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Un café avec Ana Girardot à Hong-Kong 

Par Stéphanie Stiernon | Publié le 12/12/2017 à 16:21 | Mis à jour le 12/12/2017 à 16:45
Photo : Ana Girardot pour l'inauguration du HK French Film Festival - Photo Marc Schildt
Ana Girardot Hong kong French Film Festival

Nous avions rendez-vous avec la pétillante Ana Girardot, héroïne du dernier film de Cédric Klapisch Ce qui nous lie, tous les deux à Hong-Kong dans le cadre de leur tournée asiatique. Elle nous attendait devant un café froid pianotant sur son téléphone, fraîche et disposée au lendemain de la soirée d’ouverture du Festival du film français. 

Grand sourire et accueil chaleureux, elle nous invite à nous assoir en face d’elle. En deux questions, trois minutes et en instaurant de manière naturelle le tutoiement, on se serait presque cru en train de partager un café avec une copine de Paris venue passer le week-end à Hong-Kong. 

Elle accepte avec plaisir de répondre à nos questions à propos du film et de sa carrière d’actrice et de nous dévoiler ses bonnes adresses à Hong-Kong, sa deuxième maison « j’ai autant d’amis ici qu’à Paris » nous dit-elle en riant. 

 

Le film Ce qui nous lie de Cédric Klapisch a la particularité d’avoir été tourné sur 10 mois, comment l’as-tu vécu ? 

Ana Girardot: C’est en réalité un luxe extrême dans une carrière d’actrice de se consacrer une année à un film et qui plus est pour Cédric Klapisch. D’habitude, nous avons très peu de temps de répétition auquel succèdent environ deux mois de tournage pendant lesquels on doit enchaîner les scènes le plus vite possible à cause de budgets restreints. 

Pour ce film, nous avions le temps de prendre le temps, d’être à l’écoute de la nature. Il y avait à chaque reprise de tournage un vrai bonheur de revenir sur les lieux, de se retrouver, de se rendre compte de ce qui avait changé, les couleurs, la température, de la manière dont la nature avait évolué. 

Entre chaque session de tournage, Cédric réécrivait le scénario. C’était chaque fois un peu plus proche de ce que Pio (Marmaï), François (Civil) et moi pouvions apporter à nos personnages Jean, Jérémie et Juliette. En plus jouer pour Cédric était un rêve. Il est calme, il a une force tranquille très agréable qui lui permet d’asseoir son autorité sans avoir besoin de crier pour se faire entendre. Il pose les choses et tout le monde l’écoute. L’équipe dont il s’entoure est à son image, composée de gens bienveillants qui ont le désir de faire du bon travail. 


Comment as-tu vécu ce rôle de femme dans un monde majoritairement masculin ? 

Il m’a permis de beaucoup évoluer à titre personnel et m’a aidée à m’affirmer. J’étais très intimidée au début du tournage par le côté blagueur de Pio et François et je me suis rendue compte que la timidité n’apporte pas grand-chose dans la vie. A la fin du tournage, j’étais plus proche de Juliette qui ose s’affirmer face aux hommes de son entourage.  


Quel est le côté de Juliette qui te ressemble le plus ?

Ana Girardot Hong Kong Son côté combatif, femme forte qui n’a pas peur d’affirmer ses choix mais qui n’est pas arrivée non plus avec cette certitude qu’elle était apte à porter le domaine sur ses épaules. Tout comme ma première scène du tournage où je me suis demandée si j’étais capable de faire ce film. C’était mon premier film pour Cédric Klapisch, je ne pouvais pas me louper. A la fin du film, de la même manière que Juliette, je me faisais plus confiance. 

En réalité, ce n’est pas une question d’avoir confiance en soi mais plus une question de se faire confiance. 


La fratrie du film t’a-t-elle particulièrement inspirée ? 

J’ai toujours rêvé d’avoir un grand frère protecteur que je n’ai jamais eu. J’ai des petits (demi) frères et sœur avec qui je n’ai pas grandi, alors quand Cédric m’a appelée après le casting me disant "Bienvenue dans la famille", en plus d’être une excellente nouvelle, c’était très symbolique pour moi.

