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DÉCOUVERTE - Fener, d’une enclave grecque prospère à un quartier aux allures villageoises

Écrit par Lepetitjournal Istanbul
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 4 août 2015

Le plaisir de ce quartier, c'est de se perdre dans son dédale de rues qui sert de terrain de jeu aux enfants, de musarder le nez en l'air à l'affût de surprises architecturales locales, de se laisser guider par vos envies. Le charme opère au fur et à mesure que vous arpentez les rues pittoresques. Lepetitjournal.com d'Istanbul vous a concocté un circuit pour vous aider à profiter de ce quartier, sans trop vous perdre...

Une photo qui résume bien l'atmosphère du quartier (photo MER)

Fethiye Müzesi, l'un des joyaux des églises byzantines à Istanbul

Nous vous conseillons tout d'abord de prendre un taxi d'Eminönü pour rejoindre le "Fethiye Müzesi" ou "Pammakaristos Kilise". Le nôtre, digne taxi stambouliote, n'a pas trouvé... et nous a donc déposés à Kariye. L'église de Fethiye est sa contemporaine. Seule la chapelle latérale est ouverte au public, le reste du bâtiment a été reconverti en mosquée. Dès l'entrée, une fresque des trois rois mages vous accueille. Un peu plus loin à gauche, une croix rouge rappelle que cette église abritait le patriarcat grec orthodoxe jusqu'à 1587. Enfin l'abside recèle le joyau de cette église : deux très belles mosaïques sur fond d'or, représentant le Christ Pantocrator.

En contournant ensuite cette église en descendant par la gauche (ici on se repère par rapport à la Corne d'Or, donc il faut toujours descendre !), vous aurez une très belle vue du lycée grec qui domine le quartier et vous rejoindrez Ayan Sokak par Zülüflü Sokak.

De l'ancien quartier juif de Balat subsistent les ateliers d'artisans et quelques synagogues...

Descendez la rue Ayan en remontant la Corne d'Or vers le quartier de Balat, quartier où les juifs de l'Inquisition s'étaient installés et avaient importé leur savoir-faire, en particulier l'imprimerie. Au bout de cette rue, vous arrivez sur une patte d'oie que vous prendrez sur la gauche. Le mardi, cette rue abrite un marché ouvert, un des marchés les plus typiques et pittoresques d'Istanbul.

Vous y trouverez une profusion de fruits et légumes frais, les marchands viennent des campagnes environnantes, et tout se vend au détail, même le riz et les pâtes ! En vous promenant dans ce marché, guettez sur votre droite une rue parallèle, la rue des artisans, beaucoup moins fréquentée, mais pleine de charme. Des ateliers de cordonniers, miroitiers, ébénistes ont leur pas de porte grillagé sous des arches de briques. Pour prendre un çay bien mérité, vous pourrez vous reposer sur les banquettes ottomanes ou les petits tabourets de paille du Balat Antik Kafe.

Des maisons traditionnelles, rénovées ou en l'état (photo MER)

Des maisons traditionnelles colorées, aux détails pleins de charme

Flânez dans les ruelles aux alentours de la rue Ayan Sokak et de la rue Vodina Caddesi que vous prendrez à gauche (au croisement de la jolie maison sur la photo !). Le quartier a fait l'objet de réhabilitations en 2007-2008 et vous trouvez des traces de la période grecque ottomane parmi les maisonnettes colorées : les façades en saillie, les oriels, qui donnent un style architectural très local, l'encorbellement en bois ouvragé, parfois en pierres et briques et les fenêtres protégées par de belles ferronneries...

Un peu plus bas de l'autre côté de la rue, profitez en pour vous restaurer au Köfteci Arnavut (ou Mavi köse, qui est aussi le nom du quartier). Ce Köfteci, très typique avec ses tables de formica et ses vitraux, est tenu par la même famille depuis 63 ans, d'ailleurs, le père a du mal à lâcher la main..., mais la fille prend les commandes ! Enfin, en rejoignant la rive, vous verrez en face l'église Saint-Etienne des Bulgares, église étonnante car "en kit". En effet, ses pièces en fer furent construites à Vienne, transportées jusqu'à Istanbul et assemblée en 1871 sur la Corne d'Or.

Des merveilles en levant les yeux !

Une ruelle pentue couronnée par la silhouette imposante du Lycée grec

Mais ne nous éloignons pas et reprenons la rue Vodina, la rue se fait plus tranquille, entre les platanes géants, les murs croulants et les maisons traditionnelles et débouche sur une place à l'atmosphère très paisible où vous pourrez vous désaltérer au soleil au Mekteb-i Cafe. Remontez alors Sancaktar Yokusu. Le contraste entre la rue, traversée de draps suspendus entre les maisons et le lycée grec rouge sang en fond est saisissant.

Ce cliché résume à lui seul l'atmosphère du quartier, populaire et empreinte d'un passé glorieux. Vous pouvez continuer votre balade (le patriarcat grec et Kanli kilise, Sainte-Marie-des-Mongols restent à voir)...

Marie-Eve Richet (lepetitjournal.com/istanbul) mardi 4 août 2014 (rediffusion)

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Publié le 3 août 2015, mis à jour le 4 août 2015
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