Longtemps peu abordée, la santé mentale des jeunes devient aujourd’hui un réel enjeu pour le Vietnam. Derrière l’image d’une jeunesse dynamique, de nombreux jeunes font face à différentes sources de pression, liées notamment aux études, aux attentes sociales et aux réseaux sociaux. Même si ce sujet reste encore entouré de plusieurs tabous, de nombreuses initiatives sont prises pour mieux comprendre et accompagner ces difficultés.


Une jeunesse vietnamienne de plus en plus sous pression
Souvent cité comme un pays en plein développement, porté par une économie et une jeunesse dynamique, le Vietnam fait pourtant aujourd’hui face à un nouveau défi, qui est celui de la santé mentale des jeunes. De plus en plus évoquée dans la société, cette question reste encore difficile à aborder, notamment à cause des tabous qui l'entourent.
Selon l’UNICEF, un adolescent sur cinq au Vietnam rencontre des difficultés de santé mentale, notamment liées à l’anxiété et à la dépression. Pourtant, seuls 5,1 % des parents déclarent avoir identifié un besoin d’accompagnement psychologique chez leur enfant, ce qui souligne les difficultés de détection et de prise en charge de ces problèmes.
La pandémie de Covid-19 a également fragilisé la santé mentale de nombreux jeunes. Cette période qui a engendré des restrictions sanitaires, la fermeture des écoles et la diminution des interactions sociales a accentué certains facteurs de stress. Toujours selon l’UNICEF Vietnam, au moins 30 % des enfants scolarisés ont ressenti du stress, de l’anxiété ou des symptômes dépressifs liés aux restrictions sociales pendant et après la pandémie.
Les causes du mal-être chez les jeunes
Plusieurs facteurs peuvent expliquer les difficultés rencontrées par certains jeunes Vietnamiens en matière de santé mentale.
Le premier est la pression scolaire. En effet, au Vietnam la réussite scolaire occupe une place importante pour de nombreuses familles. Ainsi, les examens, les résultats académiques et les choix d’orientation représentent une source de stress majeure pour de nombreuses personnes. Une étude menée par l’UNICEF Vietnam et le ministère de l’Éducation et de la Formation met notamment en lumière l’influence de l’environnement scolaire sur le bien-être psychologique des jeunes et l’importance de renforcer les dispositifs de soutien psychologique dans les établissements.
Les attentes familiales et sociales peuvent également représenter une source de pression pour certains jeunes. La réussite scolaire et professionnelle reste très valorisée au Vietnam, ce qui peut pousser certains à ressentir une pression importante pour atteindre leurs objectifs et répondre aux attentes de leur entourage.
Enfin, le développement du numérique fait apparaître de nouvelles sources de stress. En effet, Internet et les réseaux sociaux occupent désormais une place importante dans le quotidien des jeunes. Toutefois, ils les exposent également à de nouveaux risques comme le cyberharcèlement ou les violences en ligne. L’UNICEF Vietnam souligne ainsi la nécessité de renforcer la prévention et l’accompagnement des jeunes face à ces nouveaux enjeux.
Un sujet de moins en moins tabou au Vietnam
Face à ces difficultés, la question de la santé mentale des jeunes prend progressivement une place plus importante au Vietnam. Les autorités vietnamiennes, avec le soutien de l’UNICEF et d’autres partenaires, développent plusieurs projets pour mieux prévenir et accompagner les problèmes de santé mentale chez les enfants et les adolescents.
Ces actions passent notamment par le renforcement de l’accompagnement dans les établissements scolaires ou encore la formation des enseignants à ces questions. Ces actions cherchent également à permettre aux jeunes de mieux comprendre et gérer leur stress et d’exprimer leurs émotions.
Des campagnes de sensibilisation participent également à changer le regard porté sur la santé mentale. Par exemple, à travers l’initiative “#OnMyMind”, l’UNICEF encourage notamment les jeunes à parler davantage de leurs difficultés et rappelle l’importance de pouvoir accéder à un soutien adapté.
Malgré ces avancées, des obstacles persistent. Les services de santé mentale ne sont pas accessibles de la même manière partout sur le territoire vietnamien, et de nombreux jeunes ont encore besoin d’un meilleur accompagnement et d’une meilleure prévention.
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