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!F ISTANBUL – Holy Motors ouvre le bal

Écrit par Lepetitjournal Istanbul
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 18 février 2013

 

C'est dans une salle de cinéma du centre commercial Kanyon que le festival du film indépendant I! Istanbul a ouvert ses portes au public le 13 février. Les heureux élus ont pu découvrir le dernier long métrage de Leos Carax, Holy Motors. Le réalisateur a fait le déplacement à Istanbul et a répondu aux questions de la presse vendredi dernier au Palais de France.

Quoi de mieux pour commencer cette 12ème saison du cinéma indépendant que la projection du film le plus déroutant de l'année 2012 ? Holy Motors, encensé par la critique, était passé tout près de la Palme d'Or en mai dernier. Après 13 ans d'absence, Leos Carax revient avec une bombe.

?Mes deux derniers films étaient aussi séparés l'un de l'autre par une longue période. Quand je fais un nouveau film, je ne suis pas la même personne que pour le film précédent. Des choses se sont passées ? explique le réalisateur pour justifier ce long silence. Il est de retour, n'en déplaise aux détracteurs. ?Pour moi le film est simple, même les enfants peuvent le comprendre. Il faut simplement avoir la patience de passer les vingt premières minutes? commente-t-il encore.

Leos Carax en conférence de presse au Palais de France (photo LM)

Le réalisateur embarque le spectateur à bord d'une limousine blanche. Nous suivons la vie de M. Oscar (Denis Lavant) pendant 24 heures. Une journée pendant laquelle le personnage principal va jouer différents rôles, se transformer, se déguiser. A chaque ?rendez-vous?, comme les nomme Céline, son chauffeur de taxi (Edith Scott), M. Oscar enfile un nouveau costume. On le découvre en homme d'affaires, clochard, papa, voyou, vieillard et beaucoup d'autres. Leos Carax est passionné par le cinéma et il lui rend hommage. Les transformations de son personnage évoquent les contorsions de l'âme des cinéastes. ?Ce n'est pas un film sur le cinéma mais sur son langage. Le cinéma est un art jeune qui doit se réinventer tout le temps? analyse le réalisateur. Ce pouvoir de ?réinvention?, Leos Carax l'explique aussi comme une philosophie de vie. ?Ce film est né avec un sentiment de départ ?, confie-t-il, ?la fatigue d'être soi ?.

?Je me fiche des Césars?
Nominé aux Césars du meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur (Denis Lavant), meilleur scénario original et d'autres, la critique est (presque) unanime : c'est un chef d'?uvre. Après l'échec de son dernier long métrage Pola X, cette reconnaissance doit être un bol d'air frais pour le réalisateur ? ?Je me fiche des Césars? glisse-t-il. Loin du bling bling et des tapis rouges, Leos Carax est à l'image de son film, étrange et mystérieux.

Car si le monde du 7e art s'extasie sur cette production, chez les spectateurs, les avis sont plus partagés. ?Vaniteux, prétentieux,? jugent certains. Ce côté ?décalé?, recherché par le producteur, peut laisser sceptique. Le film semble s'adresser à cette classe très restreinte des artistes du monde du cinéma, classe dans laquelle l'amateur ne serait pas le bienvenu. Mais !F Istanbul, c'est aussi ça. La découverte d'un cinéma auquel nous n'aurions pas forcément accès.

Lola Monset (http://www.lepetitjournal.com/istanbullundi 18 février 2013

 

 

 

 

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Publié le 18 février 2013, mis à jour le 18 février 2013
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