre fois par semaine je m'y rends pour acheter des livres turcs et étrangers. Pour perfectionner mon français, j'aime beaucoup relire les ?uvres d'Albert Camus.
Quels sont les indispensables à avoir dans sa garde-robe?
Les femmes ont besoin de plus de vêtements que les hommes. Pour les hommes, un pantalon noir, quelques jeans et quelques pulls suffisent. Ils peuvent aussi avoir deux ou trois chemises de couleurs différentes à mettre lors de différentes occasions. Pour les femmes, il est essentiel de disposer de vêtements à réutiliser pour plusieurs tenues. Par exemple, si elles sont invitées à une soirée chic, elles peuvent porter un foulard autour de leurs épaules et transformer leur robe en une robe de cocktail! Le lendemain, elles doivent pouvoir porter cette même robe d'une autre façon, pour aller à une réunion par exemple. Ce qui compte ce sont les accessoires!
Quels sont, au contraire, les vêtements à bannir?
Là, je n'ai pas de règles! Je crois que si vous aimez quelque chose et que cela vous met en valeur, vous pouvez le porter. Même si je travaille dans la mode, je pense qu'il n'est pas nécessaire de toujours la suivre! La mode, c'est aussi fait pour s'amuser, certaines personnes la prennent trop au sérieux. Si au bout de six mois vous vous dites ?oh je ne peux plus porter cette chose car elle est démodée? cela devient très vite ennuyeux! Je vois pleins de gens qui s'habillent à la mode mais cela ne leur va pas! Il ne faut pas! Parfois, je vais mettre une ancienne veste et on me dit aussitôt ?c'est une nouvelle mode?? mais ça ne l'est pas. C'est justement parce que je porte quelque chose de nouveau, de jamais vu qu'ils me disent cela. Cependant, il est vrai que certaines tenues sont à éviter. Les pantalons pattes d'éléphant par exemple? C'est trop exagéré!
Comment avez-vous découvert lepetitjournal.com d'Istanbul ?
Je l'ai découvert il y a des années! Un ami qui travaille pour le Consulat de France à Istanbul m'en a reparlé ces derniers temps. Je lui ai expliqué que je souhaitais réaliser un projet pour des francophones, j'avais d'ailleurs pris contacts avec des écoles françaises en Turquie. Il m'a donc orienté vers lepetitjournal.com d'Istanbul, qui rassemble énormément de Français et de francophones.
Quel est votre meilleur moment pour le lire?
Très tôt le matin en buvant mon premier café ou après minuit quand je ne veux plus travailler et me changer les idées?
Quels sujets aimeriez-vous y trouver?
Tous les journaux aujourd'hui parlent de la même chose, je ne regarde plus les informations à la télévision! Je pense qu'il faut savoir se démarquer en créant des dossiers spéciaux qui nous font sortir du quotidien. Vous savez, c'est la même chose dans le milieu de la mode. Si on crée de nouvelles tenues, ça marche mieux?
Une rubrique sur la mode peut-être?
Même si les Turcs n'ont pas un grand pouvoir d'achat, ils vont toujours essayer de suivre la mode. Cette rubrique plairait très certainement à beaucoup de monde, autant aux femmes qu'aux hommes! Je crois même que désormais, les garçons sont plus au courant des dernières tendances que les femmes. Mes assistants masculins qui ont entre 20 et 25 ans suivent la mode. Si les foulards sont à la mode, ils vont en porter!
Parlez-nous de vos prochains projets?
Il y a d'abord ce spectacle dont j'ai parlé et qui s'appelle Magic Dreams. J'ai d'autres projets pour la télévision et le théâtre. Je préfère les évènements en live que les défilés trop carrés dans lesquels je ne peux faire vivre toute ma créativité. Vous devez vous conformer aux attentes du public, notamment en Turquie. On aimerait faire ce spectacle dans d'autres villes turques : Ankara, Izmir, Bursa mais aussi en France, pourquoi pas (sourire) !
En janvier auront lieu de nouveaux défilés de mode, en mars 2015 il y a la Fashion week. J'organise bientôt un petit défilé, avec sept mannequins, qui mêlera la mode l'art et la technologie. C'est en cours?
Propos recueillis par Isma Maaz (www.lepetitjournal.com/istanbul) vendredi 12 décembre 2014
Trois représentations du Lee Alex-Magic Dreams auront lieu au Trump Tower Theatre - Mecidiyeköy, le 20 décembre à 13h00 et 15h30 et le 27 décembre à 14h00. Réservez dès maintenant vos places, cliquez-ici. Vous pouvez déjà visionner quelques extraits du spectacle, ici.
- Page Facebook de l'évènement, cliquez-ici.
- Site internet de l'artiste, cliquez-ici.



























