Le futur dirigeant de Hong Kong interdit de YouTube

Par Didier Pujol | Publié le 27/04/2022 à 16:29 | Mis à jour le 28/04/2022 à 12:02
Depuis la mise en œuvre en juillet 2020 des lois de sécurité nationale à Hong Kong, plusieurs personnalités du gouvernement hongkongais sont frappées par les sanctions américaines interdisant à toute société basée aux États-Unis de commercer avec elles dont John Lee

Depuis la mise en œuvre en juillet 2020 des lois de sécurité nationale à Hong Kong, plusieurs personnalités du gouvernement hongkongais sont frappées par les sanctions américaines interdisant à toute société basée aux États-Unis de commercer avec elles. Après Carrie Lam, dont les moyens de payment Visa et Mastercard ont été supprimées, c’est au tour de John Lee, actuel numéro 2 et futur dirigeant de Hong Kong, de faire les frais de cette politique avec l'effacement par YouTube de sa campagne en ligne.

 

Les GAFAM dans la politique à Hong Kong

Ce mercredi 20 avril, le candidat unique à la succession de la Chief Executive Carrie Lam à Hong Kong, John Lee, rejoint les personnalités hongkongaises frappées par les sanctions américaines. Sa chaine Youtube « Johnlee2022 » s’est en effet vue interdite de diffusion, la maison mère de Youtube, Google, invoquant l’obligation pour les sociétés américaines de faire respecter les sanctions. Bien qu’il ne soit pas de même nature puisque le géant américain évoque une obligation légale et non un choix arbitraire, cet événement n’est pas sans rappeler l’interdiction faite à l'ancien président Donald Trump d’accéder au célèbre réseau Twitter, suite à la diffusion par lui de nouvelles réputées fausses selon l'opérateur.

Ces interdictions de communiquer venant des opérateurs privés dits « GAFAM » (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft), tendent à se multiplier, de nombreux utilisateurs du réseau Facebook se plaignant par exemple de suspensions pour avoir diffusé des œuvres d’art pourtant mondialement célébrées de peintres comme Manet ou Rubens, soudain qualifiées par le pudique opérateur de « pornographiques ». Aussi les observateurs se demandent-ils aujourd’hui si le degré ultime d’arbitraire n’est pas laissé à l'Intelligence Artificielle, aux gardiens du web, vacataires des plateaux internet et autres agents de surveillance aux références culturelles limitées. L'annonce récente du rachat de Twitter par le richissime Elon Musk pour, indique-t-il, "créer un véritable espace de liberté d'expression" va-t-il changer la donne? L'avenir nous le dira.

 

Des sanctions de portée très relative à Hong Kong

Que ce soit dans le cas de John Lee qui se déclare peu gêné par cette interdiction qui lui est faite ou de Carrie Lam qui avait en peu de temps pu adapter le mode de versement de ses appointements en utilisant les réseaux de paiement chinois, les décisions des grands opérateurs privés mondiaux résonnent plus comme des messages politiques qu’ils n’ont de véritable impact sur les transactions des personnes visées. Rappelons-nous que Donald Trump avait décidé de réagir en créant son propre réseau social, « Truth social ». Ces mesures décidées par les tenants d'un équilibre mondial jusqu'alors dominé par les États-Unis finissent finalement par souligner que le monde est devenu multipolaire et que plus d’un quart de la population de la Terre fonctionne sur d’autres standards, chinois en particulier.

Plus proches de nous, la manière dont la Russie est parvenue à retourner la situation en focalisant son bras de fer avec l’Occident sur la fourniture de matières premières dont elle a exigé le règlement dans sa monnaie nationale pour compenser la perte du service bancaire SWIFT, démontre à quel point le chantage de grands monopoles finit par stimuler la recherche de solutions alternatives. Dans le cas des services bancaires et de communication, la maîtrise des technologies satellitaires ou encore le contrôle de la fabrication de circuits électroniques dans le cas de la Chine permet de rétablir l’équilibre.

Didier Pujol

Didier Pujol

Passionné de culture chinoise et présent en Chine depuis 2011, Didier a publié de nombreux articles sur la Chine avant de reprendre la direction de l'édition Hong Kong comme directeur et rédacteur en chef.
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