

La Turquie est le 7e pays le plus visité au monde. Il est aussi l’un des plus mauvais en langues étrangères.* Un paradoxe problématique mais qui suscite des initiatives. De nombreux projets visant à améliorer la pratique de l’anglais ou de l’arabe voient le jour.

Une compagnie d'assurances s'adresse aux touristes dans un anglais pour le moins approximatif. (crédit: Burçak Cubukçu)
Tous les projets sont donc bons pour stimuler ce secteur et parmi eux, ceux qui concernent l’apprentissage des langues étrangères. TUTAP, Plateforme de publicité et de tourisme de la Turquie, prépare actuellement un site internet en anglais, qui devrait regrouper et détailler toutes les informations touristiques sur le pays. Universités, hôtels, centres commerciaux, agences de tourisme, palais nationaux, sites historiques et autres lieux de visite seront répertoriés. La plateforme devrait voir le jour d’ici la fin de l’année. Le ministère de la Culture et du Tourisme a récemment développé un projet similaire en langues arabe, turque et anglaise afin d’encourager, entre autres, la fréquentation des visiteurs arabes, en pleine explosion.
Dans les taxis, à l’hôpital
Parce que le premier contact avec la Turquie se passe souvent dans un taxi à l’aéroport, l’association des chauffeurs de taxi d’Istanbul (ITO) propose depuis peu des cours d’anglais à ses membres. Sur la base du volontariat, les chauffeurs participent à des formations de dix semaines. Le but étant d’améliorer l’accueil des touristes et la promotion du pays, le président de l’ITO, Yahya Uğur, espère qu’à terme cette formation deviendra obligatoire.
En cas de souci de santé, l’incompréhension avec le personnel médical est parfois problématique. Le ministère de la Santé emploie désormais des traducteurs au bout des lignes d'urgence. Il suffit de composer le 112 pour une ambulance et le 184 pour de simples informations. Les appels sont acheminés vers un médecin et un traducteur en simultané. Si vous êtes déjà hospitalisé, il suffit de composer le 444 47 28 pour joindre un traducteur.
Des imams anglophones
Autre lieu, mêmes enjeux : près de 20.000 personnes visitent les mosquées d’Istanbul chaque jour. Les imams sont donc invités à apprendre l’anglais. La Direction des affaires religieuses et la municipalité de Fatih mettent à la disposition des imams des cours de langue anglaise. De même, 250 postes de "guides touristiques religieux” dans les mosquées d’Istanbul devraient être ouverts prochainement. Le but ? Expliquer la religion musulmane aux touristes et rendre intelligibles les sermons des imams.
La sécurité reste un important secteur à développer. Les touristes se retrouvent souvent face à des agents qui ne comprennent pas leurs plaintes et ne peuvent intervenir. Dans les médias, des utilisateurs se plaignent du peu de compétences linguistiques des interlocuteurs du 155, le numéro de police secours.
Vous avez vécu des expériences de communication, positives ou négatives, en tant que touriste ou résidant étranger en Turquie ? Partagez-les en commentaires ou en nous envoyant un email…
Lola Monset (http://www.lepetitjournal.com/istanbul) mardi 22 janvier 2013



















