Lundi 20 septembre 2021

Témoignages: 21 jours de quarantaine à Hong Kong

Par Jérôme de Clarens | Publié le 01/02/2021 à 16:08 | Mis à jour le 02/02/2021 à 01:42
Photo : Jean , Didier et Pierre durant leurs 3 semaines à l'hôtel
quarantaine Hong Kong

Voici le témoignage de Chloé, Jean et Pierre qui ont passé 21 jours de quarantaine à l'hôtel à Hong Kong depuis que cette mesure est devenue obligatoire à l'entrée sur le territoire. Une expérience inédite dont les mots positivité et routine sont les mots d’ordre.

Chloé est Hongkongaise. Sa famille est à Hong Kong mais elle doit voyager pour son métier de trading IPO. Depuis deux ans, elle fait beaucoup de télétravail. Elle s'occupe aussi de la construction et du commerce électronique pour une marque de bijoux. Jean revient du Canada où il a passé les fêtes de Noël en famille et pu revoir ses enfants après presque un an d'absence. Quant à Pierre, il a 41 ans, marié, trois enfants, originaire de Bordeaux, et présent sur l’Asie depuis 10 ans.

Trois voyageurs bien différents

Depuis combien de temps êtes-vous en quarantaine?

Chloé:  Aujourd'hui, c'est mon 19ème jour et il me reste 1 jour et demi.

Jean: Je suis en confinement depuis le 5 janvier. Deux semaines se sont écoulées. J’ai abordé le confinement comme une opportunité plutôt qu'une punition: je transforme le fait d'être enfermé trois semaines comme un lion en cage en semi retraite spirituelle, sans alcool.

Pierre: Je suis en quarantaine depuis le 11 janvier. J’ai encore 11 jours à tenir. Je suis arrivé à Hong Kong pour prendre un poste dans un groupe de distribution F&B. C’est donc le passage obligé si je veux retrouver mes équipes de mes clients. Ce n’est pas très grave car ce n’est que temporaire. Les conditions dans lesquelles je suis sont très honorables. J’ai d’ailleurs choisi cet hôtel, car j'ai vue sur Victoria Harbour depuis ma chambre, ce qui est pour moi une source extraordinaire d’évasion visuelle. Cela me semblait la clé pour tenir trois semaines. J’ai aussi choisi cet hôtel pour avoir une diversité culinaire autant asiatique qu’européenne. De plus, l’hôtel accepte que nous fassions livrer de la nourriture depuis l’extérieur. Cela permet de temps à autre de se faire un petit plaisir grâce aux livraisons directement devant la chambre.

"Le système D pour tenir le coup"

Comment cela se passe dans l'ensemble?

Chloé: J'étais très nerveuse avant d'arriver mais j'ai commencé à vraiment profiter de mon séjour ici après m'être installée dans une bonne routine. Je dirais que les deux premiers jours ont été les plus durs à cause du décalage horaire. Ensuite le séjour a été un jeu d'enfant car la quarantaine me permet de prendre beaucoup de temps pour moi. Je profite donc de ce petit espace avant de revoir ma famille. Le seul point négatif de mon séjour est la nourriture fournie par mon hôtel, d'assez mauvaise qualité. J'ai donc été créative en préparant ma propre nourriture dans la chambre, bien que ne disposant que d'équipements limités.

Jean: Cela se passe bien. C’est incroyable de constater que l'on s’habitue à tout quand on reste positif. On trouve le temps pour réfléchir, méditer sur soi-même. Je suis très sportif et j'ai acheté un treadmill, ce qui me permet de faire 70 à 80 kilomètres par semaine. Ce n'est pas la même chose que sur un sentier ou une route mais cela fait l'affaire.

Pierre: Dans l’ensemble, ce n’est pas le bout du monde. J’ai passé les douze derniers mois en France, dont presque la moitié en confinement dans notre appartement familial. Je pense que cette expérience de confinement en France m’a préparé à l'expérience aujourd’hui.

"La routine est primordiale"

Vous avez-mis en place une routine quotidienne?

Chloé: Bien sûr. J'ai pris quelques jours pour retrouver un rythme et j'ai appris à me détendre, à ne pas me mettre trop de pression. La deuxième semaine, je me suis sentie enfin comme un être normal avec des nuits de sommeil complètes. C’est là que ma routine a commencé à opérer. Ma routine commence par du sport pendant 30 minutes, une douche, un petit-déjeuner et je travaille jusqu'au déjeuner. Je me remet ensuite au travail, puis dîner et Netflix. Le samedi ou dimanche, je regarde tous les spectacles que je veux en plus de faire de la broderie. Un routine fixe aide vraiment à éviter de rester au lit et regarder Netflix. Grâce à cela, je me sens bien et de bonne humeur.