Dès la scène du casting où les deux frères charrient leur sœur, Je me suis très bien entendue avec Pio et François. D’ailleurs, pendant le tournage, nous avons demandé de vivre dans la même maison comme des frères et sœur, plutôt qu’à l’hôtel. 


Quelles sont tes prochaines étapes dans ta carrière d’actrice ?

Depuis mes écoles de théâtre à New-York, j’ai toujours rêvé de tourner là-bas. Et cet été, comme un cadeau d’anniversaire, j’ai reçu le scénario d’une jeune réalisatrice Milena Lurie. Little faith, son premier film, dresse le portrait d’une femme ultra intimiste, je n’aurais pas pu rêver mieux comme premier pas dans le cinéma américain. J’ai terminé le tournage deux semaines avant notre voyage en Asie. J’ai hâte de vous le montrer. 

Dans un autre registre, j’ai acheté les droits d’un livre Le baiser de l’ouragan de Marine de Nicola, non pas pour le réaliser mais pour le jouer. Je suis partie à Cannes avec Matthieu Zeller, qui a accepté de le produire, pour trouver un distributeur. Je découvre le plaisir d’être à la genèse d’un projet. Le film sera tourné en France et en Chine. 


En Chine ? Tu viendras encore plus à Hong-Kong que tu appelles ton deuxième « chez toi » ?  

J’ai découvert Hong-Kong il y a 3 ans, invitée par des amis qui habitent ici. Après avoir été étonnée par le côté tentaculaire de la ville, j’ai pris plaisir à me perdre dans ses différents quartiers et apprécier son énergie débordante. J’ai des sensations identiques à celles rencontrées à New-York, une dynamique incroyable, s’activer sans jamais dormir. Paris me semble un petit village en comparaison. 


Quelles sont tes bonnes adresses à Hong-Kong ? 

Bon plan: Fungus Workshop, un leather workshop à Sai Ying Pun. Endroit incroyable où l’on apprend à travailler le cuir en écoutant du jazz. Si je n’avais pas été actrice, j’aurais été styliste. J’ai d’ailleurs lancé une marque de maroquinerie (NDLR Ana G)  il y a deux ans après avoir été chez Fungus.  

Boutique préférée : Château Zoobeetle à Sheung Wan tenu par ma copine Elsa – concept store où maroquinerie, bijoux et vêtements côtoient un bar à vins et une épicerie ou l’on trouve un sandwich jambon beurre incroyable ! 

RestaurantsTartine, un resto bar avec une adorable petite terrasse à Central & Chom Chom, un vietnamien délicieux dans la rue à Soho à l’ambiance très représentative de la nuit à Hong-Kong. 

Calme et tranquillité : j’adore m’échapper à Lantau et particulièrement à Cheung Sha beach 

 

Améthyste ou Diamant ? Elle nous livre les secrets de sa relation avec le vin du tac au tac et elle adore ! 

Connaisseuse ou amatrice de vin ? « Amatrice, j’ai beaucoup d’hommes dans mon entourage qui sont de grands amateurs de vins. J’ai reçu une caisse de Château Margaux 1988 à ma naissance » 

Rouge, blanc ou champagne ? « J’étais champagne et aujourd’hui je suis rouge » 

As-tu une cave à vins ? « Je n’ai pas de cave mais un frigo à vins »  

Bourgogne ou bordeaux ? « Bourgogne »

Tu lèves un toast avec ? « Du champagne » 

As-tu déjà bu de la Romanée-Conti ? « Oui à Hong-Kong ! J’ai eu la chance de rencontrer Aubert de Villaine que j’ai invité à l’avant-première du film Ce qui nous lie à Beaune ». 

Quel vin et avec qui ? « Mon préféré, un Margaux, le Brane-Cantenac avec celui que j’aime »

Si vous deviez acheter un domaine ? « Le domaine de Jean-Marc Rouillot mais je le garderais avec moi ».  

Et elle termine l’interview, comme elle l’a commencé, devant son café froid en souriant. Merci Ana et à bientôt ! 

 

 

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Stéphanie Stiernon

Stéphanie Stiernon

Journaliste Freelance après 12 ans dans le secteur bancaire, au contact des entreprises et du commerce international. Passionnée par l’actualité générale, l’économie, la politique, Stéphanie est avide d’apprendre et désireuse de partager.
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