Lundi 23 novembre 2020
Hong Kong
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9 expatriés, 8 préjugés sur Hong Kong

Par Karine Yoakim Pasquier | Publié le 05/10/2020 à 23:36 | Mis à jour le 06/10/2020 à 10:35
Photo : Quelles idées préconçues aviez-vous sur Hong Kong avant d'y déménager? - Photo@Alison Pang - Unsplash
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Lorsqu’on décide de partir, de quitter son pays pour découvrir de nouveaux horizons, les images se dessinent, nombreuses dans nos têtes, pour ensuite être confirmées ou infirmées. Quels sont les clichés que vous aviez avant de venir à Hong Kong?

Pour le savoir, Lepetitjournal.com a interrogé 9 francophones pour en savoir plus sur leurs idées préconçues sur leur ville d’adoption.

"Je pensais qu’Hong Kong serait une ville ultra urbaine"

Avant d’arriver à Hong Kong, Nicolas s’attendait à une ville ressemblant à New York: "Avant d’arriver, j’étais persuadé que tout Hong Kong était comme Central. Mais je suis arrivé à Mongkok de l’aéroport, où se trouvait mon logement… et j’avoue avoir été vraiment surpris…"

Mathilde, de son côté, s’imagine une ville coloniale marquée. "Je pensais que l'architecture serait un mix de buildings hyper modernes (comme à Admiralty ou Taikoo Place) et de jolis immeubles à l'architecture coloniale anglaise (comme il en reste quelques-uns). Alors qu'en réalité, il reste peu (et de moins en moins) de jolis immeubles coloniaux, et il n'y a pas autant de gratte-ciel modernes que ça… Du coup au début, j'étais un peu déçue de plutôt découvrir des immeubles des années 70 assez délabrés qui ressemblent à des cités HLM abandonnées dont la peinture s'écaille et qui sont dévorés par la moisissure. Je trouvais que c'était de la pollution visuelle. Pourtant, étonnamment aujourd'hui, je trouve tout ce bazar assez romanesque finalement. Même si je regrette qu'il n'y ait pas plus de petits bâtiments de l'époque coloniale!"

 

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Claudia ignorait qu'Hong Kong était composée d'autant d'îles - Photo@Felix Zhao - Unsplash

 

Agatha a les mêmes à priori: "Je pensais que j’allais me retrouver entourée de buildings et que la nature allait me manquer. C’était évidemment faux!"

Claudia pensait que Hong Kong se limitait à Hong Kong Island et à Kowloon. "En arrivant, j’ai découvert pleins d’îles." Mathilde complète: "Moi aussi, je pensais que Hong Kong était une région ultra urbaine. Alors qu'en fait, 70% du territoire c'est la campagne (montagnes, iles, parcs...) et 30% du territoire sont des réserves naturelles."

"Je m’attendais à un taux de pollution terrible."

Pour Angela, qui vivait à Taïwan avant de venir à Hong Kong, elle s’imagine une ville très polluée: "Je me souviens que j’étais inquiète à propos de la pollution, mais en réalité, la situation est tout à fait gérable."

Si la pollution reste un problème, certes, ses taux étant plus élevées qu’en France…  c’est une ville qui en général, n’atteint pas les taux de certaines capitales.

Agatha, de son côté, s’imagine arriver dans une marée de masques: "Je pensais que j'allais me retrouvée entourée de personnes portant des masques dans les rues. Malheureusement, ça s’est avéré pour cette année..."

"Je pensais qu’on parlait très bien anglais à Hong Kong"

Mathilde pense en arrivant que Hong Kong est une ville bilingue: "Je pensais qu'on parlait hyper bien anglais à Hong Kong, puisque c'est l'une des langues officielles. Mais ça n'est pas le cas, les gens ici ont souvent un niveau d'anglais très basique. Je parle de mes collègues ou des gens dans les boutiques. Du coup mon niveau a stagné."

C’est également ce qui surprend Agatha: "Je pensais que la ville était bilingue. J’ai été un peu déçue sur ce sujet."

 

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Mathilde pensait que l'anglais serait plus répandu à Hong Kong - Photo@Katie Manning - Unsplash

 

Si la majorité des communications officielles se font dans trois langues (cantonais, anglais et mandarin), c’est donc le cantonais qui prime. Les statistiques le prouvent. A Hong Kong,  89,5 % de la population parle le cantonais à la maison, contre 3,5% pour l’anglais et 1,4% en mandarin.

"Je pensais qu’il ferait tout le temps beau"

Pour Serge, c’est le temps qui l’a surpris. "Je pensais naïvement que le climat était clément et qu'il faisait hyper beau toute l'année. Mais en région subtropicale humide, il pleut tout le temps."

Pour Justine, c’est la même chose: "Je suis arrivée en été. J’ai découvert les showers, les typhons, les orages extrêmement impressionnants. Si je m’attendais à une saison des pluies, je ne m’attendais pas à une telle intensité. J’ai aussi été surprise par la chaleur humide… et j’avoue que je pensais détester ça alors qu’en réalité, j’adore! J’ai l’impression d’être au hammam toute la journée pendant l’été. Ce que je déteste, c’est la climatisation."

