Édition internationale

Triez vous vos déchets correctement ?

En Inde, comme dans beaucoup de pays, il existe une grande différence entre la loi et la pratique…

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Écrit par lepetitjournal.com Bombay
Publié le 26 septembre 2026, mis à jour le 28 septembre 2026

La production de déchets en Inde

Selon les données du Central Pollution Control Board (CPCB), l’Inde avec ses 1.47 milliard d’habitants, a produit environ 67,6 millions de tonnes de déchets solides municipaux en 2023-2024. Ces déchets sont produits sur l’ensemble du territoire avec une forte disparité entre les zones rurales et zones urbaines avec une croissance du nombre de déchets produits en fonction de la taille des villes.

La quantité de déchets produite varie fortement selon le lieu de résidence. Dans les villages, elle est estimée à environ 29 kg par habitant et par an, contre près de 150 kg dans les petites villes. Dans une étude portant sur 28 villes indiennes, NITI Aayog estime la production moyenne à 142 kg par habitant et par an, mais avec une fourchette allant de 69 à 361 kg. Les grandes villes et les territoires plus touristiques figurent parmi les plus gros producteurs par habitant, certaines villes allant jusqu’à produire jusqu’à 5 fois plus de déchets que les plus petites villes.

 

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Le tri des déchets en Inde

La question est donc de savoir que faire avec l’ensemble de ces déchets. En Inde, la question des déchets est prise en charge par l’État central. Il s’agit donc d’une politique fédérale décidée par le gouvernement central plutôt que par chaque État et territoires.

Le 2 octobre 2014, Narendra Modi a ainsi lancé la mission Swachh Bharat (SBM), ou Mission pour une Inde propre. Ce grand programme national a pour but l’assainissement, l’hygiène et, progressivement, la gestion des déchets en Inde. Pour suivre les progrès officiels de la mission, cliquez ici.   

Entre 2014 et 2019, la priorité de la mission était de mettre fin à la défécation à l'air libre. Depuis 2020, elle est de maintenir le statut d’open defecation free (sans défécation à l’air libre) et de s'attaquer à la question des déchets solides et liquides.

La mission Swacch Bharat a deux volets :

  • Swachh Bharat Mission-Grameen (SBM-G) pour les zones rurales, sous la responsabilité du ministère de la Jal Shakti ;
  • Swachh Bharat Mission-Urban (SBM-U) pour les villes, sous la responsabilité du ministère du Logement et des Affaires urbaines.  

Pour cet article, nous nous concentrerons sur la mission urbaine.

Le Swachh Bharat Mission-Urban 2.0, lancé le 1er octobre 2021, vise notamment à faire des villes indiennes des villes « Garbage Free », c'est-à-dire débarrassées des déchets mal gérés.

Il comprend notamment :

  • la collecte et la gestion des déchets solides municipaux ;
  • le traitement des déchets ;
  • la réduction des déchets envoyés en décharge ;
  • la gestion des eaux usées ;
  • la réduction progressive des plastiques à usage unique ;
  • l'amélioration de la propreté des espaces publics ;
  • la sensibilisation des citoyens.

L'objectif affiché pour les villes est notamment de parvenir à un traitement  de 100 % des déchets solides municipaux.

 

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Une mission qui demande beaucoup de travail puisque l’urbanisation s’accompagne d’une augmentation des déchets.

Aujourd’hui, la prise en charge des déchets en Inde ne parvient pas à endiguer cette augmentation de la production. Selon les chiffres officiels du ministère de l’environnement, seuls 75 à 80% des déchets ménagers produits sont collectés et jusqu’à 22 à 28%  des déchets ne sont pas traités et sont placés dans des décharges à ciel ouvert.

Le Central Control Pollution Board estimait qu’en 2021, environ 50% des déchets avaient été traités, 20% placés dans des décharges et 30% n'avaient pas été pris en compte – on peut supposer qu’une partie a été valorisée par l’économie informelle et que le reste a été incinéré ou déversé dans la nature.

Les données plus récentes concernant les zones urbaines montrent une amélioration du taux de traitement : en 2025, les villes déclaraient traiter environ 129 207 tonnes sur 159 109 tonnes générées chaque jour, soit plus de 81 % des déchets. 7 783 installations de traitement des déchets solides seraient aujourd’hui en fonctionnement.

Mais là encore, il existe une forte disparité entre villes ; dans certaines le tri des déchets est connu, routinier et fonctionne pour tous. Certaines villes implémentent même un système d’amende si les déchets ne sont pas triés. C’est le cas sur Bangalore.

