Dimanche 25 octobre 2020
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Parkour: l’esprit de Luc Besson est à Hong Kong

Par Patricia Herau-Yang | Publié le 17/06/2020 à 14:29 | Mis à jour le 18/06/2020 à 02:11
Photo : (Crédit: Eric Roberts)
Parkour Hong Kong

Rappelez-vous "Yamakasi", le projet de Luc Besson sorti en 2001, dans lequel 7 jeunes du 94 bondissaient entre les immeubles. Leur pratique sportive a fait des émules. Elle est pratiquée à Hong Kong et vous pouvez même kiffer, pardon, vous y former en famille. Vos adolescents trop sédentaires risquent de se prendre au jeu. Rencontre avec Eric Roberts, un passionné.

ADD, Parkour, Free running et Yamakasi

Le film a fait connaître les Yamakasi, un groupe de jeunes Ninja d’un nouveau genre, entre Robin des bois et jeunes des banlieues. Ils avaient inventé une discipline connue sous plusieurs noms: Art Du Déplacement (ADD), Parkour, Free running.

 

 

Adolescents dans les années 1980 à Choisy-le-roi, les fondateurs du mouvement (les frères Belle, Yann Hnautra, Laurent Piemontesi…) avaient trois inspirations:

  • D’abord, environnementale: les fondateurs incarnaient un état d’esprit, ils voulaient transformer un rapport avec un environnement bétonné et subi, en un rapport d’interaction avec lui. C’est l’inspiration zaïroise de retour à la nature: Yamakasi "homme fort" ne vient pas du japonais mais du lingala (un dialecte du Zaïre).

 

Parkour Hong Kong
La jungle urbaine (Crédit: Eric Roberts)

 

  • Deuxième inspiration: Raymond Belle, sauveteur d’élite dans le service du feu de l'armée française. Il a transmis lors d’entraînements à ses fils David et Jean-François une tradition familiale. De là vient le nom Parkour (pour "parcours du combattant"), inventé par David.
  • Troisième inspiration: les films de Jackie Chan et Bruce Lee, Spider Man, et Dragon Ball. C’est pourquoi le sous-titre du film Yamakasi "Les Samouraïs des temps modernes" reflète l’impact de la (alors nouvelle) culture asiatique cool.

Entre ancrage dans un environnement urbain, rigueur militaire et imitation de modèles, les jeunes Yamakasi ont très vite gagné en notoriété et maturité.

Du 94 aux toits de Hong Kong

La pratique a été documentée pour la première fois dans Stade 2 en 1997 en un documentaire qui n’est pas sans rappeler les années de découverte des banlieues de la France Black-blanc-beur et la coupe du Monde 1998.

 

Puis ce fut le choc de "Yamakasi", suivi de "Banlieue 13" et "Les fils du vent" en 2004. La pratique se répand en France. Les documentaires britanniques "Jump London" et "Jump Britain", centrés sur le Yamakasi Sébastien Foucan, font passer les frontières à Parkour, sous le nom Free running.

YouTube a pris le relai des films et documentaires traditionnels. On y trouve des exploits réalisés par des sportifs d’élite, mais aussi des vidéos de pratiquants de tous niveaux: plus accessible, plus réel, et très tentant.

Voilà ce que ça peut donner. Les photographes ou adeptes de vidéo apprécieront la partie making of.

 

Parkour, sport ou état d’esprit?

L’absence de compétition faisait partie de l’ADN des Yamakasi au départ. L’esprit de corps est resté si fort que les premières compétitions organisées ont été boycottées par les plus pratiquants les plus expérimentés.

Aujourd’hui, des compétitions internationales existent (North American Parkour Championship de Vancouver, Red Bull Art of Motion). Elles se passent en intérieur dans des scènes de rue recréées pour l’occasion.

Des stars sont apparues. Elles tournent des films, des clips, et des fans compilent leurs pseudo-battles.

 

Des écoles ont été formées, par exemple les ADD academies, qui ont essaimé dans toute la France mais aussi au Canada, en Italie, au Mexique, en Pologne, à Singapour et à Taiwan.

A Hong Kong, interview de Eric Roberts

Hong Kong est un terrain de jeu extraordinaire pour Parkour. Si certains étrangers viennent y tourner des vidéos sur les toits, 99% du training a lieu au sol dans les parcs, playgrounds, et espaces publics. Nous sommes allés à la rencontre de Eric Roberts, fondateur de Overcome Obstacles.

Qu’apporte physiquement et mentalement Parkour?

Parkour permet de franchir des obstacles: physiques (murs) ou perçus (peur). C’est très personnel, chacun a des obstacles différents. Après une étape d’apprentissage technique et de renforcement (muscle, flexibilité, mobilité), vient l’étape de montée en compétence: on peut monter un mur de 1m son premier jour, quelques mois plus tard c’est 2.5m. C’est très satisfaisant, et transposable dans la vie quotidienne: chaque obstacle devient une opportunité de grandir, renforcer sa confiance en soi. Le monde devient plus accessible.

 

Parkour Hong Kong
Une séance Train Together (Crédit: Eric Roberts, Facebook)

 

Comment se passent les entraînements?

Dehors. Les participants (dès 5 ans) franchissent de vrais obstacles. Je fais des cours collectifs (max 7 personnes actuellement) à Quarry Bay et Discovery Bay, mais aussi des cours privés dans plusieurs lieux. J’ai aussi lancé une session gratuite Train Together le samedi (7 personnes). La pratique individuelle a toujours été possible.

Des conseils sécurité et règlementation?

Les obstacles de chacun sont différents. Il faut connaître ses limites et ne pas se comparer aux autres. Par exemple, ce n’est pas parce que votre ami peut sauter et courir sur une balustrade que vous devez le tenter. Il faut commencer par trouver son équilibre, faire des petits, moyens et grands sauts, apprendre à atterrir sur du mobilier de rue, des murs. C’est seulement quand vous êtes à l’aise avec ça que vous pouvez considérer sauter sur une balustrade. Côté légal, 99% de la pratique est au niveau du sol dans des espaces publics. Il faut demander l’autorisation de pénétrer et s’entraîner dans des espaces privés.

Voilà ce que peut donner un entraînement:

 

Facebook: facebook.com/erobertspk

Website: https://erobertspk.com/classes

Hong Kong Parkour Association: https://www.parkour.hk/

 

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pat

Patricia Herau-Yang

Patricia a passé de nombreuses années en Chine, exercé le métier de traductrice français-chinois. Depuis son arrivée à Hong Kong, elle s'est mise au cantonais et pratique la randonnée. Elle contribue au Petit Journal sur le volet culturel, entre autres...
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