

Rencontre avec Miguel Pereira, réalisateur argentin, àl'occasion de la sortie de son dernier film, El Destino, avec Tristan Ulloa et Carolina Roman. Des scènes émouvantes tournées dans le nord de l'Argentine, des paysages presque irréels, et l'histoire d'un peuple autochtone qui lutte pour le maintien de ses traditions et de son mode de vie, devant ce tsunami apportépar la civilisation moderne, que l'on appelle aussi "progrès".
El destino, sorti dans les salles le 3 novembre
Lepetitjournal : Quelles ont étéles conditions de tournage ?
Miguel Pereira : Le tournage a durésept semaines. La plupart des personnages que vous voyez dans le film ne sont pas des acteurs, mise àpart les quelques acteurs principaux. Tous les autres sont des natifs. C'était très facile de tourner avec les gens du village parce qu'ils n'avaient jamais vu de caméra avant. Ils ne modifiaient pas leur attitude au moment de filmer. Ils n'avaient pas conscience que la caméra prenait leur image.
LPJ : Vous semblez très attachée àcette région montagneuse et sauvage du nord de l'Argentine, Jujuy.
M.P : Oui, beaucoup. En général, les films argentins sont plutôt tournés àBuenos Aires. Les autres réalisateurs argentins ont considérécette production comme quelque chose d'un peu exotique. Je voulais montrer que l'Argentine, ce n'est pas seulement la capitale. Il existe une autre Argentine, bien différente de nos sociétés mondialisées. Le thème de l'identitéest souvent présent de manière symbolique dans mes films. Ici, il s'agit de montrer ces identités, ces lieux sont voués àdisparaître avec le progrès.
LPJ : Il y a beaucoup d'éléments féminins dans ce long-métrage, notamment le triptyque fille, mère, grand-mère. Des femmes indépendantes, courageuses. Est-ce qu'il y a une signification derrière cela ?
M.P : On dit souvent que la femme moderne est émancipée, indépendante, libre. Elle travaille, elle s'assume. Or dans le film, ces femmes autochtones sont elles aussi des femmes sûres d'elles, qui travaillent. Elles ont une autorité, tout comme les femmes modernes. Ici aussi, c'était quelque chose de symbolique que je souhaitais faire ressortir.
Propos recueillis par Gaëlle PIALOT. (www.lepetitjournal.com) 3 novembre 2006
El destino, un film de Miguel Pereira avec Tristàn Ulloa, Carolina Román, Mimi Ardú, Espagne, Argentine, 2006, 1h30


























