Édition internationale

Le Royaume Uni, le Canada et l'Allemagne resserrent leurs liens avec la Chine

Du 28 au 31 janvier 2026, le Premier ministre britannique Sir Keir Starmer s’est rendu en visite officielle en Chine. Ce déplacement, à l’instar de ceux récemment effectués par d’autres dirigeants occidentaux, illustre la volonté croissante des pays de l’Ouest de renouer un dialogue stratégique avec Pékin. Jugez plutôt.

Sir Keir Starmer rencontre Xi Jinping à BeijingSir Keir Starmer rencontre Xi Jinping à Beijing
Sir Keir Starmer rencontre Xi Jinping à Beijing
Écrit par Juliette Robieux
Publié le 10 février 2026, mis à jour le 9 février 2026

Plus de visas pour les Britanniques en Chine

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a marqué un tournant diplomatique en effectuant la première visite d’un chef de gouvernement du Royaume-Uni en Chine depuis huit ans. Cette visite, perçue comme la fin de “ l’ère glacière” des relations sino-britanniques, symbolise la volonté de réchauffer un dialogue gelé depuis les tensions de l’après-Brexit et les accusations d’ingérence chinoise. Accompagné d’une délégation d’environ 60 chefs d’entreprise et de représentants culturels, Starmer a négocié avec Pékin la réduction des droits d’importation sur le whisky britannique, passant de 10 % à 5 %, tandis que le groupe pharmaceutique britannique AstraZeneca a annoncé un investissement de 15 milliards de dollars américains en Chine d’ici 2030. Pékin y voit un signe d’ouverture vers une coopération économique stable. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a également annoncé le 29 janvier pour annoncer que la Chine renoncera aux visas pour les détenteurs ordinaires de passeports britanniques pour des séjours allant jusqu’à 30 jours, c’est la première fois que le Royaume-Uni bénéficie d’un accès unilatéral sans visa à la deuxième économie mondiale. 

 

Baisse des taxes douanières pour la Canada en Chine

Le Canada a, lui aussi, réengagé un dialogue économique avec Pékin, illustré par la visite du Premier ministre Mark Carney mi-janvier 2026. Ottawa et Pékin ont conclu un accord mettant fin à plusieurs années de tensions commerciales : abaissement réciproque des tarifs douaniers, notamment ceux sur les véhicules électriques chinois et sur le colza canadien. Ce compromis révèle la pression économique croissante exercée par le protectionnisme américain, ainsi, en  normalisant les échanges avec Pékin, Carney cherche à diversifier les débouchés commerciaux et à réduire la dépendance canadienne à l’égard de Washington, en pleine renégociation tumultueuse de l’accord nord-américain USMCA. Après son entretien avec Xi Jinping, le premier ministre a annoncé que la Chine s’engage à garantir l’accès sans visa aux Canadiens qui se rendent en Chine.  


Métaux rares chinois pour l'Allemagne

En Europe continentale, l’Allemagne s’impose comme interlocuteur clé de la Chine au sein de l’Union européenne, l’aspect économique est au cœur des dialogues entre les deux puissances industrielles. Lors de la visite à Pékin du vice-chancelier Lars Klingbeil en Chine en novembre 2025, Berlin et Pékin ont convenu de renforcer leurs échanges commerciaux et de remédier aux déséquilibres industriels dans les secteurs clés :  acier, énergie solaire et véhicules électriques. L’Allemagne, troisième économie mondiale, dépend désormais fortement de la Chine : ses constructeurs automobiles y réalisent près d’un tiers de leurs ventes et ses groupes chimiques y conservent des investissements massifs. Si le gouvernement du chancelier Friedrich Merz prône une réduction de dépendance, les échanges économiques l’incitent à préserver cette coopération stratégique.

La rencontre entre Klingbeil et le vice-premier ministre chinois He Lifeng a permis de relancer le dialogue financier sino-allemand, interrompu depuis plusieurs années, et d’obtenir des garanties sur la stabilité des approvisionnements en métaux rares. Dans un climat mondial où les politiques protectionnistes américaines se multiplient, Berlin tente de conserver l’autonomie économique européenne en renforçant ses alliances avec la Chine. Le chancelier allemand Friedrich Merz doit effectuer sa première visite  en Chine depuis son entrée en fonction du 24 au 27 février, accompagné d’une délégation constituée de représentants économiques et journalistes.
 

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