Édition internationale

Chine : sur les chemins de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale

À l’occasion du 80ᵉ anniversaire de la victoire contre le Japon, la Chine développe des itinéraires de tourisme de mémoire autour de la Seconde Guerre mondiale. Musées, mémoriaux et parcours historiques invitent les visiteurs à marcher sur les traces d’un conflit encore central dans la mémoire nationale.

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Écrit par Soizic Fevre
Publié le 9 janvier 2026, mis à jour le 13 janvier 2026

En 2025, la Chine remet plus que jamais en lumière un pan central de son histoire : la Seconde Guerre mondiale. À l’occasion du 80ᵉ anniversaire de la victoire contre le Japon, Pékin multiplie les initiatives pour transmettre cette mémoire, notamment à travers des itinéraires de visite et des circuits historiques, invitant le public à parcourir les lieux marqués par le conflit. Une forme de tourisme de mémoire, pensée autant comme un outil pédagogique que comme un rappel politique.

 

Une guerre fondatrice dans la mémoire chinoise

En Chine, la Seconde Guerre mondiale débute bien avant 1939. Dès 1937, l’invasion japonaise plonge le pays dans un conflit long et meurtrier, connu sous le nom de guerre de résistance contre l’agression japonaise. Villes bombardées, déplacements massifs de populations, violences contre les civils : cette période reste profondément ancrée dans la mémoire collective chinoise.

Contrairement à l’Europe, où la mémoire de la guerre s’articule autour de monuments dispersés, la Chine a fait le choix d’une mise en récit structurée, à travers musées nationaux, mémoriaux et parcours thématiques. En 2025, cette volonté de transmission prend une ampleur particulière.

 

Nankin, cœur du souvenir

En décembre 2025, une commémoration officielle du massacre de Nankin a rassemblé autorités et visiteurs au Mémorial national dédié aux victimes de 1937. Ce site, l’un des plus visités du pays, symbolise la place centrale de la mémoire de guerre dans la société chinoise.

Le mémorial n’est pas seulement un lieu de recueillement : il s’inscrit dans une démarche pédagogique, avec expositions permanentes, archives, témoignages et parcours guidés. Chaque année, des millions de visiteurs chinois et étrangers viennent y découvrir l’histoire du massacre et, plus largement, celle de la guerre sino-japonaise.

 

Marcher dans les pas de l’Histoire : les « routes rouges »

Dans la continuité de cette politique mémorielle, les autorités chinoises ont lancé en 2025 plusieurs itinéraires thématiques, parfois appelés « red routes ». À Pékin notamment, ces circuits relient des lieux clés de la guerre : musées, anciens sites militaires, pont Marco Polo — où débuta officiellement le conflit en 1937 — et monuments commémoratifs.

L’objectif est clair : inviter les visiteurs à suivre physiquement les chemins de la Seconde Guerre mondiale, en retraçant les étapes de la résistance chinoise face à l’occupation japonaise. Ces parcours, accessibles au grand public, s’adressent d’abord aux visiteurs nationaux, mais sont de plus en plus ouverts aux étrangers grâce à des supports multilingues.

 

Un tourisme encadré et politique

Ce tourisme de mémoire ne se veut pas neutre. En Chine, la transmission de l’histoire de la guerre participe d’un discours national, valorisant la résilience du pays et le sacrifice des populations civiles. Musées modernes, scénographies immersives et récits officiels s’inscrivent dans une volonté de contrôle du récit historique, assumée par les autorités.

Pour autant, ces lieux offrent aussi une clé de lecture essentielle pour comprendre la Chine contemporaine, ses relations avec le Japon, mais aussi son rapport à la souveraineté et à la mémoire collective.

 

Une destination mémorielle accessible depuis Hong Kong

Pour les expatriés et voyageurs basés à Hong Kong, ces sites sont aujourd’hui facilement accessibles : trains à grande vitesse vers Pékin, Nankin ou Shanghai, vols intérieurs rapides, et infrastructures touristiques bien développées.

 

Explorer ces itinéraires, c’est découvrir une autre facette du tourisme en Chine : moins spectaculaire, mais profondément ancrée dans l’histoire. Une manière de mieux comprendre un pays où le passé continue de façonner le présent.

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