

Plus de 48 millions d'électeurs turcs seront appelés le 29 mars prochain à renouveler 3.220 conseils municipaux en même temps que quelque 53.000 sièges de ?muhtar', chefs de quartier élus dotés de responsabilités limitées - et la plupart du temps apolitiques
Les grandes perdantes du scrutin du 29 mars prochain sont déjà connues : ce sont les femmes, qui ne devraient pas dépasser le taux de représentation qu'elles avaient dans les instances électives régionales lors de la précédente consultation, en 2004? A peine 1% des élus locaux sont des femmes, alors que celles-ci représentent peu ou prou la moitié de l'électorat;c'est dire si les administrées de Turquie doivent se sentir entendues et comprises par leurs édiles ! A la Grande Assemblée Nationale de Turquie, leur présence est à peine plus remarquable : elles ne comptent que pour 4% des députés, et le gouvernement n'a qu'une Ministre de la Femme et de la Famille (sic) pour sauver l'honneur?
Une campagne plus que vive ?
Mais cet aspect de la vie politique turque ne fait guère débat dans la campagne qui bat son plein, marquée par de vives joutes oratoires et des duels ? par médias interposés, s'entend ! ? qui se terminent parfois devant les tribunaux. A ce petit jeu, le parti au pouvoir (Parti de la Justice et du Développement, AKP) et la principale formation d'opposition (parti républicain du Peuple, CHP) sont à égalité : 1-1? Ce score, c'est celui des vice-présidents qui ont dû, dans chaque camp, démissionner de leur fonction pour s'expliquer en Justice de certaines allégations de corruption, abus de biens sociaux ou de pouvoir à des fins vénales. Les états-majors des deux grandes formations politiques se livrent donc une guerre sans merci pour avoir le dessus, même si les grands équilibres ne semblent pas devoir changer beaucoup.

Tous les sondages annoncent en effet un statu quo dans les principales municipalités du pays, à savoir : Istanbul et Ankara, gérées depuis 3 mandats (15 ans) par la même famille politique religieuse, restent promises à l'AKP;Izmir, véritable ?citadelle' du CHP, restera fidèle à sa réputation de ?ville mécréante', ancrée dans la social démocratie;et Diyarbakir, capitale du sud-est à majorité kurde, est quasi certaine de rester le fief du parti du Peuple démocratique (DTP, pro-kurde), malgré les efforts très visibles du parti au pouvoir pour s'imposer dans une région atypique, et toujours méfiante vis-à-vis du pouvoir central. Sans bouleversement annoncé donc, cette élection devrait cependant confirmer une baisse de la confiance des électeurs envers l'AKP, que ce soit à Istanbul ou à Ankara ainsi qu'au niveau national;une tendance dessinée par les différentes enquêtes d'opinion et qui restent à confirmer dans les urnes, le 29 mars.
Jérôme Bastion (www.lepetitjournal.com Istanbul). Mardi 10 mars 2009.




























