

Le flûtiste franco-suisse Emmanuel Pahud était à Istanbul mardi dernier 24 janvier à l'occasion du deuxième concert de sa tournée européenne. A l'issue du concert, Emmanuel Pahud a répondu aux questions de lepetitjournal.com d'Istanbul.
Membre de l'Orchestre philharmonique de Berlin depuis 1993, Emmanuel Pahud compte parmi les plus grands solistes de sa génération, abordant un répertoire très large, de la musique baroque à la musique contemporaine. Pour son concert stambouliote, il a interprété des concertos de Mozart et de François Devienne, au cours desquels le flûtiste virtuose n'a pas trahi sa réputation, au plus grand plaisir du public, conquis par sa prestation. Il était accompagné par le Kammerakademie Potsdam, dirigé à cette occasion par le chef britannique Trevor Pinock.
Une belle opportunité d'écouter de la musique classique au plus haut niveau mondial à Istanbul et également de découvrir une face cachée du quartier d'affaires de Levent : l'auditorium ?? Sanat se trouve en plein c?ur de ce quartier dans la tour de la banque turque ?? Bankas?.
lepetijournal.com d'Istanbul (photo © I? Sanat): Vous avez grandi dans de nombreuses villes différentes et vous aimez beaucoup voyager. Ce n'est pas la première fois que vous venez à Istanbul. C'est une ville que vous appréciez ?
Oui. C'est une ville où, même si on arrive sans amis, sans connaître personne, sans collaborateurs, la culture de l'accueil fait qu'il y a toujours un geste. Et on se remet donc toujours très vite des heures de vol? J'adore, quand je viens à Istanbul, prendre le ferry et traverser le Bosphore pour aller d'un coté à l'autre. J'aime aussi faire un tour au palais de Topkap?, à la mosquée Sainte-Sophie, au grand bazar. Bien sûr, ce sont des endroits très connus, mais qui sont pour moi inspirants, puisqu'ils sont des témoins de ce que peut être la grandeur de l'esprit humain et d'une civilisation à son apogée, dans différentes périodes. C'est quelque chose de formidable ! J'ai notamment grandi à Rome, où on trouve aussi énormément de ce genre de témoignages. Voilà pourquoi je suis sensible à ces émotions maintenant.
Comment s'est passé le concert ?
Très bien ! Le public stambouliote est toujours très fervent ; féru de musique classique. La I? Bank a une série formidable avec un public très fidèle depuis des décennies maintenant. Selon les années et la situation économique, l'engouement ou le nombre de concerts a pu varier. Mais je fais partie des invités réguliers depuis une quinzaine d'années ici, dans différentes formations. Nous avons fait des projets jazz, des récitals flûte et piano, ou avec orchestre ? c'était la troisième fois ce soir. C'est un rapport très privilégié que nous avons.
Vous avez joué ce soir avec un petit orchestre classique, une formation entre l'orchestre de chambre et le grand orchestre symphonique. Pourquoi ce choix ?
C'est un type d'orchestre qui permet d'aborder la période de l'âge d'or du concerto pour flûte que ce soit à la cour de Fréderic le Grand ou en Italie à l'époque de Vivaldi jusqu'à l'époque de Mozart et même Paris au moment de la Révolution. Prenez François Devienne : il était lui-même flûtiste et organisateur de concerts. C'était les premiers concerts ?républicains?, bourgeois, ouverts à qui pouvait acheter un billet ou était membre d'une société de mélomanes. C'était une façon de faire sortir la musique instrumentale dite ?savante? des salons, des châteaux ou du rôle de prétexte comme avec les ballets ou la musique militaire. Pour ce nouveau rôle, la flûte a joué un rôle important, et les virtuoses de la flûte comme Devienne étaient donc nombreux. Ensuite, la flûte s'est développée mais sans se réinventer, alors qu'arrivaient la clarinette, le piano, le cor, les instruments à cordes avec de nouveaux archets. C'est pour cela qu'au cours du XIXème siècle, le répertoire s'est petit à petit réduit à une musique de salon. Il a fallu attendre la flûte Boehm, la flûte moderne que je joue aujourd'hui, qui est acoustiquement beaucoup plus souple, beaucoup plus expressive, qui permet beaucoup plus de dynamique, pour que les possibilités se renouvellent.
Propos recueillis par Benoît Jacquemet (http://lepetitjournal.com/istanbul) mercredi 1er février 2017
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Pour écouter ou télécharger le dernier album d'Emmanuel Pahud : https://wmgartists.com/lp1/8099/cpe-bach-flute-concertos-emmanuel-pahud





























