A l’heure où des soupçons de délits d’initiés s’accumulent à Wall Street, que la crise au Moyen-Orient entraine la volatilité des marchés, Hong Kong prend des mesures pour que son marché boursier soit le mieux régulé possible et renforcer la confiance.


La lutte contre la triche à Hong Kong
Une première façon d’assainir le marché boursier consiste à en exclure ceux qui ne jouent pas le jeu. Ainsi, à Hong Kong, en mars, un communiqué conjoint a été rédigé par la SFC (Securities and Future Commissions), qui est le régulateur des titres à la bourse locale, et l’ICAC (Independant Commission Against Corruption), qui lutte contre la corruption dans la région administrative spéciale.
Après avoir perquisitionné 14 lieux, ils ont fini par arrêter 8 cadres supérieurs qui travaillaient dans deux sociétés immobilières. Ces six hommes et deux femmes avaient accepté plus de 4 millions de HKD pour « vendre » des informations confidentielles sur leurs entreprises cotées à une société des fonds spéculatifs. Cette dernière avait ainsi profité de ce délit d’initié pour gagner 315 millions de HKD avec des positions vendeuses en bourse.
Sécuriser les IPO contre les initiés
Au-delà de ces actions policières, il existe une deuxième façon d’éviter les délits d’initiés : révéler davantage d’informations à tout le monde. C’est le sens de mesures prises toujours en mars par la SFC pour éviter des dossiers incomplets ou truffés d’erreurs lors des IPO de plus en plus nombreuses à Hong Kong.
Tout d’abord, et notamment pour éviter des dossiers fabriqués par intelligence artificielle, les banques d’investissement devront indiquer à la SFC dans les deux semaines le nombre de transactions dans lesquelles elles ont été sollicitées, en précisant le nombre et les noms des banquiers qui y travaillent.
Par ailleurs, la SFC aura désormais un pouvoir de « name and shame » pour désigner publiquement les banques, les avocats et les auditeurs à l’origine de dossiers incomplets et rejetés. Tout cela arrive à un moment où les banques d’investissement chinoises interviennent de plus en plus à Hong Kong, ce qui a déclenché une guerre des prix avec leurs concurrentes installées depuis plus longtemps.
Renforcer les droits des entreprises côtées
Enfin, toujours pour renforcer l’attractivité de Hong Kong, une évolution vient aussi d’être annoncée dans le secteur des actions à double classe. Derrière cette appellation, il s’agit d’une catégorie qui permet à des entreprises cotées en bourse de donner des droits de vote supplémentaires à leurs fondateurs. Or, cette possibilité était jusqu’à présent réservée à des entreprises qui dépassaient deux seuils particulièrement élevés, à hauteur de 40 milliards de HKD de valeurs de marché, ou de 10 milliards de HKD de capitalisation boursière plus 1 milliard de HKD de recettes. Ces trois chiffres ont été respectivement abaissés à 20 milliards, 6 milliards et 600 millions de HKD.
Dans le même temps, la HKEX (Hong Kong Exchange and Clearings) a annoncé un deuxième assouplissement important. Désormais, l’ensemble des candidats à une nouvelle cotation pourront déposer leurs dossiers en toute confidentialité, ce qui n’était accordé auparavant que dans quelques cas. Au 27 février, on comptait 530 demandes d’inscriptions à la bourse principale de Hong Kong.
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