

Les sénateurs français ont voté lundi 23 janvier une proposition de loi UMP punissant d'un an de prison et de 45.000 euros d'amende ceux qui ?contestent ou minimisent de façon outrancière l'existence d'un ou plusieurs crimes de génocide reconnus comme tels par la loi?, dont le génocide arménien, reconnu en 2001 au Parlement français. LePetitJournal.com d'Istanbul a voulu savoir ce que les Français vivant en France pensaient de cette loi, il est allé à la rencontre des habitants de Caen afin de recueillir les impressions des passants
Jacques D., retraité :"Cette loi est une honte nationale. De quel droit les parlementaires français se sont pris pour des historiens? C'est encore trop récent, et puis ce n'était pas la Turquie mais l'Etat Ottoman. J'ai des connaissances turques et ils ne comprennent pas comment la France, leur pays de c?ur maintenant, a pu prendre une telle loi. C'est tout à fait en dehors de leurs compétences. Et puis avec le chômage, le logement et la crise, on a suffisamment de problèmes en France pour ne pas en avoir davantage avec un pays qui devient très important sur la scène internationale. "
Agnès L., pharmacienne : " En soi, je ne suis pas contre cette loi. Punir la négation d'un génocide, je suis d'accord. Je ne vois pas pourquoi en revanche on en entend autant parler dans les journaux. Une loi similaire envers la négation du génocide juif avait déjà été votée, punissant la négation du génocide. Maintenant, c'est pareil pour tous les génocides. Après, savoir si c'était un calcul politique de Sarkozy ou non, peut-être, je ne sais pas."

Marie D., trentenaire : "Je ne suis ni pour, ni contre. D'un côté, je ne comprends pas vraiment pour quelle raison la France se permet de s'occuper des affaires d'un autre pays. Mais je ne saisis pas vraiment pourquoi la Turquie refuse de reconnaître le génocide. Il y a eu un génocide et les autorités turques doivent le reconnaître. "

Marie, kinésithérapeute (photo de droite) : " Je suis assez étonnée par la proposition de loi approuvée en France : la question du génocide arménien est de nature historique et par ailleurs très complexe et je ne suis vraiment pas sure qu'il appartienne au Parlement français d'intervenir en la matière. Car j'ai l'impression que le gouvernement utilise cette loi pour gagner des points avant la présidentielle."
Martin S., étudiant en droit : " La France n'a pas à se mêler aux affaires internes de la Turquie. C'est d'abord au gouvernement turc de reconnaître le génocide arménien car les historiens ont dit que c'en était un. C'est uniquement une loi à vision uniquement électorale. Monsieur Sarkozy avait promis cette loi pour son quinquennat et là, comme les élections présidentielles se tiennent dans trois mois, alors il presse le Parlement de voter la loi. Après, je trouve cela vraiment disproportionné que la Turquie réagisse comme ça en proposant des sanctions aussi importantes."

Benoît, 50 ans (photo) : " Je pense que, la priorité des députés et des sénateurs français aujourd'hui est de trouver des solutions pour faire grandir la France. Et donc passer du temps aujourd'hui sur une loi qui n'a rien à voir avec la réalité française du moment est déjà une mauvaise idée. La réaction des autorités turques est proportionnelle à l'incongruité de la loi. "
Propos recueillis par Gabrielle Steiblen (www.lepetitjournal.com/istanbul) mardi 31 janvier 2012



























