Une attaque perpétrée aux premières heures de 2017, dans une boite de nuit très fréquentée d’Istanbul, a endeuillé les célébrations du Nouvel An et a fait au moins 39 morts – dont une Franco-tunisienne - et 65 blessés. Tandis que les réactions internationales affluent, l’assaillant est toujours activement recherché.
Il était 1h15, hier, quand un assaillant armé d’un fusil d’assaut a ouvert le feu devant l’entrée de la discothèque Reina, dans le quartier d’Ortaköy, avant de pénétrer dans la boite de nuit et de tirer au hasard sur la foule. "D’une façon sauvage et impitoyable, il a mitraillé des personnes qui étaient simplement venues célébrer le Nouvel An", a déploré Vasip Şahin, le gouverneur de la ville. Le tireur était toujours recherché par la police dimanche. Le Premier ministre turc, Binali Yıldırım, a démenti des témoignages selon lesquels l’assaillant aurait été déguisé en Père Noël.
Selon le ministre de l’intérieur turc, Süleyman Soylu, au moins 39 personnes ont été tuées -dont 24 étrangers et 11 Turcs- et 65 autres ont été blessées. Au moins une Française figure parmi les victimes. "C’est avec une immense tristesse que je confirme le décès d’une ressortissante française, également de nationalité tunisienne, a indiqué le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault. Son époux, de nationalité tunisienne, est également décédé." Trois autres Français ont été blessés. La Belgique a aussi signalé le décès d’un de ses citoyens possédant la double nationalité belge et turque. Toutes les victimes n’avaient pas encore été identifiées dimanche.
Le Reina - haut-lieu de la vie nocturne stambouliote très prisé de la jeune branchée, des célébrités et des touristes étrangers - se trouve à quelques centaines de mètres de l’endroit où avaient eu lieu les célébrations officielles du Nouvel an. Le club accueillait au moins 700 personnes le soir du réveillon. Les médias turcs ont indiqué que plusieurs d’entre elles ont plongé dans les eaux froides du Bosphore pour échapper aux coups de feu.
17.000 policiers avaient été déployés pour les célébrations du Nouvel An
Dans un communiqué, hier matin, le président turc Recep Tayyip Erdoğan a dénoncé une attaque visant à "semer le chaos" en Turquie. "Ils œuvrent pour détruire le moral du pays et semer le chaos en ciblant des civils avec de telles attaques haineuses", a-t-il ajouté.
De nombreux diplomates internationaux ont affiché leur soutien au pays touché une nouvelle fois par le terrorisme. Jean-Marc Ayrault s’est dit "de tout cœur avec la Turquie terriblement frappée en cette nuit symbolique". Français Hollande, dans un communiqué publié par l’Elysée, a condamné l’attaque et a ajouté : "La France exprime sa solidarité avec la Turquie dans cette épreuve et poursuivra impitoyablement la lutte contre ce fléau avec ses alliés." Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a également déploré le "début [d’année] 2017 tragique à Istanbul". "2017 débute avec une attaque à Istanbul. Nos pensées vont aux victimes et à leurs proches. Nous continuons de travailler pour empêcher ces tragédies", a déclaré la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini.
17.000 policiers avaient été déployés à Istanbul pour encadrer les célébrations du Nouvel An, après une année 2016 sanglante. La Turquie a été touchée à de multiple reprises par des attaques terroristes. Le 10 décembre, un double-attentat a frappé à proximité du stade Vodafone Arena de Beşiktaş, faisant 44 morts et une centaine de blessés. L’attaque, qui visait essentiellement les forces de l’ordre, avait été revendiquée par les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK), un groupe armé proche du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Hier, le PKK a déclaré sur Twitter n’avoir rien avoir avec le dernier attentat, qui n’a pour l’heure, toujours pas été revendiqué.
Istanbul (http://lepetitjournal.com/istanbul) lundi 2 janvier 2017





