Jean: La routine est primordiale: réveil obligatoire pour moi à 6h30 pour méditer au lever du soleil, puis routine de yoga, petit déjeuner, vérification des mails, appel en Amérique du Nord, suivi des équipes opérationnelles jusqu'à midi. Je prend un moment pour faire 1 heure 15 de cardio, je déjeune, je lis. Puis inévitablement je suis occupé sur les dossiers européens. A 19h douche, dîner, une petite marche de 2 kilomètres, enfin un bouquin et/ou Netflix. Les journées passent très vite finalement de cette façon. Créer des habitudes rend plus serein.

Pierre: C’est obligatoire. Je me suis mis des routines de réveil, de pause, de travail, d’activité physique (même limitées). Je m'octroie des petits plaisirs comme de me faire livrer certains plats dont je raffole ou des aliments indispensables pour la survie d’un Français à l’étranger, par ma société (saucisson basque, vin de Bordeaux, yaourt français, baguette de pain, fromage affiné, etc…). La semaine, mon planning est le même sur les cinq jours et le samedi, c’est relâche, détente et relaxation. Le dimanche je prend un brunch, fait une séance de fitness, du ménage (oui car personne ne rentre dans ma chambre pendant les trois semaines. Je suis donc responsable de la propreté de ma chambre), et la lessive à la main (car rien ne sort de ma chambre à part des déchets).

"Le travail permet de s'occuper"

Parvenez-vous à bien à travailler?

Chloé: J'ai beaucoup travaillé car il n'y a pas de distraction et il est tellement plus facile de se concentrer sur moi-même et sur les tâches à accomplir.

Pierre: Oui, sans aucun problème. J’ai choisi ma chambre aussi car il avait un vrai bureau. Je me suis fait livrer un écran d'ordinateur pour travailler dans une meilleure posture qu’avec mon portable. Ma direction très conciliante et mes équipes sont patientes. Il faut dire je travaille déjà à distance depuis douze mois, à cause de tous ces confinements et tous les pays dans lesquels j’ai travaillé et passé du temps. Ça ne change donc pas beaucoup.

Qu’est-ce qui vous semble le plus difficile?

Chloé:  Mon compagnon qui est resté au Mexique me manque énormément. À part ça, il faut dire que cela va me manquer de passer du temps seule.

Jean: La nourriture que l’on vous sert: des lunch box bien graisseuses avec interdiction de vous fournir une assiette et des couverts comme chez soi. Equipez-vous! J'ai la chance de me faire livrer des petit plats maison. C'est important. J'oublie un autre conseil: louer ou se faire livrer un four micro-ondes.

Pierre: Ce qui change, c’est qu’habituellement je peux aller courir tous les jours entre 3 et 5 kilomètres. Quand je finis de travailler d'habitude, je peux dîner avec mes enfants et mon épouse. Tous les week-ends, je peux d'ordinaire prendre l’air. Enfin, je n’ai pas de terrasse pour pouvoir profiter de temps en temps d’un Ti Punch et d'un bon cigare. Mais bon... Il ne reste que 10 jours. Ça devrait aller. Je pense que compte-tenu de la situation actuelle, il y a des personnes plus à plaindre.

Une expérience inédite

Que retiendrez-vous?

Chloé: Je vais faire une rapide liste de choses à préparer. J'adorerais revenir vers vous et refaire un autre article si cela vous intéresse.

Jean: Une expérience inoubliable dans une vie! Appréciez le moment comme une opportunité plutôt que de ruminer votre impatience .

Pierre: C’est quand même une expérience inhabituelle. J’ai parfois l’impression d’être isolé à la façon de Robinson Crusoë. Par contre, je n’ai pas encore trouvé de ballon de foot pour me faire un ami imaginaire… La blague illustre bien la situation, que j’ai fait en conférence téléphonique avec ma direction et mes équipes récemment. Mon patron: "Ça va Pierre, tu ne te sens pas trop seul?" Moi: "Non, nous allons plutôt bien".


Nous les remercions encore pour leurs témoignages et leur souhaitons bonne continuation.

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Jérôme de Clarens

Jérôme, 31 ans. Ancien du secteur F&B, il s'est reconverti dans le coaching de vie par le biais du partage et du sport. Il contribue au Petit Journal sur les articles liés à la communauté et au sport
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