

Ankara a accueilli pendant trois jours les représentants de 53 collectivités territoriales turques et européennes. Ils étaient réunis autour du concept innovant de “Twinning Cafe” afin d’envisager de nouveaux projets de coopération décentralisée entre l’Europe et la Turquie.

Twinning Cafe (photo LC)
Dans le cadre du programme VABpro, axé sur la construction de capacités institutionnelles locales dans la gestion des affaires européennes, 20 provinces turques ont été sélectionnées et invitées à rencontrer 33 de leurs confrères de collectivités territoriales de pays membres de l’Union européenne. Les représentants réunis à Ankara ont eu l’occasion de discuter pendant les trois jours de la conférence de possibles coopérations sur des sujets aussi variés que l'environnement, la gestion des déchets, les énergies renouvelables, le tourisme ou la culture.
Echanger des expériences
Les participants ont été accueillis lundi matin par les discours de plusieurs représentants de l'Etat turc et de l'UE. Parmi eux, le ministre des Affaires européennes turc, Mevlüt Çavuşoğlu, a souligné l'importance d'une telle rencontre pour le processus d'adhésion à l'UE de la Turquie. Le chargé d'affaires à la délégation de l'Union européenne en Turquie, Béla Szombati, a joint sa voix à celle du ministre en mettant en valeur les progrès qui “en dépit des événements récents” ont été réalisés par la Turquie au cours de l'année 2013. Les orateurs ont rapporté l'importance des échanges d'expériences entre collectivités territoriales turques et européennes dans le cadre de la transposition des acquis communautaires.
Les représentants ont par la suite étaient invités à prendre part à une plateforme de discussion innovante : les Twinning Cafés.
30 minutes pour envisager des partenariats
Sous une véranda vitrée où la disposition des tables rappelait celle d’une terrasse de café, les équipes de participants se sont rencontrées selon un programme établi en fonction des préférences thématiques des collectivités. Les rencontres se sont déroulées tout au long de l'après-midi du 14 avril et de la journée du 15 avril en 12 sessions d'une demi-heure. Chaque équipe de représentants disposait d'une quinzaine de minut
A la recherche du partenaire de coopération décentralisée idéal, des couples éphémères plus ou moins inattendus ont eu l'occasion de se former. Hatay et Ljubljana (Slovénie) se sont retrouvés pour discuter de logistique et d'éco-tourisme tandis que Mardin et Budapest s'entretenaient d'agriculture. Les discussions n'étant pas limitées aux rencontres inscrites à l'agenda officiel, les discussions se sont poursuivies dans le hall d’exposition.
Selon le représentant du district Barking and Dagenham de Londres, Ieman Barmaki (photo de droite, LC), ce genre de rencontres offre une "réelle chance d’établir une bonne compréhension de l’action des autres acteurs’’. Néanmoins, celui-ci s’est montré sceptique sur la possibilité d’établir un projet de coopération avec une province turque sur l’énergie renouvelable, thématique de prédilection de sa collectivité. ‘’Beaucoup de provinces ont un intérêt pour l’éco-tourisme mais seules quelques-unes pour l’énergie et ils ne parlent pour le moment que d’énergie solaire’’ a-t-il expliqué.
Deux collectivités françaises représentées

Karl Tourais et M. Pierre-Henri Bernard : représentants de la région Picardie (photo LC)
Le 15 avril, une déclaration d'intention a été signée entre les deux collectivités. Cette entente devrait déboucher sur des visites bilatérales afin de concrétiser la mise en place de projets de coopération. La délégation d’Antalya devrait ainsi visiter Amiens cet été. Ces déplacements seront financés par les fonds du projet VABpro.
Contraste avec la lenteur des négociations d’adhésion
La chef d'équipe du programme VABpro, Esra LaGro, s'est déclarée heureuse de l'accueil réservé aux Twinning Café. “A la première rencontre, il y avait quelques doutes quant à la manière de procéder mais la suite s'est très bien déroulée.” a-t-elle ajouté. Elle a également pu observer que de manière générale “les provinces turques étaient plus volontaires et mieux préparées”. Face aux représentants des collectivités territoriales des pays membres de l’UE, des membres des gouvernorats des provinces turques, représentants territorial de l’Etat central, étaient présents à la conférence et avaient été sélectionnés par le ministère.
Cette rencontre, qui s’est clôturée sur le succès de 19 signatures de déclarations d’intentions de coopération entre collectivités européennes et turques, semble trancher avec la lenteur des négociations d’adhésion. Esra LaGro y voit au contraire une complémentarité dans un processus qui dépasse le cadre du programme VABpro. “La Turquie a besoin de diplomatie publique pour se faire connaitre, au-delà des préjugés, auprès de ses homologues européens. Beaucoup de gouvernements européens ont soumis l’adhésion de la Turquie à un référendum. La diplomatie publique est donc nécessaire pour l’adhésion.’’
Lauranne Callet (www.lepetitjournal.com/istanbul) jeudi 17 avril 2014





























