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Vinh Long mise sur la crevetticulture à haute technologie

Bénéficiant d’un littoral d’environ 130 kilomètres, Vinh Long valorise progressivement ses atouts aquacoles. La crevetticulture à haute technologie s’impose comme l’un des principaux moteurs de cette transformation, portée par des rendements élevés et des investissements privés croissants. Si cette dynamique ouvre de nouvelles perspectives économiques pour les zones côtières, elle reste étroitement liée au développement des infrastructures.

Vinh Long mise sur la crevetticulture à haute technologieVinh Long mise sur la crevetticulture à haute technologie
Écrit par Morgane Dubois
Publié le 29 juillet 2026

Un modèle qui a fait ses preuves

Au premier semestre 2026, la production halieutique de la province a atteint 477 000 tonnes, dont près des trois quarts issus de l’aquaculture. L’élevage de crevettes en eau saumâtre couvre 65 185 hectares, pour une récolte de près de 163 000 tonnes.

La crevetticulture à haute technologie se distingue particulièrement : sur seulement 6 325 hectares, moins de 10 % des surfaces sont consacrées à la crevette, l’élevage intensif de crevettes à pattes blanches a produit plus de 88 000 tonnes, soit plus de la moitié de la production provinciale des crevettes élevées en milieu saumâtre. Le rendement à l’hectare est ainsi plusieurs fois supérieur à celui des élevages extensifs traditionnels. 

Des pionniers qui montrent la voie 

Dans la quartier de Trường Long Hòa, principale zone aquacole de la province, 265 foyers exploitent déjà 560 hectares en élevage intensif et investissement dans des systèmes en circuit fermé. Nguyễn Minh Vương, du hameau de Nhà Mát, a ainsi aménagé neuf bassins sur huit hectares où tout le processus, traitement de l’eau, maîtrise des paramètres environnementaux, prévention des maladies, est entièrement maîtrisé. Selon lui, l'investissement initial est conséquent, mais le modèle réduit fortement les risques sanitaires et génère des revenus nettement supérieurs à l’élevage traditionnel.

Non loin, Lê Thanh Truyên exploite depuis 2020 un système industriel en deux phases sur cinq de ses douze hectares. Chaque cycle de quatre mois produit entre sept et dix tonnes par bassin, avec des bénéfices pouvant atteindre 400 millions de dôngs lors des bonnes saisons. Il conserve en parallèle sept hectares en élevage extensif  de crevettes tigrées, pour un revenu stable d’environ 100 millions de dôngs par an.

La même dynamique est observée à Long Thành, où l’aquaculture représente déjà plus de 41 % de la valeur de la production locale. Sur les 416 hectares consacrés à l’aquaculture, seuls 58 hectares sont exploités en intensif, mais assurent à eux seuls près de 83 % de la production aquacole de la commune.

Des défis qui demeurent

Au premier semestre, plus de 580 hectares de bassins ont subi des pertes, principalement chez des crevettes âgées de 20 à 50 jours, touchées notamment par le syndrome des taches blanches, la maladie du corps rouge ou diverses affections hépatopancréatiques et intestinales. Ces risques sanitaires s’ajoutent au changement climatique, à la volatilité des prix et à la hausse du coût des intrants. 

L’insuffisance des infrastructures reste un autre frein majeur : un réseau routier encore insuffisant augmente le coût du transport des alevins, des aliments et des récoltes vers les zones reculées. À Long Thành, la moitié des 1 500 hectares encore exploités en extensif pourrait basculer vers l’intensif, ajoutant environ 8 300 tonnes de production annuelle, à condition d’investir dans les routes D3 et D4 reliant Long Thành, Đông Hải et Long Vĩnh.

Miser sur la valeur plutôt que sur les volumes 

Face à ces enjeux, les autorités provinciales privilégient une montée en gamme de la filière plutôt qu’une simple extension des surfaces. Le vice-président du Comité populaire provincial, Châu Văn Hòa, appelle à une planification globale des zones aquacoles, couplée à des investissements coordonnés dans les routes, l’irrigation, l’électricité et l’eau, afin que les infrastructures ne freinent pas la croissance de la filière. 

Au-delà des volumes produits, la province vise désormais une logique de création de valeur, portée par l’innovation, la transformation numérique et l’émergence de véritables entrepreneurs agricoles, capables de conjuguer maîtrise technologique et accès direct aux marchés.

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