« Nous habitons à indiranagar et trions nos déchets : wet, dry et les couches bébés dans une poubelle séparée, les gens qui ramassent les ordures sont clairs si elles sont mal triées, ils ne prennent pas et on peut avoir une amende. On sépare aussi le carton qui est récupéré par ceux qui collectent le papier. Pour les emballages si pot de yaourt ou contenant une sauce ou un liquide on les rince. » 

«J habite Domlur chez nous il y a aussi le tri obligatoire dans le complexe où on habite. ils refusent les sachets plastiques, ils passent et vident les Bacs que l’on reprend à la maison et lavons chaque jour, ils ont dit que les sachets sont du polluant inutile »

A Thane, Karishma témoigne : ici, c’est obligatoire pour nous de trier nos déchets. Les déchets secs et les déchets provenant des fruits et des légumes et tout le plastique qui peut être recyclé, on le met séparément et c’est ramassé chaque lundi.

Dans d’autres villes, la situation est plus complexe, il y existe de fortes disparités et une forte  méconnaissance sur le tri notamment à Delhi et Mumbai.

Prenons l’exemple de Mumbai.

Dans les Lodha World Tower de Lower Parel où beaucoup d’expats vivent, Jean Pierre raconte trier ses déchets entre Dry Waste et Wet Waste. À BKC, Véronique dit faire de même mais raconte avoir dû apprendre le tri à sa maid car « car elle re-melangait tout ou se trompait de bac. Il a fallu du temps ». Par contre Jackie qui vit en ville raconte ne faire aucun tri car « quand j ai commencé a trier les hommes qui viennent avec camions d’ordure le matin vident nos boites dans les mêmes bacs dans leurs camions. Donc je ne trie pas ». À Bandra, il n’est pas rare en effet de voir tous les déchets collecter dans le même camion. Ces déchets sont normalement ensuite amenés à un centre de tri où ils sont triés par des travailleurs. Conserver des sacs différents pour les différents déchets favorise donc ce tri. Malgré ces centres, il n'est pas rare de voir des déchets jonchés les rues notamment dans les quartiers pauvres.

 

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Le 10 septembre 2026, la Haute Cour de Mumbai a déclaré à ce sujet :

«Partout, il n’y a que de la saleté. Malgré les assurances répétées à la Cour, il semble que l’appareil municipal soit totalement inactif lorsqu’il s’agit de nettoyer les rues publiques, trottoirs, etc. des détritus et du déversement non autorisé d’ordures. Nous prendrons des mesures contre les agents du BMC. Vous devez avoir une procédure opérationnelle standard appropriée. Comment pouvons-nous nous appeler Mumbai une ville internationale ? ». 

Il semble qu’il y ait encore beaucoup de travail à faire… Notamment sur l’instruction aux ménages et habitants de l’Inde.

 

Le tri obligatoire des déchets en quatre catégories

La séparation des déchets en wet waste et dry waste date de 2016. Mais depuis avril 2026, une nouvelle ségrégation des déchets est demandée aux habitants des villes.

 

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Les nouvelles règles rendent obligatoire le tri des déchets solides à la source et ce, en quatre catégories :

  • Les déchets humides : déchets de cuisine, légumes, épluchures de fruits, viande, fleurs, etc. doivent être compostés ou traités par biométhanisation dans l’installation la plus proche.
  • Les déchets secs : plastique, papier, métal, verre, bois, caoutchouc, etc. doivent être acheminés vers des centres de récupération des matériaux (Material Recovery Facilities, ou MRF) pour y être triés et recyclés.
  • Les déchets sanitaires comme les couches usagées, serviettes hygiéniques, tampons, préservatifs, etc. Ils devront être emballés de manière sécurisée et stockés séparément.
  • Les déchets nécessitant une prise en charge particulière comme les pots de peinture, ampoules, thermomètres au mercure, médicaments, doivent être collectés par des organismes agréés ou déposés dans des points de collecte dédiés.

Vous pouvez donc aider le tri des déchets en faisant une répartition en 4 sacs et surtout en indiquant clairement les déchets sanitaires pour que ceux qui les trient dans les centres de déchets n’aient pas à les toucher/ ouvrir inutilement. Vous pouvez aussi poser vos questions aux watchmen, personnels de nettoyage, society manager et les introduire aux nouvelles règles d’assainissement et de tri des déchets …

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