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Entre légende et histoire : la fête de la Lune

Par Lepetitjournal Hong Kong | Publié le 01/01/2017 à 08:11 | Mis à jour le 04/10/2017 à 08:20
Fête de la lune fête des moissons mi-automne

Chaque année, le 15ème jour du 8ème mois lunaire, une fête pittoresque prend forme à Hong Kong. Légendes et croyances populaires s’entrelacent à la lumière de milliers de lanternes colorées.

Nouveaux arrivants ou expatriés sédentaires, vous ne pouvez rater la célébration de la Mi-automne, tradition charmante dans le calendrier chinois.

Les racines : un mariage entre légende et histoire

La légende raconte que la déesse Chang’e était la ravissante épouse de Hou Yi, un archer d’élite sous le règne de l’empereur Yao. En ces temps immémoriaux, la planète Terre était illuminée tour à tour par dix astres solaires. Mais un jour, ces dix soleils apparurent en même temps, brûlant les terres et asséchant les océans. Les humains furent décimés par milliers. A la demande de Yao, Hou Yi, partit pour les montagnes Kunlung au Nord-ouest du pays et abattit le 9 astres en surplus avec son arc.

Après cet exploit, Hou Yi devint roi, un roi qui se transforma bientôt en tyran, sous l’emprise de l'alcool. Pour régner jusqu’à la fin des temps, le souverain déroba à la Reine Mère céleste son élixir de vie éternelle. Mais Chang’e, horrifiée par les ambitions de son époux, s’empara de la fiole et but l’élixir. Son corps quitta alors la terre pour s'envoler jusqu’à la lune où elle vit encore dans un palais de jade nommé "Vaste froidure" avec pour seuls compagnons un lièvre apothicaire et un apprenti immortel, condamné à abattre un cannelier qui ne cesse de pousser. On raconte d’ailleurs que la nuit de la Mi-automne, on peut apercevoir Chang’e dans sa demeure lunaire.

Ce soir-là, pour honorer la déesse, chaque famille devait dresser une table couverte de nourriture avec en son centre une pyramide de yuebing, les fameux gâteaux de lune. Chaque membre lui présentait ensuite ses hommages en s’inclinant face à la lune. Après la cérémonie, on s’asseyait autour de la table pour partager en toute convivialité les offrandes. Les personnes âgées racontaient alors, pour le plaisir des plus jeunes, des contes sur l'astre lunaire.

À ce mythe se greffe également une légende historique qui explique cette tradition gastronomique des yuebing. Sous la dynastie Tang (618 -901), les Tujue, ancêtres des Turcs, attaquaient fréquemment la frontière nord de la Chine pour étendre leur territoire. Li Shimin, l’empereur, demanda donc au général Li Jing de prendre la tête d’une armée pour repousser les envahisseurs. L’entreprise fut couronnée de succès et Li Jing rentra victorieux dans la capitale, un 15 août du calendrier lunaire. Pour célébrer la victoire et la paix retrouvée, un pâtissier imagina un gâteau cylindrique qu’il offrit à l’empereur. Celui-ci le partagea avec ses ministres, les conviant à le déguster en célébrant la lune. Depuis, les "gâteaux de lune" seraient consommés chaque année, en mémoire de l’empereur et de son général victorieux.

La tradition historique veut également qu’au milieu du 14ème siècle, des rebelles se révoltèrent contre les Mongols, au pouvoir depuis plus d’un siècle. Pour mettre à bas le "règne des étrangers", les bouter hors de Chine jusque dans les steppes actuelles de la Mongolie et instaurer la dynastie Ming, ils imaginèrent une ruse. Zhu Yuanzhang, le leader de cette guerre civile, sachant que la fête de la lune approchait, eut l’idée de cacher dans les yuebing, que les Mongols ne consommaient pas, de petits papiers indiquant le signal de la révolte : "Tuez les barbares le quinzième du huitième mois". Les gâteaux de lune sont donc aussi dégustés pour commémorer cette rébellion.

Les Mooncakes ou gâteaux de lune

Mooncake mid-autumn festival

Lors de cette fête, les supermarchés, restaurants et hôtels offrent un panel impressionnant de gâteaux de lune.

La recette traditionnelle propose une pâte sucrée de haricots rouges, de dattes ou de graines de lotus enrobant un jaune d’œuf de cane salé rappelant la lune. Les moules comportent des gravures en relief qui permettent d’en orner la surface. Ce peut être des sinogrammes auspicieux, des légendes lunaires ou encore des indications sur le contenu du yuebing.

La consistance et les saveurs de ce petit gâteau peuvent surprendre les palais novices. Pour satisfaire tous les goûts les parfums se déclinent désormais à l’infini : chocolat, noix de coco, café mais aussi thé vert, ou encore poulet rôti. Les entreprises surfent sur cette vague, allant jusqu’à proposer des yuebing conçus pour régaler les papilles des compagnons à quatre pattes.

Munis de ses yuebing la tradition veut que l’on se rende à un pique-nique nocturne en famille dans l’un des espaces publics qui jalonnent la ville, dans un parc, sur une colline ou une plage pour contempler la lune. À cette occasion, les enfants sont autorisés à veiller tard et à allumer une lanterne. La douce palpitation de ces lampions scintillants enveloppe la ville d’une ambiance féérique. Cette année, une lanterne de 18 mètres de haut imaginée par les designers belge et canadien Kristof Crolla et Adam Fingrut illuminera le centre-ville de Hong Kong.

Parmi les festivités proposées, la danse du Dragon de Feu est la plus impressionnante. Durant trois nuits, un dragon de 67 mètres de long, recouvert de bâtons d’encens incandescents piqués par la foule et porté par une centaine d’habitants du quartier, toutes générations confondues, circule au son des tambours dans le quartier de Tai Hang à Causeway Bay. Pour comprendre l’origine de cette coutume il faut remonter à plus d’un siècle, lorsque les pêcheurs du village Tai Hang tuèrent un python qui, s’étant introduit à la faveur d’un typhon, dévorait leur bétail. Cette mise à mort fut suivie d’une violente épidémie de peste. Certains villageois reconnurent alors dans la bête assassinée le "fils du dragon". Pour réparer le tort commis, ils décidèrent de construire un dragon de feu et de danser pendant trois jours et trois nuits au moment de la fête de la lune.

Forts de cet héritage culturel, il ne vous reste désormais plus qu’à profite de l’interlude festif.

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