

Chantal et Jacques Périn, infatigables voyageurs dans l'Istanbul d'hier et d'aujourd'hui, reviennent chaque mardi avec une nouvelle série d'articles. Ils nous emmènent aujourd'hui visiter la mosquée du Sultan Selim 1er et, à la fin de l'article, vous proposent la traditionnelle photo mystère.
La mosquée du Sultan Selim 1er (hier)
Qui était Selim 1er, connu également sous le nom de Yavuz (le Terrible)?
Fils de Bayezid II (le Juste) et de la Sultane Gülbahar, il se fit rapidement remarquer par un despotisme et une cruauté qui lui fit successivement empoisonner son père, assassiner tous ses frères et ses neveux et décapiter huit des grands vizirs. Moyen radical pour éviter la concurrence.
En avril 1512, il devient le 9ème sultan ottoman et épouse Ay?e Hafsa Sultane, qui lui donne quatre filles et un garçon, Süleyman, qui sera le commanditaire de l'édifice.
Photographes Abdullah Frères (circa 1893)
Très attaché aux Janissaires, il en adopte parfois la tenue et veille à ce qu'ils lui soient totalement dévoués.
Particulièrement méfiant et rusé, il organise un très efficace réseau d'espionnage qui lui rapporte tout ce qui se passe, non seulement dans le pays mais également dans les pays voisins.
Lorsque Selim Yavuz meurt en 1520, à l'âge de cinquante ans, il laisse à son fils le futur Süleyman Kanuni, un empire en pleine expansion qui s'étend sur l'Europe, l'Asie et l'Afrique.
Soucieux d'entretenir la mémoire de son père, Süleyman commande à l'architecte Sinan la construction d'une mosquée et d'un complexe religieux à la mémoire du défunt.
Erigée en deux ans (1520-1522), elle domine du haut de la cinquième colline d'Istanbul le quartier de Fener et offre de sa terrasse une vue exceptionnelle sur la Corne d'or.

Endommagé à plusieurs reprises par des incendies et des tremblements de terre, il ne reste aujourd'hui du complexe que la mosquée, les fontaines et les mausolées. Tous les autres bâtiments tels les écoles, hammams, bibliothèques et soupes populaires ont disparu.
Photo J.P. (2013)
Initialement construite sur le site de l'ancien palais byzantin de Bonos, général et proche collaborateur de l'empereur Héraclius, la mosquée surplombe une des trois plus grandes citernes à ciel ouvert de la ville.
Creusée en 459, elle était déjà désaffectée à l'époque byzantine et de nombreuses constructions en bois occupaient ce qu'à l'époque on appelait le ??Jardin sec''.
Aujourd'hui, ce vaste terrain de 152 mètres de côté, profond de 8 mètres offre ses 23.000 m2 à un parking, des terrains de sport et un joli jardin fleuri très appréciés des habitants du quartier.
Jacques et Chantal Périn (www.lepetitjournal.com/istanbul) mardi 11 février 2014
LA PHOTO DE LA SEMAINE - Connaissez-vous bien votre ville?
![]() => Où se trouvent cette statue animalière? Réponse à la dernière photo mystère : Sous les rosiers... Dans un précédent article de cette même rubrique, nous avions présenté la Soléa de l'église dédiée à Saint-Etienne des Bulgares, édifice entièrement construit en fonte sous le sultanat d'Abdül-Hamid II. Aujourd'hui, faisons une halte dans le jardin et plus particulièrement dans la partie qui conduit à l'entrée de l'église. Sous les rosiers, c'est là que se trouvent les sépultures des militants et religieux bulgares Ilarion Makariopolski, Avxenti Velechki, Melati Velechki et Paissï Plovdivski. "Memento quia pulvis es" |
Retrouvez ici notre interview des auteurs de cette chronique. Jacques et Chantal Périn ont aussi créé un site en hommage à la Turquie: Turquieaimée




















