


Après plusieurs reports, c’est fait. Hier à Ankara, le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, et les dirigeants de quatre pays européens, ont paraphé le projet de gazoduc Nabucco. Un projet qui devrait réduire la dépendance énergétique de l’Europe vis-à-vis de la Russie. La Turquie avance avec cette signature un pion non-négligeable concernant sa candidature à l’Union Européenne (UE)
Moment capital pour la Turquie que cette signature du projet de gazoduc européen. Un aboutissement surtout après des reports notamment dus à des exigences turques (15% du gaz transporté) jugées excessives par les autres parties prenantes. Avec l’Autriche, la Hongrie, la Roumanie et la Bulgarie, le gouvernement turc s’est engagé hier dans un projet évalué à 7,9 milliards d’euros, et dont les travaux devraient s’achever à l’horizon 2014. Mais M. Erdogan n’est pas dupe, « le travail n'est pas terminé avec la signature, au contraire, il commence ».
Avec le projet Nabucco, ce ne sont pas moins de 31 milliards de m3 par an qui pourront être acheminés d’Asie centrale vers l’Europe, via les pays européens de l’Est et donc la Turquie, au cœur du projet. Un moyen d’inverser une dépendance européenne gênante en cas de conflits avec la Russie. Ce pays approvisionne à ce jour un quart des besoins européens en gaz naturel. Reste les incertitudes quant aux pays prêts à participer au projet.
Nabucco comme une relance de l’adhésion turque à l’UE
L’Azerbaïdjan s’est déjà fait connaître et devrait être un des principaux fournisseurs. Mais ses ressources seront insuffisantes pour utiliser le gazoduc à plein régime. Le Turkménistan a apporté son soutien au projet vendredi dernier. Pour le reste, des réponses du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan sont attendues tandis que l’Irak y est allé de sa proposition. Des candidatures d’autant plus importantes que le projet Nabucco est en concurrence avec un autre, développé par le groupe russe Gazprom et l’italien ENI, du nom de South Stream, qui doit relier la Russie à la Bulgarie par la Mer Noire.
En attendant, le Premier ministre turc l’affirme, ce projet pourra d’abord fournir « du gaz à la Turquie en cas de crise », mais démontre également que la Turquie « doit être un membre de l’Union Européenne ». Le Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso a simplement confirmé que l’aboutissement d’un tel projet vers une plus grande sécurité énergétique en Europe, « pourrait aboutir à une nouvelle ère dans les relations la Turquie et l’UE, et au-delà ». Alors que tous les chapitres nécessaires pour une adhésion de la Turquie à l’UE ne sont pas encore ouverts, M. Erdogan vient peut-être de sortir une de ses plus belles cartes.
(Source : AFP)
Adrien Godet (www.lepetitjournal.com / Istanbul), mardi 14 juillet 2009



























