

Après mes exams j'ai décidé d'aller en Iran. Ce pays frontalier m'intrigue depuis longtemps, mais n'ayant pas de visa et fuyant les difficultés bureaucratiques, j'ai préféré visiter ma chère Turquie - de laquelle je ne connaissais que peu de choses. C'est alors à la station de bus Metro et un börek au fromage à mon actif que l'aventure a commencé
On m'avait souvent parlé de Trabzon (photo ci-contre JD) et ses grands espaces, alors j'ai pris un ticket de bus, et je suis partie sans planifier. Trabzon, ville d'origine grecque fut un carrefour important lors de la route de la soie. Le centre ne regorge pas de trésors, mais la vue sur la Mer Noire et les montagnes encerclant le tout atténuent la déception. La ville est connue pour son nationalisme et son équipe de foot. De la population, je n'ai pas eu de chaleureux contacts et j'ai même été raillée par des adolescentes, pointée du doigt comme une étrangère donc fille facile, dans un dolmus me transportant du concert de Tarkan à la colocation de mes amis turcs où j'ai vécu des jours heureux.
Ma soif de découvertes m'a ensuite menée à Adiyaman, ville conservatrice de l'Est (photo ci-dessous JD), qui abrite des joyaux historiques et une population aux trois quarts kurde. J'ai visité le mont Nemrut et ses vestiges perses, anatoliens et helléniques offrant un panorama incroyable : des montagnes à perte de vue, des cascades d'eau pure, des champs dorés, de la nature pansant ma saturation stambouliote. Les locaux vivent d'agriculture et de tourisme et parlent le Kurde. Ils sont accueillants mais réservés et fiers de leurs terres. Le café kurde mêle arômes de pistache et de plantes, et réchauffent les c?urs lorsque l'hiver pointe son nez.
De cette année chatoyante, je me souviendrai du Bosphore qui donne un horizon propice aux songes. Les Turcs m'ont accueillie à bras ouverts, m'ont invitée à manger et boire du thé et se sont excusés de ne pas parler un bon anglais. La Turquie m'a beaucoup appris et je ne la remercierai jamais assez pour ce qu'elle m'a apporté et appris. Je suis heureuse d'avoir eu cette chance, et je conseille vivement la visite de ce pays.
Je remercie aussi ceux et celles qui m'ont lue, ce fut ma première expérience en matière d'écriture mais j'espère pas la dernière...
Johanna Drouet (www.lepetitjournal.com/istanbul) vendredi 22 juin 2012
Le petit mot de la responsable de l'édition : j'ai eu beaucoup de chance de rencontrer Johanna, une jeune fille pleine de talent, originale, anti-conformiste et d'une grande humanité. Je lui ai donné l'occasion de s'exprimer sur lepetitjournal.com régulièrement grâce à cette chronique qui lui allait comme un gant. Par les nombreux témoignages que j'ai reçus, je sais que sa rubrique a beaucoup plu, et qu'elle aura marqué de nombreux lecteurs et lectrices. Bon vent Johanna où que le vent te porte, et continue à écrire surtout...



























