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Budget Hong Kong 2018: l’immobilier, le grand absent

Par Célia Cazale | Publié le 05/03/2018 à 17:51 | Mis à jour le 05/03/2018 à 18:04
Photo : Tin Fu Court à Tin Shui Wai - Photo by Baycrest
Tin_Fu_Court

Dans son discours, le gouvernement a rappelé quelques projets mais aucune mesure concrète pour enrayer la hausse des prix et la pénurie des logements. La crise du logement est pourtant au cœur des préoccupations à Hong Kong.    

Ces dernières années, l’immobilier est certainement le sujet le plus débattu dans la société. Décrit comme le problème numéro un, le budget annoncé ce 28 février a présenté peu d’initiatives dans ce domaine.

Si Paul Chan, le ministre des Finances, a considéré lors de son discours que les projets en cours "symbolisaient la volonté du gouvernement de ne ménager aucun effort pour augmenter l'offre de terrains ". Ce qui aura le plus retenu, ce sont les niveaux records des recettes cette année encore, causés en partie par le boom de l’immobilier. Les impôts fonciers estimés à 62,6 milliards HK$ atteignent finalement 163,6 milliards HK$ en fin d’année, soit 162% de plus que prévu.

L’absence de mesure est d’autant plus critiquée que le plan de développement à long terme de Hong Kong parle d’un besoin de 1.200 hectares supplémentaires pour la construction de nouveaux logements. Une récente étude suggère d’ailleurs l’urbanisation des Nouveaux Territoires pour accueillir 350.000 personnes de plus. 

Des constructions déjà annoncées

Dans son discours, le ministre a rappelé que le secteur privé achèverait environ 104.000 nouveaux logements au cours des cinq prochaines années, soit une augmentation d'environ 50% par rapport aux cinq années précédentes. Ces derniers, en partie privés, pourraient bien être réservés à une population aisée.

Le gouvernement avait officialisé, début février, l’extension de Tung Chung sur 130 hectares gagnés sur la mer pour en construire 49.000 appartements d’ici 2023.

Mais dans son discours budgétaire, il n’y avait pas de nouveaux chiffres sur ce volet. Seulement, une initiative pour la réhabilitation des zones urbaines anciennes avec son projet Smart Tender. Paul Chan a ainsi déclaré que 300 millions HK$ seront investis dans ce programme et que les sites gouvernementaux vacants pourront être mis à la disposition des Organisations Non Gouvernementales pour leurs besoins.

Lutter contre les abus du secteur privé

Car à Hong Kong, les abus concernant la vente et la location sont affaires courantes. Les promoteurs immobiliers peuvent attendre plusieurs mois, voire plusieurs années, pour mettre leurs biens à la vente alors que l’immeuble est livré. Quand ils le font, les conditions d’enchères ne sont pas toujours transparentes, par exemple aucun prix de référence n’est fixé pour que les enchères s’envolent plus facilement. Pour les propriétaires, c’est un peu la même chose, il n’est pas rare d’observer des appartements vides, sans locataire, alors que la ville fait face à une crise du logement. Sûrement une des raisons pour laquelle, en 2017, les prix à la vente et à la location ont progressé de 11% et de 7% respectivement.

Régulièrement Hong Kong fait la Une pour ses records mondiaux de prix de maisons, d’appartements, de terrains nus et même de places de parking! Depuis 2003, les prix des logements privés ont explosé à 430%. Ces prix démentiels poussent la population à se tourner vers les logements publics, en minorité dans la ville. L’attente pour devenir locataire dans les ces appartements publics est de 4,6 ans pour les candidats prioritaires, elle peut atteindre 10 ans pour les autres. Concernant l’achat dans le public, on dénombre en moyenne 141 dossiers par appartement. 

Une tendance, portée par le secteur privé, que le gouvernement dit vouloir freiner. Le secrétaire des finances a donc promis le lancement de mesures pour lutter contre les tactiques de vente et de locations abusives, qui sont selon ses mots "indésirables". Il a en particulier dénoncé les stratégies d’enchères sans prix de référence au plus offrant, sans annoncer de date pour ces actions.

 

Celia Cazales

Célia Cazale

Passée par Le Huffington Post, Var-Matin et La Dépêche du Midi, Célia Cazale, journaliste diplômée par la faculté de Droit et Sciences Politiques d’Aix-en-Provence, contribue à la rédaction du petitjournal.com
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