 

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Justine a été impressionnée par l'intensité des éléments - Photo@Sean Foley - Unsplash

 

"Je pensais que la communauté expat ne serait constituée que de riches banquiers"

Angela me dit en riant: "Je pensais que les expatriés ne seraient que de riches banquiers. Je pense que c’est vrai, en un sens, même s’il n’y a pas que ça."

Nicolas, quant à lui, est surpris par le peu d’étrangers: "Je pensais qu’il y aurait des expatriés partout. Si on peut avoir cette impression en se baladant à Central, à Mongkok, où j’ai vécu les premiers temps, j’avais plutôt l’impression d’être le seul gweilo à des kilomètres à la ronde."

 

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Angela imaginait qu'Hong Kong ne serait peuplée que de riches banquiers - Photo@Bruce Mars - Unsplash

 

Mais, si les étrangers et les Français sont nombreux, surtout dans les quartiers de Mid-Levels, cela reste peu par rapport à la population globale. D’après une enquête datant de 2011, Hong Kong serait constituée de 93.6% de Hongkongais et Chinois, versus d’environ 3% d’Indonésiens et Philippins confondus… un petit nombre d’Indiens, de Pakistanais, de Népalais… et 0.4% d’"autres" dont font partie les Européens.

"Je pensais que la cuisine serait plus épicée."

Pour Nicolas, qui ne connaissait que les restaurants chinois à l’européenne, la cuisine le surprend: "Je pensais que je tomberais malade en mangeant dans de petits restaurants locaux… En deux ans sur place, ça ne m’est jamais arrivé une seule fois. Mais j’avoue aussi que j’imaginais que ce serait plus épicé!"

Agatha est aussi surprise: "J’étais sûre que j'allais ne manger que du riz. C’est vrai que j’en mange beaucoup mais pas que… Je pensais aussi que les produits européens allaient me manquer. Mais c’était faux, on trouve de tout!"

 

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Pauline a découvert la cuisine chinoise à Hong Kong - Photo@Kofookoo - Unsplash

 

Pauline, quant à elle, découvre totalement la cuisine asiatique: "Pour moi, les restaurants chinois, c’étaient les rouleaux de printemps et le poulet au citron. J’ai été totalement surprise par la gastronomie. Je ne connaissais rien aux Dim Sum. J’imaginais la cuisine chinoise épicée… ou alors ressemblant plus à de la cuisine thaï. Franchement, ça a été une surprise et une découverte incroyable!"

"Je pensais être choquée par le coût de la vie"

"Franchement, quand on lit des choses sur Hong Kong, c’est le coût de la vie qui revient en premier… me dit Justine, qui vient de Suisse. Et c’est vrai, sur certains points, Hong Kong est affreusement chère. On ne parle pas du prix des loyers qui ont fait passer les prix locatifs genevois (que je trouvais exorbitants) pour de petits joueurs… Mais en parallèle, en étant Suisse, j’avoue que le reste ne m’a pas choqué. Pour moi, la nourriture, c’est la bonne surprise. On peut manger pour rien, pour autant que l’on décide de manger local. A Genève, il faut compter pour 250 HKD minimum pour un plat du jour, sans la boisson. Du coup, les lunch set, c’était la révélation… Mais bien sûr, cela dépend des points de vue. Les salaires de Hong Kong peuvent passer de misérables à carrément exorbitants."

"Je ne m’attendais pas à de tels contrastes"

Pour Ferdinand-Clovis, c’est le contraste qui le surprend: "Je croyais que c’était un petit port en bois, tandis qu’un de mes copains pensait qu’il y avait des rizières. Ensuite, on a regardé sur Internet et on s’est vite rendu compte qu’on était complètement à côté de la plaque! Les grands buildings modernes, les voitures de luxes futuristes et toute cette lumière... Aussi, en arrivant, j’étais un peu perdu car, d’un extrême à l’autre, je n’imaginais pas le côté mosaïque et contrasté de la ville. La réalité, c’est que Hong Kong c’est à la fois modernité et tradition, la richesse extrême et la pauvreté... extrême aussi, la nature et la densité... extrême. Bref, une ville extrême et extraordinaire, une capitale schizophrène et surtout un pays riche en surprises et en évolution permanente. Hong Kong, c’est un bouillonnement de contrastes qui en fait son charme unique et rend ce lieu magique."

 

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Ferdinand Clovis est surpris par les contrastes propres à Hong Kong - Photo@Melvina Mak - Unsplash

 

C’est également ce qui déconcerte Pauline: "Je suis arrivée. Je pensais que ce serait une grande ville moderne… et finalement, on traverse une ruelle, on tombe sur des banquiers ou des filles habillées comme si elles sortaient d’un défilé de mode. On traverse une route, on est dans un marché, il y a des vieilles dames qui poussent des chariots recouverts de cartons… On fait 15 minutes de métro, on tombe sur des paysans avec des chapeaux pointus. C’est la folie cette ville. Elle mélange tout ce qu’on pourrait imaginer, mais sans devoir faire de longues distances."

Et vous, quelles étaient vos idées reçues sur Hong Kong?

 

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Karine Yoakim-Pasquier

Karine Yoakim Pasquier

Karine est Suisse francophone vivant depuis peu à Hong Kong. Elle tient un blog intitulé hotfonduepot.com, enseigne le français, vient de terminer son premier roman et met bien volontiers son talent au service du Petit Journal
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