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La nouvelle chanson de Tarkan fait le buzz en Turquie 

Par Lepetitjournal Istanbul | Publié le 20/02/2022 à 08:35 | Mis à jour le 20/02/2022 à 19:04
Photo : Copie d'écran du clip de "Geççek"
Tarkan Geççek

Le chanteur Tarkan est l’auteur d’une nouvelle chanson "Geççek" (contraction de "geçecek" : "ça passera"), largement comprise comme une chanson de protestation contre le pouvoir turc. 

Cela faisait déjà plusieurs jours que la superstar annonçait l’arrivée de sa nouvelle chanson sur son compte Twitter. Depuis la sortie de "Geççek" jeudi 17 février à 21h00, le clip a été regardé plus de 10 millions de fois sur le compte YouTube de l’artiste, et la chanson est devenue virale sur les réseaux sociaux. 

Selon une information révélée par le quotidien Sözcü, dans la nuit de vendredi à samedi, "Geççek" était la 2e vidéo la plus vue dans le monde.

 

 

Le clip commence par un "cliché" du quotidien éreintant de nombreux Turcs dans une Istanbul polluée : trafic, transports en commun bondés, réunions interminables de télétravail… Puis Tarkan, jouant le rôle d’un hacker, hacke les écrans de la ville et de ses habitants, où il apparaît, avec des mots porteurs d’espoir, promettant la fin des "souffrances".

Les paroles du refrain (traduction de Ragıp Duran) : 

"Ça ira ça ira, cela aussi passera 

Tu verras, le jour de l’espoir viendra

Oh là là ce jour là, nous danserons cymbales aux mains

Crois moi ces jours fleuris sont très proches

Il ira comme il est venu 

Tout a une fin, la souffrance aussi

Oh là là ce jour là, nous danserons cymbales aux mains

Crois moi ces jours fleuris sont très proches

(Paroles à retrouver en cliquant ICI)

Pandémie ou politique ? Des avis partagés 

Si les opposants au régime ont vu la chanson comme une protestation contre le gouvernement au pouvoir en Turquie, les paroles peuvent aussi s’interpréter comme la fin prochaine de la pandémie de Covid-19. 

Tarkan a déclaré avoir écrit cette chanson il y a un an, alors qu'il "vivait des moments dépressifs en raison de la pandémie et de la trajectoire inquiétante de l'humanité". "Je pensais que, peut-être, cette chanson nous consolerait un peu, nous donnerait le moral et de l'espoir", a-t-il déclaré.

Cependant, dès jeudi soir, les réseaux sociaux se sont enflammés, soulignant la nature politique de la chanson, en lien notamment avec la crise économique que traverse le pays depuis plusieurs mois. 

Des politiciens, à l’instar de Meral Aksener, la cheffe du parti IYI (Bon) ont, semble-t-il, instrumentalisé la chanson à des fins politiques.

 

Tweet : "le pire est passé #onyestpresque" (citant directement des paroles de la chanson).  

 

Des personnalités proches du gouvernement ont vivement critiqué la chanson, comme le chroniqueur Murat Özer (du journal Dirilis Postasi, réputé proche de l’AKP), qui a déclaré lors d'une émission sur TV100, que la chanson avait été "commandée" par le CHP (Parti républicain du peuple), le principal parti d'opposition. 

"Les paroles écrites depuis la Pennsylvanie n'ont aucun sens !", a tweeté Hacı Yakışıklı, le représentant du quotidien Yeni Akit (réputé islamiste) à Ankara, faisant référence à Fethullah Gülen, le prédicateur islamique basé aux États-Unis, et dont le mouvement est soupçonné d'avoir orchestré la tentative de coup d'État du 15 juillet 2016. Plusieurs anciens tweets d’Hacı Yakışıklı datant de 2013, alors qu’il soutenait Gülen et son mouvement à l’époque, ont ensuite été repartagés sur Twitter.

 

 

Le pianiste Fazil Say a partagé une note sur son compte Instagram, dans laquelle il déclare : "La mégastar de la musique pop a exprimé au mieux son ressenti à son pays et à son peuple. Nous devons préparer un avenir plein d'espoir à nos millions de jeunes. On ne lâche pas".

 

Fazil say Tarkan geççek

 

 

Enfin, le célèbre comédien Şahan Gökbakar a pour sa part déclaré sur Twitter que chacun peut interpréter la chanson à sa manière : "Cette chanson est ce que vous ressentez. Ne remettez pas en question les sentiments et les intentions de l'artiste, mais concentrez-vous plutôt sur ce que vous ressentez, appréciez. C’est ça l'art."

 

 

Chacun se fera donc son avis, mais ce qui est sûr, c’est que l’artiste devenu mondialement populaire en 1997 avec son hit "Şımarık" ("gâté"), revient après quelques années d’absence sur la scène musicale, et frappe fort avec ce nouveau titre "Geççek". 

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Albane Akyuz

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