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HOMMAGE - Qui est Mario Benedetti?

Mario Benedetti, l'un des poètes contemporains les plus importants d'Amérique Latine, a tiré sa révérence le 17 mai dernier, à 88 ans. Le talent de cet homme de gauche a été salué dans le monde entier


Calcul de probabilités
Chaque fois qu'un propriétaire terrien proclame
Pour m'enlever mon patrimoine
Il faudra que vous passiez sur mon cadavre
Il devrait prendre en compte
Que parfois
Ils passent.

Mario Benedetti


(Photo / DR)


Mario Benedetti, l'un des poètes contemporains les plus importants d'Amérique Latine, a tiré sa révérence le 17 mai dernier, à 88 ans. Il laisse derrière lui la Fondation Mario Benedetti, chargée de veiller sur son ?uvre, de publier ses textes inédits et inachevés et de soutenir le travail de jeunes poètes. Hospitalisé un peu avant sa mort, la communauté poète avait lancé une chaîne de poésie en hommage à ce poète connu dans toute l'Amérique Latine et en Europe.

Un personnage
Son histoire commence par son nom à rallonge dont lui-même riait : Mario Orlando Hardy Hamlet Brenno Benedetti Farrugia. Mais il riait de tout, comme l'évoque son ami Juan Cruz : « Il riait de lui-même (?), il riait même de son ombre il y avait certaines choses sacrées, celles-là il ne les touchait pas, mais quand il voulait rire il riait en lui-même, mais il riait austère mais il riait ».
L'image populaire de Benedetti est celle d'un brave petit vieux timide. Il avait aussi, selon Tania Libertad, chanteuse péruvienne qui a mis ses poèmes en musique, « un grand sens de l'humour, croyait fermement dans la possibilité des utopies».

La gauche latino-américaine
Pour beaucoup, Mario Benedetti représentait la gauche latino-américaine. S'il fut, dans un premier temps, inspiré par son pays, c'est ensuite la révolution cubaine et la dictature uruguayenne qui inspireront ses écrits. En 1971 il participa à la fondation du « Frente Amplio » (le Front élargi), coalition de gauche au pouvoir depuis 2005. À la suite du coup d'Etat du 27 juin 1973, il quitta l'Uruguay pour Buenos Aires, puis le Pérou, Cuba où il dirigera le Centre de recherches littéraires de la « Casa de las Américas », et enfin Madrid.
Il ne revint en Uruguay qu'en mars 1983, pour ce qu'il appela sa période de « desexilio ». Nommé Membre du Conseil Éditorial de la revue Brecha, il put donner continuité à la revue Marcha dont il était directeur littéraire avant que la dictature n'interdise sa publication.

Une ?uvre récompensée
«Nous sommes tous consternés, (?), mais sa plume nous laisse l'âme pleine de vers simples, simples dans leur grandeur, comme ceux du Cubain José Marti qu'il admirait tant» expliqua le chanteur et compositeur Daniel Viglietti, ami intime de Benedetti à sa mort. L'écrivain uruguayen nous laisse ainsi en héritage plus de 80 ouvrages.
Son talent a été récompensé de par le monde entier. A Cuba, terre d'exil, il recevra en 1982 la récompense de l'Ordre Félix Varela puis, en 1986, la Médaille Haydeé Santamaría. Suivront la Bulgarie, le Chili, l'Espagne, l'Uruguay. Dernièrement, le Venezuela et le Salvador lui ont attribué la plus haute distinction de leur pays. Il était aussi Doctor honoris causa des universités d'Alicante et de Valladolid en Espagne, et de l'Université de La Havane.
Louise Durette (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) mercredi 27 mai 2009
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