Andy, créateur de jeux vidéos à Hong Kong

Par Karine Yoakim Pasquier | Publié le 17/11/2021 à 14:00 | Mis à jour le 18/11/2021 à 03:43
Photo : Andy Ng, dans son bureau, à Quarry Bay
Andy Ng créateur jeux vidéo Hong Kong

C’est au sein d’un espace de co-working à Quarry Bay, que je rencontre Andy Ng. Le jeune homme, derrière son sourire réservé, est un game designer de 35 ans à l’imagination fertile et galopante.

Passionné par les jeux vidéo, il décide envers et contre tout, d’en faire son métier et de faire de sa passion, sa vie. Portrait de ce Hongkongais à la profession hors du commun.

Andy Ng est un game designer hongkongais âgé de 35 ans, à l’âme entrepreneuriale et créative. Il y a une dizaine d’années, après un diplôme à la Poly-University de Hong Kong, en digital médias, le jeune homme fonde avec quelques camarades de classe un studio dédié à la création de films publicitaires et de courts métrages. Ils y travaillent 4 ans, puis, Andy quitte la start-up et enseigne l’animation au Hong Kong Design Institute.

Il y reste trois ans. Mais, si le métier est stable, il laisse peu de place à l'imagination. Andy décide dès lors de changer de voie et de tout faire pour concrétiser son rêve. Il fonde donc la compagnie Quillo avec son meilleur ami Ricky.

Il répond à nos questions sur son parcours atypique.

« Réaliser des jeux vidéo a toujours été mon rêve »

Comment es-tu devenu game designer ?

Quand j’étais jeune, c’était mon rêve. À 10 ans, j’adorais jouer à des jeux, mais ce n’était pas assez. J’avais envie d’en créer… j’ai donc appris à coder et j’ai commencé à créer des mini jeux. En parallèle, j’adore dessiner, j’ai alors imaginé des histoires… Puis, après mon premier job, je me suis rendu compte que j’étais prêt à réaliser mon rêve.

J’admets que ça n’a pas été facile au début. Les familles asiatiques veulent que leurs enfants aient une carrière stable. Quand j’ai annoncé à mes parents que j’allais arrêter d’enseigner pour créer des jeux vidéo, ils étaient inquiets. Mais j’y croyais, je les ai convaincus et ils ont été super encourageants !  

 

Andy Ng créateur jeux vidéo Hong Kong
Andy et Ricky, après avoir remporté leur première récompense : ACG+ Capital. 

 

« Apopia est le mariage entre le mot Apocalypse et Utopia. »

Peux-tu m’en dire plus concernant ton jeu ?

C’est en 2018 que mon ami Ricky et moi avons fondé notre compagnie, Quillo Entertainment Limited. Nous avions gagné le troisième prix d’une compétition, ce qui nous a permis de lancer la boîte. Le principe de Quillo est de créer des jeux vidéo, sur Steam. De mon côté, je me suis occupé de l’écriture du scénario, des dessins, des storyboards, du montage et des fiches personnages, tandis que mon co-équipier m’a accompagné sur la partie technique.

Notre jeu s’appelle Apopia, ce qui est un acronyme d’Apocalypse et Utopia. Le jeu peut surprendre, car il mêle des dessins du type cartoon, avec un univers apocalyptique au sein duquel la population humaine n’existe plus.

Mon personnage principal, May, une petite fille rousse, a perdu la mémoire. Elle va partir à l’aventure pour retrouver son identité et va découvrir la face cachée de cet univers. Au fil de sa quête, elle n’aura qu’un seul objectif : améliorer ce monde.

Le jeu est sorti début septembre, il y a déjà pas mal de feedback sur YouTube et BilliBilli. Il a été repris par quelques gamers chinois.

 

 

Créer Apopia a demandé beaucoup de travail. Nous avons mis trois ans à le mettre sur pied. Nous avons commencé par créer un film d’animation, racontant l’histoire de May. Le film a été primé et est passé au cinéma de Cityplaza et à Animon à Kowloon. Il a gagné le Bold Award des petites entreprises et a été finaliste des ICC award.

C’est notre premier jeu, on a bossé d’instinct. J’ai dû convaincre mon co-équipier qui doutait. Mais j’avais raison. Aujourd’hui environ 15'000 personnes ont joué à ce jeu et il rencontre peu à peu son public.

« Le métier de game designer est peu compris, à Hong Kong. »

À Hong Kong, comment définir le métier de game designer ?

L’industrie du jeu vidéo à Hong Kong se concentre principalement sur les jeux mobiles et plus spécifiquement les jeux mobiles payants. Il y a beaucoup d’investissements en temps pour pousser les clients à payer.

Moi, je vois le jeu vidéo comme un art, un moyen d’exprimer mes émotions. C’est plutôt rare dans ce domaine.

Le métier de game designer, quant à lui, est peu compris et considéré, à Hong Kong. La plupart des gens ne savent pas ce que c’est et ne le reconnaissent même pas comme un titre professionnel.

Quand je dis à quelqu’un ce que je fais, certains me sourient, mais beaucoup pensent que je perds mon temps, que je ne suis pas rentable.

« J’aime voir les gamers tester mon jeu en temps réel. »

Quel est ton plus beau souvenir en tant que créateur de jeu vidéo ?

J’adore voir comment les gens réagissent en jouant à mon jeu. Il y a pas mal de gamers qui se filment et j’aime les regarder jouer, voir leurs émotions en temps réel. Pour moi, c’est précieux.

Aujourd’hui, le jeu a déjà été téléchargé plus de 23'000 fois et les critiques sur Steams sont extrêmement positives.

 

Quels sont tes projets ?

Nous avons de multiples projets. Tout d’abord, nous souhaitons continuer Apopia. Nous avons terminé le prologue, l’avons lancé. Maintenant il va être temps de chercher un éditeur qui acceptera le jeu et nous permettra de développer les prochains chapitres.

Pour la suite, je rêve de créer un jeu qui ressemble à Dongeon et dragon avec une puissante intrigue. Les jeux avec des trames fortes m’ont toujours impressionné.

 

Pour les curieux, Apopia est disponible en anglais et peut se jouer sur PC et Mac. Pour en savoir plus 

 

 

Karine Yoakim-Pasquier

Karine Yoakim Pasquier

Karine est Suisse francophone vivant depuis 2018 à Hong Kong. Elle tient un blog intitulé hotfonduepot.com, travaille dans une école et vient de terminer ses deux premiers romans.
0 Commentaire (s) Réagir

Soutenez la rédaction Hong Kong !

En contribuant, vous participez à garantir sa qualité et son indépendance.

Je soutiens !

Merci !

Didier Pujol

Rédacteur en chef de l'édition Hong Kong.

À lire sur votre édition locale
À lire sur votre édition internationale