Vendredi 30 juillet 2021

L’émigration des Hongkongais vers le Royaume Uni, c’est parti!

Par Didier Pujol | Publié le 31/01/2021 à 12:46 | Mis à jour le 01/02/2021 à 01:07
Photo : Un passeport BNO et un passeport hongkongais
bno hong kong

5 millions de Hongkongais pouvant disposer de passeports BNO ou leurs proches soit les 2/3 de la population de Hong Kong sont éligibles pour postuler à l’émigration vers la Grande Bretagne depuis dimanche 31 janvier 2021. En réalité, seule une minorité dispose des moyens suffisants pour mener à bien ce projet et a même la volonté d’émigrer. Décryptage.

La Ministre de l'Intérieur britannique Priti Pratel l’a annoncé ce dimanche: "Les demandes pour les Visas British National Overseas (BNO) sont maintenant ouvertes. Les citoyens détenteurs de passeports BNO ont le choix de vivre, travailler et étudier au Royaume Uni, libres d'y reconstruire leur vie. Nous sommes fiers de ce jour historique par lequel nous honorons notre promesse aux Hongkongais"

Il y a deux jours, elle indiquait également: "Dimanche, le Royaume Uni va permettre à nouveau à ceux dont les libertés sont menacées de trouver un refuge. Les nouveaux passeports BNO pour Hong Kong répondent à la promesse faite aux Hongkongais après la Loi de Sécurité Nationale chinoise. J’ai hâte de pouvoir les accueillir dans notre beau pays”

On Sunday the UK will once again provide safe haven to those having the lights switched off on their liberty.

The new Hong Kong BN(O) visa delivers on our promise to the people of HK following China’s National Security Law.

I look forward to welcoming them to our great country.

— Priti Patel (@pritipatel) January 29, 2021

Une explosion des demandes

Ils sont 2,9 millions à pouvoir disposer d’un passeport BNO. Depuis ce dimanche 31 janvier, ainsi que l’avait annoncé Londres en Septembre dernier, les citoyens hongkongais disposant de ce type de passeport et leurs proches ont la possibilité de demander un “visa BNO” pouvant aller jusqu’à une durée de 5 ans et ouvrant droit à une demande de citoyenneté britannique. La particularité de ce nouveau visa est de permettre aux Hongkongais de travailler dès leur arrivée en Grande Bretagne, ce qui n’était pas possible jusqu’alors. Hautement politique, cette mesure exceptionnelle répond à la mise en place par Pékin à Hong Kong des lois de Sécurité Nationale, punissant de peines lourdes, les crimes aux contours mal définis de sédition, collusion avec l’étranger, terrorisme et d’incitation à la sécession, considérée comme une remise en cause des accords de rétrocession signés en 1984. Depuis l’annonce par Londres de sa volonté d’accueillir les Hongkongais qui le souhaitent sur son sol, les demandes pour ce type de passeport ont explosé.

bno hong kong
Source@British Home Office

"Représailles" de Pékin

Devant ce qu’elles estiment être une incursion inacceptable dans les affaires intérieures du pays, les autorités chinoises ont mis fin cette semaine à la reconnaissance des passeports BNO pour l’entrée et la sortie du pays. Il faudra en conséquence aux personnes disposant de ce type de passeport, présenter leur passeport national pour leurs entrées-sorties. Cette mesure est largement symbolique dans la mesure où il n’est pas possible pour Hong Kong ou la Chine d’accéder aux listes nominatives des postulants à l’émigration et donc de faire pression sur les candidats au départ. Le consulat refuse en effet catégoriquement la transmission des noms aux autorités chinoises. Dans les faits pourtant, les départs ne devraient ni remettre en cause l’équilibre de la société hongkongaise, ni non plus s’avérer massifs au point de mettre en difficulté l'économie britannique fragilisée par la pandémie et le Brexit.

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Zhao Lijiang, porte-parole du Ministère des Affaires Etrangères chinois devant la presse cette semaine pour annoncer la non-reconnaissance par la Chine des passeports BNO

Départs ciblés

En fait, les familles qui font le pas répondent à des critères spécifiques. Les conditions d’obtention des visas imposant de pouvoir subvenir pendant 6 mois aux besoins de la famille fraichement émigrée, les candidats qui ont une bonne chance d'être acceptés ont déjà des revenus accessibles ou des économies sur le sol britannique, pour financer leur hébergement, inscrire dans les écoles ou universités les enfants. Il s'agit de membres des classes moyennes supérieures pour l'essentiel. Une partie des postulants a déjà mené ses études en Grande Bretagne, garantissant outre la maîtrise de la langue, la connaissance de la culture. Dans d'autres cas, ils ont déjà des parents installés sur place qui peuvent se porter garants pour eux et assurer l’accueil dans des conditions économiques optimales. Selon le Home Office, on s’attend à 158.000 personnes la première année dans le cadre des visas BNO puis entre 258.000 et 322.000 personnes d’ici 2026, ce qui représente 22% du total des émigrés vers de l’année 2020. Selon l’association "Hongkongers in Britain" (HKB), ce chiffre pourrait être de 330.000 personnes la première année avec un nombre de demandes de 500.000 en 2021. Les mois qui viennent devraient permettre de confirmer ou infirmer cette prédiction.

 

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Didier Pujol

Didier Pujol

Passionné de culture chinoise et présent en Chine depuis 2011, Didier a publié de nombreux articles sur la Chine avant de reprendre la direction de l'édition Hong Kong comme directeur et rédacteur en chef.
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